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Les neurosciences, les inégalités scolaires, la sociologie et Montessori : points de vue de Stanislas Morel et de Dominique Bucheton (dans Libération) et du journaliste Sylvestre Huet sur son blog du Monde

23 janvier 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 23.0118
Les neurosciences ne font pas une politique de l’école
par Dominique Bucheton, Professeurs des universités en sciences du langage et de l’éducation
[...] Les évolutions nécessaires de l’école, une des plus importantes institutions de la République, ont besoin de démocratie, d’écoute, de respect, de collaborations de l’ensemble des communautés de recherche s’intéressant aux questions d’éducation, et tous les acteurs : enseignants de terrain, cadres, associations diverses. Ce ne peut être l’affaire d’un groupuscule et de quelques décrets.

Extrait de liberation.fr du 22.01.18 : Les neurosciences ne font pas une politique de l’école

 

Interview
Stanislas Morel : « Les neurosciences illustrent la dépolitisation actuelle de la question scolaire »

Pour le sociologue, spécialiste de l’échec scolaire, la domination des neuroscientifiques dans l’éducation, actée par la composition du nouveau Conseil scientifique, témoigne d’une obsession de la performance. Au détriment d’une approche sociale des inégalités à l’école.

[...] Comme celles issues de la pédagogie Montessori, qui a plus d’un siècle…
Dans l’opinion, Montessori est souvent associée à une forme de pédagogie alternative, nouvelle, destinée aux « bobos » parisiens. On oublie que Maria Montessori était une femme médecin, auteure d’un livre, Pédagogie scientifique, qui cherchait à établir une pédagogie expérimentale. Il y a un lien de parenté entre Montessori et les neurosciences. Il s’agit dans les deux cas d’expliquer à des enseignants dont la pédagogie est jugée intuitive, spontanéiste, ce que les sciences expérimentales ont à dire des apprentissages. Mais il faudrait mieux connaître les pratiques des enseignants et, plus généralement, ce qui se passe dans les classes. C’est à cette condition que l’apport indéniable des neurosciences pourrait être plus utile.

Extrait de liberation.fr du 19.01.18 : Stanislas Morel : « Les neurosciences illustrent la dépolitisation actuelle de la question scolaire »

 

[...] Mais cette vision étriquée des sciences utiles à la politique éducative n’a rien de naïf. Le problème c’est qu’elle garantit l’échec vis à vis de l’objectif annoncé – améliorer les résultats scolaires des enfants en difficulté – au point que l’on peut douter de la sincérité du dit objectif.

[...] Parmi les savoirs connus et bien établis, relatifs à l’échec scolaire de masse dans les apprentissages de base – ceux de l’école primaire – il faut relever que le principal relève… d’une sociologie basique. Qui démontre que son origine est… sociale et non relevant de la psychologie cognitive ou des neurosciences. Point barre. Ce résultat de science peut être établi ou retrouvé par un étudiant en première année de sociologie qui a bien appris son cours. Il lui suffit de cartographier les statistiques qui disent le succès massif là et l’échec massif ici.

Or, la carte de l’échec scolaire suit fidèlement la carte sociale du pays. [...]

[...] Le problème prioritaire de l’apprentissage de la lecture consiste donc à s’attaquer à son échec massif dans des milieux sociaux (enfants de rmistes, chômeurs, immigrés illettrés et non francophones) concentrés dans les quartiers les plus populaires. La méthode utilisée par l’enseignant et ses qualités pédagogiques personnelles jouent un rôle. Mais les paramètres décisifs du succès sont la motivation à un effort mental intense et volontaire (nécessaire au« recyclage neuronal »), l’acquisition d’un français parlé moins distant de l’écrit, la constitution d’une bibliothèque lexicale. La clé réside dans la motivation qui provient des premiers succès dans cet effort… lesquels sont justement plus difficiles à obtenir pour ces enfants.

Extrait de huet.blog.lemonde.fr du : L’éducation, les sciences du cerveau, la sociologie

Le blog de Sylvestre Huet, journaliste, spéciaiisé en sciences depuis 1986.

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1 Message

  • Bonjour

    Tout le monde a bien conscience de l’impact d’un milieu dans le parcours d’un élève (puis d’un adulte parce que c’est une histoire qui dure...) (particulièrement celles et ceux qui en sont directement issu(e)s comme moi) :

    * en partant de Monsieur Jean-Paul Delahaye Inspecteur général de l’éducation nationale honoraire - Vice-Président délégué de la Ligue de l’enseignement - Président du Comité National d’Action laïque auteur d’un rapport Grande pauvreté et réussite scolaire [http://www.education.gouv.fr/cid88768/grande-pauvrete-et-reussite-scolaire-le-choix-de-la-solidarite-pour-la-reussite-de-tous.html]

    * jusqu’à l’équipe nationale du ROLL qui a publié dernièrement ce message sur son site
    http://www.roll-descartes.net/ :

    "Chers collègues,

    Vous êtes nombreux à nous demander de mesurer avec rigueur l’impact du ROLL sur les compétences des élèves, et vous avez en tout point raison.

    Nous avons donc décidé de procéder à une comparaison des compétences des élèves entre deux échantillons d’élèves sociologiquement proches : l’un issu de classes ROLL, l’autre de classes non ROLL.

    Votre participation est bien sûr indispensable à la réussite de cette opération.

    Aussi, nous vous soumettons d’ores et déjà un petit questionnaire pour les enseignants ayant des classes de CM1 et/ou CM2. Nous vous remercions très chaleureusement de votre coopération.

    Accès au questionnaire."

    Il ne s’agit pas de nier une réalité flagrante, injuste et violente au quotidien pour certains mais de rendre (par des pratiques plus efficaces) l’école plus forte car l’enjeu est majeur et dépasse de loin le cadre de l’élévation sociale.

    Bien cordialement.

    Dhiaf

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