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Rentrée : premiers chiffres (Le Café)

7 septembre 2022

Rentrée : Premiers chiffres
"Un enseignant dans chaque classe", vraiment ? L’affirmation de Pap Ndiaye est battue en brèche par les syndicats qui montrent une situation plus complexe dans le premier degré et plus dégradée dans le second degré. Pour la rentrée, le ministère a réuni tous les moyens disponibles sans satisfaire la demande ni en quantitatif ni en qualitatif. Et en mettant en danger l’avenir.

Manque d’enseignants dans 2 établissements sur trois

La promesse de Pap Ndiaye le 26 août est-elle tenue ? On ne le saura vraiment que dans quelques jours. Mais les syndicats pointent déjà des manques d’enseignants dans le second degré et des bricolages provisoires dans le premier degré.

Selon le Snes Fsu, qui dévoile les résultats d’une enquête dans les établissements, sur 554 collèges et lycées, 62% des établissements n’ont pas leur compte d’enseignants. Ce pourcentage peut varier fortement d’une académie à l’autre. Ainsi à Créteil 83% des établissements manquent d’au moins un professeur contre 51% en Normandie.

" Des postes ont été pourvus dans le week-end ou dans la journée du lundi 5 septembre, pour diminuer le nombre de classes sans professeur en ce début d’année scolaire. Mais à quel prix humain et pédagogique, avec des professeurs qui apprennent au dernier moment leur établissement et leur service !", précise le Snes.

Le syndicat craint déjà pour les remplacements à venir. " Force est de constater que dans bon nombre d’académies, il ne reste plus beaucoup de personnels pour assurer les remplacements dans les mois à venir, dont certains sont pourtant prévisibles et anticipables (congés maternité par exemple). Dans certaines académies, des démissions de contractuels sont déjà signalées", écrit le Snes.

En attendant des établissements ont pris les devants et se sont mis en grève pour protester contre le manque de personnel ou des classes trop chargées. C’et notamment le cas dans le 93 avec le collège E Triolet de Saint-Denis, où il manque une infirmière et un AED, ou le lycée ou à la Cité scolaire J Renoir de Bondy où les classes de STMG passent de 24 à 30 élèves.

Les remplaçants déjà consommés dans le 1er degré

Dans le premier degré, le Snuipp Fsu a lancé lui aussi une enquête dont on attend les résultats. "On sent se dessiner qu’on aura dans certains départements des non-ouvertures faute de moyens", nous dit Guislaine David, co-secrétaire générale du Snuipp Fsu, "notamment dans des classes dépassant les 24 élèves en cycle 2. "Dans beaucoup d’endroits les dasen ont dépêché des remplaçants dans les classes. Dans 15 jours, avec les premiers congés imprévus, il y aura des problèmes. La question du remplacement va être très tendue cette année".

"L’impression qui se dégage c’est le manque de préparation de la rentrée", dit-elle. "Par exemple, on est confronté à la question des lauréats des concours qui ont des temps en classe différents selon leur master. Dans de nombreux cas il faut trouver des compléments de service".

Si le nombre de nouveaux contractuels reste relativement faible (3000), pour Guislaine David les élèves changent et les dispositifs à mettre en place en classe se multiplient. La formation est indispensable. "Quand on enseigne l’expérience est importante mais si on a déjà eu une formation solide en pédagogie et didactique pour prendre du recul. C’est ce souffle qu’on n’a plus avec l’effritement de la formation continue". Le Snuipp Fsu demandera une année de formation pour les contractuels admis au concours exceptionnel annoncé par P Ndiaye.

François Jarraud

Dans le 2d degré

Extrait de cafepedagogique.net du 07.09.22

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