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Le débat sur les rythmes scolaires (suite) : Le parti socialiste : "le retour à un école du tri". Françoise Carton, sénatrice de Gironde, "La semaine de quatre jours est une hérésie". J.-P. Delahaye : une capitulation devant les intérêts de certains adultes

26 juin 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le Parti socialiste dénonce le décret imminent du Ministre de l’éducation qui autorise le retour à la semaine scolaire de 4 jours.

Cette décision, prise de manière précipitée au mois de juin, sans aucune évaluation du dispositif actuel, sans concertation avec la communauté éducative s’impose dehors de tout débat parlementaire – contrairement au choix opéré pour la Refondation de l’école. Le décret laisse donc à des autorités locales, et en particulier aux communes, le choix de l’organisation de la semaine scolaire – et de pouvoir le faire pour d’autres motifs que des considérerions éducatives.

Elle intervient alors qu’un rapport du Sénat, unanimement jugé sérieux et équilibré, vient de recommander de ne pas revenir à la situation d’avant 2013, corroborant ainsi les études de nombreux chronobiologistes, chercheurs et acteurs de l’éducation qui mettent en garde depuis des années contre les effets négatifs de la semaine de 4 jours sur les apprentissages des élèves.

Ce décret impose une semaine scolaire qui répond davantage aux préoccupations de certains adultes qu’à l’intérêt de l’enfant et à ses rythmes d’apprentissage. Il néglige, par exemple, que pour la première fois en France, des milliers d’enfants ont eu accès à des activités (artistiques, scientifiques et sportives,…) complémentaires aux temps scolaires et familiaux qui contribuent à une bonne insertion sociale et professionnelle.

En autorisant ce retour en arrière dès septembre prochain, le Ministre fait montre de bien peu de considération pour celles et ceux qui, sur le terrain, ont déjà programmé et préparé des activités périscolaires pour la rentrée prochaine. La réforme des rythmes a en effet permis la création de 25.000 ETP et cette décision brutale, pour de nombreux intervenants et animateurs, signifie immédiatement chômage ou baisse de pouvoir d’achat.

Ce décret n’aura probablement aucune incidence pour les 70% d’élèves qui réussissent à l’école, mais il conforte dans l’échec ceux qui ont besoin d’une demi-journée supplémentaire pour apprendre, qui ne sont pas aidés à la maison et qui accumulent des retards dès leur entrée à l’école.

Notre opposition à la semaine de 4 jours réside d’abord dans ce retour à un système inégalitaire qui condamne à l’échec scolaire les 30% d’élèves qui sont en difficultés, qui ne peuvent pas réussir avec des journées trop longues et trop denses et qui sont majoritairement issus des classes populaires. La contre-réforme Blanquer, c’est en somme le retour du triple tri : scolaire, social et territorial.

Le Parti socialiste demande que la semaine de 4 jours fasse l’objet d’une évaluation nationale ; que l’aide de l’Etat aux communes soit pérennisée, voire augmentée, pour aider les collectivités les plus fragiles à mettre en œuvre leurs activités périscolaires ; que les relations instaurées entre l’école et son territoire à travers les PEDT soient maintenues et développées ; et enfin qu’une réflexion soit engagée sur l’organisation de l’année scolaire avec la communauté éducative.

Extrait de parti-socilaiste.fr du 22.06.17 : Rythmes scolaires : la contre réforme du ministre Blanquer, c’est le retour à l’école du tri scolaire, du tri social et du tri territorial

 

L’éclairage de Françoise Cartron, sénatrice de la Gironde, spécialiste des rythmes scolaire

Françoise Cartron est formelle : il faut que le temps scolaire soit organisé sur cinq jours.

Extrait de laprovence.com du 23.06.17 :

La semaine de quatre jours est une hérésie

" J’ai interpellé Jean-Michel Blanquer car les maires s’inquiètent", dit-elle. "On ne sait toujours pas quand le décret va être adopté, on ne sait pas si les financements pour les municipalités seront maintenus... Le ministre devrait être auditionné par les sénateurs d’ici quelques jours. On espère y voir un peu plus clair. J’ai également interpellé la nouvelle ministre de la Culture, Françoise Nyssen, sur les opportunités culturelles rendues possibles dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires de 2013. Car dans les communes rurales que j’ai pu visiter, les maires et leurs équipes, ont témoigné d’une volonté de partager leur culture et leurs richesses territoriales avec les plus jeunes".

Extrait de cafepedagogique.net du 26.06.17 : http://www.cafepedagogique.net/LEXP...

 

[...] Vous pensez aux rythmes scolaires ?
Oui. Pourquoi donc ce retour de la semaine de quatre jours dans le primaire et dans l’intérêt de qui ? Cette décision est-elle fondée sur des études scientifiques, sur des rapports d’experts ? A-t-on déjà oublié que, dès 2010, l’académie de médecine, entre autres instances, a condamné sévèrement la semaine de quatre jours ? Aucun pays au monde n’a d’ailleurs songé à imiter la France dans cette folie décidée en 2008, et l’OCDE s’étonne que la France en soit encore à penser que réduire le nombre de jours de classe puisse aller dans le bon sens. Le reste du monde est dans l’erreur ? L’Institut Montaigne, qui semble inspirer le ministère, n’a pas changé d’avis, lui qui disait, en avril 2010, qu’il fallait, je cite, « revenir immédiatement à la semaine de cinq jours incluant le mercredi ». Qui peut oser dire que les enfants apprendront mieux si on leur supprime une matinée de temps scolaire et si on réduit l’année scolaire à 144 jours  ? Cette capitulation devant les intérêts de certains adultes est un mauvais coup porté à tous les enfants et singulièrement aux enfants des milieux populaires. Et quel sens cela a-t-il de diviser par deux les effectifs dans les CP, si l’on prive dans le même temps ces enfants d’une matinée de classe bénéfique ?

Extrait de lalettredeleducation.fr de juin 2017 : Jean-Paul Delahaye : « Il est de l’intérêt de tous d’élargir la base sociale de la réussite scolaire »

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