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ToutEduc présente le Manifeste de l’OZP sur l’éducation prioritaire

16 février

L’OZP publie un manifeste pour l’éducation prioritaire
L’OZP (Observatoire des zones prioritaires) publie, ce 14 février, un "nouveau manifeste de l’éducation prioritaire" dans lequel il demande que soit restauré, "à tous niveaux : national, académique, réseau" son pilotage et que soient mises en place des assises nationales" qui permettraient notamment de proposer "d’autres orientations pratiques (que celles mises actuellement en place, ndlr) en fonction de l’expérience acquise et des travaux de la recherche".

Il rappelle qu’en 2017, il s’inquiétait déjà : si "la refondation" de l’éducation prioritaire était "bien engagée", lui donnerait-on "le temps nécessaire pour qu’enfin les enfants des territoires de relégation accèdent à la réussite scolaire et éducative". Et il constate qu’ "une fois de plus, le pilotage national a disparu" et que, "sans aucune évaluation, sans aucune concertation, plus aucune impulsion n’a été donnée et l’essentiel des ressources spécifiques des réseaux d’éducation prioritaire a été drainé au profit de la mesure phare du programme présidentiel : le dédoublement des effectifs des classes de CP et CE1", une mesure dont les résultats sont "mitigés".

Le manifeste fait un rapide historique de l’éducation prioritaire, "née en 1981 de la volonté politique de lutter résolument contre les inégalités sociales et scolaires" là où le fonctionnement ordinaire du service public n’était pas en mesure d’assurer "la réussite du plus grand nombre d’élèves". L’analyse territoriale permet en effet "d’éviter l’analyse individuelle, les sources des difficultés scolaires se situant dans la zone d’exclusion et sa concentration". En 2014 est intervenue une refondation de l’Education prioritaire, laquelle prévoyait "une évaluation en 2018 de ce qui avait été mis en œuvre au cours des cinq années précédentes". Un rapport était prêt, il n’a pas été publié : "Il aurait pu mettre en valeur les possibilités ouvertes par ce dispositif telles que l’émergence d’un travail collectif entre enseignants s’appuyant sur l’existence de temps de formation et de concertation."

L’OZP constate que les moyens ont été concentrés sur les dédoublements tandis que "les programmes de formation sont massivement réorientés vers les ’fondamentaux’ (...), sont décidés entièrement par la hiérarchie et déçoivent souvent les enseignants". De plus, "le contenu des évaluations nationales en CP et CE1 privilégie des critères qui n’ont jamais été validés par les recherches sur l’enseignement de la lecture et du calcul, avec une référence quasi exclusive aux neuro-sciences, et imposent indirectement des objectifs aux classes de Maternelle, ne correspondant pas aux programmes".

En ce qui concerne les CLA, les contrats locaux d’accompagnement, ils ont surtout eu pour effet "de brouiller les concepts de base : les réseaux inter-degré (entre élémentaire et collège, ndlr) et la référence territoriale". Quant aux "Cités éducatives", elles pourraient compléter le travail des REP si les structures de l’Education Nationale étaient capables de travailler en partenariat". Or "le travail collectif, qui apparaît (...) comme un effet positif majeur de la refondation, ne va pas de soi", comme l’a montré l’enquête menée par l’OZP "pour tenter de suppléer au refus ministériel" d’une évaluation de la refondation.

Constatant que "les inégalités sociales se sont accrues" et que "la vie démocratique est menacée", l’OZP considère qu’ "une politique de démocratisation de la réussite scolaire de tous est plus que jamais nécessaire", mais que cela suppose de "rendre l’initiative aux acteurs de terrain" et "qu’après évaluation, les ressources affectées aux dédoublements puissent être redéployées dans le cadre des nouveaux projets portant sur la co-intervention par exemple". Il faut aussi "développer la présence de formateurs dans le cadre des réseaux" et "définir les conditions de réussite des cités éducatives".

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Extrait de touteduc.fr du 14.02.22

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