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Alain Boissinot : "redéfinir un coeur de cible pour l’éducation prioritaire est positif" mais la difficulté scolaire devrait être prise en charge de façon adaptée dans tous les établissements

13 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

"Ne serait-ce que pour ne pas décourager un corps enseignant qui se sent ballotté au fil des remises en cause et des réformes largement surjouées, il faut comprendre et assumer le passé, et se proposer des horizons moins immédiats que ceux des échéances électorales". Ancien directeur de cabinet de Luc Ferry, ancien recteur, ancien président du Conseil supérieur des programmes, Alain Boissinot a servi l’éducation nationale sous des majorités opposées. C’est que pour lui, la continuité devrait l’emporter sur la rupture en éducation. Et que le lieu du changement n’est peut-être plus l’échelon national..

[...] Le système éducatif est marqué par de fortes inégalités sociales et scolaires. Leur réduction est un des objectifs de la refondation. Pensez-vous qu’il soit atteint ? Cela doit-il rester un objectif ? Pourquoi est-ce si difficile ?
Ce point mériterait à lui seul des analyses nuancées, sans oublier que l’école ne peut pas tout. La démarche engagée pour redéfinir un cœur de cible de l’éducation prioritaire me semble positive. Mais elle continue à participer d’une approche territoriale de la difficulté scolaire.
Or, dans le cadre d’un système « inclusif », qui scolarise désormais la quasi-totalité d’une génération de plus en plus longtemps dans des structures communes, la difficulté scolaire est plus générale et plus diffuse. Elle devrait être prise en compte, dans tous les établissements, par des approches plus individualisées. Là aussi, cela suppose plus de souplesse dans les dispositifs pédagogiques et dans les services des enseignants.
On avait vu naître, depuis quelques années, des démarches intéressantes (accompagnement éducatif, stages de vacances, tutorat, « écoles ouvertes », etc.), or on a plutôt régressé en ce domaine, les moyens budgétaires étant monopolisés par les créations de postes. Autrement dit : l’enjeu n’est pas seulement d’identifier et de traiter de façon dérogatoire des lieux en difficulté, il est tout autant de développer partout des pratiques professionnelles mieux adaptées à la prévention et au traitement de l’inégalité scolaire.

Extrait de cafepedagogique.net du 13.05.16 : Alain Boissinot : Refondation : Oser réformer la gouvernance

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