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B* Le collège Gérard Philipe à Clermont-Ferrand, avec un IPS de 71,4, réclame son classement en REP+ depuis 2019. Une députée écrit à la ministre (Le Café)

27 mai

Additif du 06.06.25

Une députée écrit à Elisabeth Borne à propos du collège Gérard Philipe à Clermont-Ferrand

Comme évoqué dans nos colonnes le 27 mai dernier, cet établissement de Clermont-Ferrand oublié de l’éducation prioritaire réclame justice. A ce sujet, la députée LFI Marianne Maximi transmet un courrier à la ministre de l’Education nationale. « Avec un indice de position sociale extrêmement faible de 71,4 pour l’année scolaire 2024-2025, soit un écart de 23,6 par rapport à la moyenne nationale, le constat est sans appel. Les équipes pédagogiques alertent sur l’insuffisance des moyens actuels pour mener à bien leurs missions dans des conditions sereines et faire face à une montée des violences dans et autour de l’établissement », peut-on lire. « Je vous demande d’engager les démarches nécessaires pour que le collège Gérard Philipe soit enfin classé en Réseau d’Éducation Prioritaire renforcé ».

Lire le courrier

Extrait de cafepedagogique.net

 

A la une
Cet établissement oublié de l’éducation prioritaire réclame justice

« Pour le collège Gérard Philipe en REP+ », c’est la revendication de l’équipe pédagogique en ce lundi 25 mai. 90% des personnels Education nationale du collège étaient grévistes. Le collège « oublié » de la carte d’éducation prioritaire, le plus défavorisé de France hors éducation prioritaire, réclame justice. Alors qu’un rapport de la Cour des comptes publié au printemps 2025 appelle à une réforme en profondeur de la carte de l’éducation prioritaire, les enseignants du collège Gérard Philipe à Clermont-Ferrand réclament le classement de leur établissement en REP+, dénonçant une situation d’injustice.

Un collège qui a tout du Rep+, sans ses moyens

Depuis 2019, les équipes pédagogiques du collège Gérard Philipe demandent son passage en REP+, statut qui ouvrirait droit à des moyens renforcés pour accompagner des élèves confrontés à des difficultés sociales et scolaires majeures. « Déjà en 2014, on avait toutes les caractéristiques d’un collège REP », explique Sandrine Charrier, une enseignante présente dans l’établissement depuis plus de vingt ans et militante au SNES-FSU. « Mais le pari a été fait sur une mixité sociale qui n’est jamais venue. Aujourd’hui, les indicateurs se sont encore aggravés » poursuit-elle « et ils ont tout d’un collège REP+ ». La carte de l’Éducation prioritaire n’a pas été mise à jour depuis 2014.

« On a l’impression d’être abandonnés »

L’équipe décrit un établissement au bord de la rupture avec un indice de position sociale (IPS) de 71,4 soit plus de 30 points sous la moyenne nationale, des résultats très faibles au brevet. Le collège cumule tous les critères de l’éducation prioritaire renforcée (REP+). Or, le collège Gérard Philipe accueille une diversité d’élèves qui complexifie les difficultés sociales et scolaires existantes. Le collège dispose de dispositifs ULIS, SEGPA et UP2A pour les élèves allophones avec un taux de boursiers qui dépasse 70 %. « Nous devons faire face à une accumulation de difficultés scolaires, sociales et humaines. Mais sans les moyens suffisants », déplore la professeure d’éducation musicale.

L’équipe pédagogique n’a pas d’infirmière à temps plein, manque d’AESH, de surveillants. Si elle note que leur mobilisation a payé avec un second poste de CPE, cela reste largement insuffisant. « On a l’impression d’être abandonnés. On tient avec des bouts de ficelle. Aujourd’hui, la situation est devenue intenable », alerte Sandrine Charrier, militante nationale du SNES-FSU. « La grève est reconduite. On est extrêmement déterminés. »

Le collège le plus défavorisé de France… mais toujours hors REP+

Le récent rapport de la Cour des comptes est venu confirmer leurs alertes : il recense 15 collèges en France avec un indice de position sociale (IPS) inférieur à 80. Gérard Philipe en fait partie : « Notre collège détient même l’IPS le plus bas cité dans le rapport », souligne une enseignante, « Et pourtant, nous sommes toujours hors éducation prioritaire renforcée. Les injustices sont flagrantes », poursuit-elle. « À 500 mètres d’ici, un autre collège est classé REP+. Nous, non. C’est incompréhensible. » Idem pour le label Cités éducatives dont les dernières ont d’ailleurs été annoncées lundi 25 mai.

« Le ministère nous méprise »

Avec plus de 90 % d’enseignants grévistes, le collège est aujourd’hui en lutte ouverte. « On ne lâchera pas », martèle Sandrine Charrier. « Les écoles primaires de notre réseau sont aussi concernées. Les collègues sont épuisées. C’est tout un quartier, en bordure de quartier prioritaire, qui est oublié », ajoute-t-elle.

Le collège souffre aussi d’un évitement vers le privé et d’une image scolaire dégradée. Pourtant, les équipes tentent de maintenir le cap, avec des dispositifs comme les petits-déjeuners offerts aux élèves. Le soutien du rectorat est salué mais jugé insuffisant. « Heureusement que le rectorat nous aide localement. Mais ce n’est pas lui qui peut modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le blocage est au niveau ministériel », insiste une enseignante.

Un message sans ambiguïté, adressé au ministère dans un contexte de recherche d’économies de quelques milliards : la réforme de la carte de l’éducation prioritaire et une politique contre les inégalités ne peut plus attendre.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 27.05.25

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