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Le chercheur Xavier Pons analyse dans le Monde la difficulté de cerner le schéma d’ensemble de la loi Blanquer, en particulier les effets sur les inégalités sociales induits par la centration sur l’établissement

13 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

« Tel un puzzle, la politique du ministre prendra tout son sens lorsque la dernière pièce sera ajoutée »
TRIBUNE

Xavier Pons
Chercheur en sciences de l’éducation

La politique du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n’est jamais exposée dans son entièreté et permet ainsi « d’éviter soigneusement la mise en débat du schéma d’ensemble », analyse le chercheur en sciences de l’éducation Xavier Pons.

[...] Cette stratégie, que nous pourrions appeler la « politique du puzzle », consiste à ne pas présenter immédiatement le projet d’ensemble, mais à ouvrir différents chantiers, apparemment techniques et déconnectés les uns des autres, mais qui, mis bout à bout, donnent à voir une réforme en profondeur de la structure du système scolaire français. Tel un puzzle, cette politique prendra tout son sens lorsque la dernière pièce sera ajoutée au tableau d’ensemble.

[...] Il y a enfin les pièces qu’on écarte. La carte scolaire par exemple : le ministre actuel n’a pratiquement pas communiqué sur le sujet sauf pour dire qu’il souhaitait redonner aux établissements évités par des parents les moyens d’être plus attractifs. Au regard de la ségrégation croissante de notre système scolaire, cette course à l’attractivité résonne comme une reconnaissance implicite d’une logique libérale.

[...] Il reste cependant que le débat doit avoir lieu sur la pertinence d’un tel changement d’organisation du système scolaire, tant les conditions nécessaires à sa bonne mise en œuvre et les risques liés à celui-ci sont nombreux. Faut-il craindre par exemple d’une plus grande autonomie des établissements une fragmentation encore plus prononcée du système scolaire, comme en témoigne à sa manière le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche aujourd’hui ? La mise en concurrence des établissements ne risque-t-elle pas de produire les nombreux effets pervers observés à l’étranger (ségrégation, inégalités de réussite accrues, focalisation sur la réussite aux évaluations…) ? Est-ce raisonnable de compter autant dans certaines académies sur des enseignants contractuels alors que leur gestion administrative commence à peine à se structurer et que, finalement, on connaît très peu de choses sur eux ? La confiance ne se décrète pas dit-on, pourquoi l’école de la confiance le devrait-elle ?

Extrait de lemonde.fr du 11.03.19 : « Tel un puzzle, la politique du ministre prendra tout son sens lorsque la dernière pièce sera ajoutée »

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