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Loi Fillon. Un rabiot de débat pour les syndicats (L’Humanité)

26 octobre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Humanité » du 21.10.04 : un rabiot de débat pour l’école

Un rabiot de débat pour l’école : François Fillon prolonge le débat national. Les syndicats avancent leurs propositions.

Douze minutes par organisation. Non seulement le temps du débat n’est pas terminé, mais en plus il est calibré au poil près. Cet après-midi, de 15 heures à 17 h 30, François Fillon rencontre les fédérations syndicales de l’éducation afin de recueillir leur opinion au sujet de la future loi d’orientation sur l’école. La concertation ne s’arrête pas là. Déjà en ligne, un site Internet (www.loi.ecole.gouv.fr) invite chacun à donner son avis. Des face-à-face entre le ministre et des représentants de corps de métiers de l’éducation ont débuté hier et dureront jusqu’au 10 novembre. Tantôt un proviseur, tantôt un prof en ZEP, tantôt un administratif, chaque rencontre se déroulant à huis clos. Parallèlement, le ministre participera à cinq rencontres thématiques, dont la première se tient demain à Paris et porte sur les langues vivantes. Enfin, François Fillon devrait rencontrer plusieurs intellectuels, avant de remettre, en novembre, son projet de loi au Conseil des ministres.

Bref, le ministre de l’Éducation propose un rabiot de grand débat, étape plutôt inattendue dans l’élaboration de la future orientation pour l’école. Tout le monde, d’ailleurs, n’apprécie pas. La FCPE, par exemple, qui rappelle que 50 000 contributions sont déjà remontées du terrain l’an dernier, censées avoir servi de base au rapport Thélot, lui-même censé servir de base à l’élaboration de la loi. « Les citoyens auraient-ils mal pensé ? Auraient-ils répondu de travers ? » questionne l’organisation.

Si la démarche surprend, elle ne laisse pas pour autant bouche bée les syndicats, qui devraient en profiter pour (re) dire leurs quatre vérités au ministre. Ainsi, la FERC - CGT a rendu public ses récriminations contre les conclusions de la commission. Elle leur reproche, entre autres, de préconiser une différentiation des contenus d’enseignements conduisant à « réserver à une élite les matières liées au développement de la personne, de l’esprit critique et de la culture ». Mis en cause, également : le dispositif d’orientation, qui « ouvre la porte aux pratiques subjectives de tri, d’exclusion et de favoritisme. »

Le SNES-FSU se fait plus offensif encore, lequel s’apprête à diffuser 350 000 exemplaires de sa contribution à la future loi d’orientation pour l’école. Intitulé « Une autre ambition pour l’école », ce document mastoc reprend tout du début, depuis l’origine du débat national jusqu’aux objectifs proposés. On peut y lire un rappel de ce qu’était l’école dont certains se disent nostalgiques - « En 1980, à peine 35 % de chaque génération atteignait le baccalauréat » - ainsi que les propositions du syndicat pour lutter contre l’échec scolaire. Afin de limiter les redoublements, il suggère, par exemple, que les élèves puissent passer dans la classe supérieure à condition qu’ils participent à des actions de rattrapage. Il propose également de porter l’âge de la scolarité obligatoire à dix-huit ans ou encore de développer les passerelles entre les différentes voies du lycée.

Les critiques se font moins véhémentes côté SGEN-CFDT et UNSA éducation. Mais si les avis concernant le rapport Thélot varient d’un syndicat à l’autre, tous devraient faire front commun sur un domaine au moins : le budget 2005, dont l’avant-projet envisage 5 500 nouvelles suppressions de postes d’enseignants...

Marie-Noëlle Bertrand.

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