Mille postes (pour 9 500 candidats) créés à Créteil, avec, dans la plupart des académies, hausse des moyens, priorité au primaire et aux communes pauvres. Réaction favorable de l’Unsa

7 mars 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Publiée une bonne semaine en avance, la répartition des postes pour la rentrée 2016 tranche nettement avec les rentrées précédentes. "Effort sans précédent", la répartition des postes fait plus que défendre la promesse des 54 000 postes. La rentrée verra des seuils franchis, par exemple plus de 1000 postes pour l’académie de Créteil. Partout le nombre de postes augmente. Mais plus de 1600 emplois d’enseignants sont affectés sur critère social. La gestion des postes pour 2016 est vraiment à gauche.

Une hausse généralisée des moyens
Pour 37 111 élèves en plus à la rentrée 2016, le ministère annonce la création de 6639 nouveaux postes d’enseignants. Le ministère prévoit ainsi un effort budgétaire conséquent qui rend possible la promesse des 54 000 postes faite par F. Hollande en 2012.

Mais, plus que le respect d’une promesse politique, la répartition des moyens se traduit sur le terrain par une hausse généralisée des moyens. Pour une aussi bonne nouvelle, le gouvernement n’a pas voulu attendre le 17 décembre, date fixée pour la réunion avec les syndicats. Si les chiffres sortent en hâte le 9 décembre au soir de façon à ce que chaque académie ait la nouvelle, ce n’est peut être pas sans lien avec la situation politique. Toujours est-il que chaque académie verra en 2016 ses moyens augmenter.

Une seule académie métropolitaine voit le nombre de postes diminuer : c’est Caen qui perd près de 2000 élèves. Mais Paris, qui en perd autant, gagne 2 postes, Dijon qui perd 1194 élèves gagne 20 postes, Besançon 10, Reims 20. Guadeloupe et Martinique perdent des élèves et des postes, mais deux fois moins qu’en 2015. Par conséquent en métropole, des académies qui étaient en 2015 dans le négatif passent au positif. Nancy Metz a rendu 67 postes en 2015, il en gagne 80 à la rentrée 2016.
Par exemple. (voir carte)

Plus de 1000 créations de postes à Créteil
Un seuil de création de postes est atteint à Créteil. En 2015, 846 postes avaient été créés dans l’académie. A la rentrée 2016, Créteil bénéficiera de 1115 postes supplémentaires, un effort jamais vu. Versailles aura 870 postes (648 en 2015), Bordeaux 335 , Lyon 490, Montpellier 450, Nantes 380, Toulouse 300, Aix Marseille 330. Mais c’est dans les petites académies que la hausse peut êtr ele plus forte : Amiens aura 3 fois plus de postes qu’en 2015, Clermont-Ferrand, Limoges également, Strasbourg deux fois plus.

Priorité au primaire
La promesse de la priorité au primaire est elle aussi tenue. En 2015 il y avait davantage de postes créés au secondaire qu’au primaire. En 2016, 2804 postes sont ouverts dans le secondaire contre 3835 au primaire. Or le nombre d’élèves diminue à la rentrée 2016. 2027 postes sont ouverts au premier degré pour appliquer les politiques décidées par le gouvernement comme le plus de maitres que de classes.

Priorité aux communes pauvres
Tous ces chiffres sont possibles grâce à la nouvelle répartition des moyens voulues par la ministre. " Notre système n’offre pas aux élèves le même accès au savoir en fonction des familles auxquels ils appartiennent... C’est la mission de l’Ecole que d’organiser la promotion sociale", avait déclaré N Vallaud Belkacem en décembre 2015. " Un enfant de trois ans selon sa famille a un langage plus ou moins riche dans un rapport de 1 à 3. Un enfant d’ouvrier a deux fois moins de chance d’avoir le bac qu’en enfant de cadre. Notre système éducatif n’offre pas le même accès au savoir". La ministre avait promis de " donner à chaque école et collège les moyens de faire réussir tous les élèves" et de "rendre ’l’école plus juste".

Dans les créations de postes 2016, 1643 postes sont affectés sur critère social. En décembre 2015 C Moisan, directrice de la Depp, avait expliqué que le ministère doterait les académies selon 15 profils tenant compte du nombre d’élèves, des revenus des familles et des caractéristiques des territoires. Les commune sont classées en fonction du niveau de vie médian et c’est pris en compte pour la création des postes.

Ainsi Créteil gagne 200 postes supplémentaires, Lille 155, Montpellier 125, Aix Marseille et Versailles 90. Sur les 80 postes créés à Nancy Metz, la moitié est liée aux poches de pauvreté.

Un véritable budget de gauche
"C’est une carte scolaire très politique", nous dit Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. "Globalement les promesses sont tenues. Peillon avait annoncé une politique sociale de répartition des moyens. On tente de donner plus à ceux qui ont moins. C’est une politique de gauche à caractère social, un vrai choix politique". Fin novembre, la Commission de l’éducation du Sénat, majoritairement à droite, a demandé l’arrêt des créations de postes.

"La vraie question cela va être la répartition des moyens entre collège et lycée", nous dit C Chevalier. Il y a 2804 postes supplémentaires dans le secondaire pour 37000 élèves supplémentaires. "Les recteurs ont comme instruction de maintenir les DHG des collèges", continue C Chevalier, "ce sera à regarder à la loupe". Pour le ministère, "les 2 804 nouveaux postes vont permettre d’accompagner la hausse démographique et la mise en œuvre de la réforme du collège, qui prévoit la création de 4000 postes sur deux ans."

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 07.03.16 : Postes : Une nouvelle répartition des moyens pour 2016

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