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François Dubet : "Peut-être que la pandémie transformera davantage l’école et l’université que n’ont pu le faire les ministres." (La Tribune)

8 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

François Dubet : "L’épreuve du confinement révèle des inégalités qui peuvent devenir haine"

LE MONDE D’APRES. "Capacité politique collective" : de sa vitalité ou de son apathie, révélées par la gestion de la pandémie, dépendra, selon François Dubet, l’état de santé de la société française au moment où elle devra entamer sa reviviscence. Et les enjeux sont considérables. Parmi eux, gérer les "petites inégalités" que l’épreuve du confinement aura révélées et qui potentiellement peuvent s’exacerber jusqu’à "la haine", le complotisme, l’imaginaire populiste. Redéfinir ce qui est et fait solidarité. Opposer aux inévitables traumatismes - deuils, chômage, endettement, défiance envers les responsables - une capacité d’action renouvelée, offrant de "repenser" (la justice des inégalités, la mondialisation, le rapport à la nature, etc.). Enfin, juguler la propagation du virus de la déresponsabilisation, plus dévastateur encore que le covid-19. Et c’est d’ailleurs à exercer strictement et "dans la raison" son devoir de responsabilité, que le sociologue enjoint tout citoyen. Au risque, sinon, que la société s’encalmine, pire ne se relève pas. La "capacité politique collective", c’est-à-dire la "capacité politique de la société démocratique" qui déterminera l’avenir post-pandémie, apparaît dans ces conditions en effet plus que cardinale : vitale.

[...] Si l’enjeu dominant de la sortie de la pandémie est celui de la solidarité et de la confiance démocratique, je ne vois comment l’école ne pourrait pas être interrogée. Plus que le fonctionnement de l’école, c’est le modèle éducatif français lui-même qui sera bousculé. Evidemment, les parents ne seront pas transformés en enseignants, mais les relations aux apprentissages, au temps de travail, aux évaluations scolaires, ne sortiront pas indemnes de cette crise. On peut cependant être optimiste quand on voit à quel point les enseignants, souvent perçus comme frileux et repliés sur leurs traditions pédagogiques, se mobilisent, inventent, se lient à leurs élèves, ne comptent pas leur temps. Il semble que 10% des élèves soient aujourd’hui à l’écart. C’est beaucoup, mais je n’aurais pas spontanément parié sur un chiffre aussi faible. Peut-être que la pandémie transformera davantage l’école et l’université que n’ont pu le faire les ministres.

Extrait de latribune.fr du 06.04.20

 

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