> PÉDAGOGIE(S), DISCIPLINES, ACTIONS LOCALES > ACTIONS LOCALES par niveau et discipline/ > Actions locales AU COLLEGE > Collège (Travail et Evaluation par compétences) > B* Évaluer sans noter en 6e pour faire progresser les élèves au collège ECLAIR (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

B* Évaluer sans noter en 6e pour faire progresser les élèves au collège ECLAIR Jacquard de Caen

3 juillet 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Une approche de l’enseignement par compétences permettant de mieux prendre en compte les progrès des élèves.

Établissement(s)

CLG [ECLAIR] Albert Jacquard - Caen (14)

Personnel(s) impliqué(s)

DOUTRESSOULLES Flavie Professeur de SVT
GIROUARD Bruno Principal (référent)
MARCO Grégory Professeur des Ecoles
SIMON Muriel Professeur des Ecoles

Éléments de synthèse

Thématiques
École du socle - évaluation

Objectifs
- Donner du sens aux apprentissages par une meilleure compréhension des enjeux de la tâche demandée et des compétences mises en œuvre.
- Développer l’autonomie de l’élève grâce à une auto-évaluation progressivement mise en place.
- Modifier les pratiques des enseignants dans la conception des tâches et de l’accompagnement de l’élève.
- Mettre en activité l’élève dans toutes les disciplines, quelles que soient ses difficultés

Un autre objectif, particulier, apparaît : le dialogue avec les parents, qui ne doit plus être centré sur les notes ou la « moyenne » mais sur les compétences de l’élève.

Le diagnostic qui a conduit à proposer l’action
Les travaux de recherche, en particulier ceux d’A. Antibi, ont montré les constantes dans les notations des élèves et le découragement induit par celles-ci pour les élèves. En éducation prioritaire, cette façon traditionnelle, en France, de noter pour rendre compte des travaux des élèves peut paraître particulièrement inadaptée : quelle note pour rendre compte de l’implication dans le travail ? De la recherche nécessaire ? De la valeur de cette note comparée aux difficultés et aux progrès ?

Les élèves se réfèrent à la note sans avoir forcément conscience des variables, par exemple entre évaluation formative ou sommative, entre les compétences évaluées et notées et les compétences évaluées mais non notées. La note peut engendrer également un découragement face à un effort fait sans que le progrès soit visible immédiatement. On observe que les élèves préfèrent parfois ne pas répondre plutôt que de prendre le risque d’être confrontés à leurs difficultés par la seule médiation de la note. L’évaluation sans note s’accompagne donc nécessairement d’une réflexion sur l’individualisation des parcours dans le travail.

Les professeurs doivent donc s’adapter à un public dont les difficultés mettent en question les pratiques habituelles. L’abandon de la note permet d’accompagner un changement de pratiques : mettre au centre des apprentissages le travail par compétences afin de réfléchir aux progrès de l’élève dans sa globalité : l’acquisition des connaissances, de capacités et l’attitude face aux tâches demandées. Le lien 1er - 2nd degré, particulièrement nécessaire dans ce contexte, peut être renforcé par des réflexions communes sur la finalisation du palier 2 au cours de la 6e.

Les modalités de mise en œuvre choisies
- Suppression des notes dans toutes les disciplines en 6e depuis septembre 2011.
- Mise en place d’un « contrat de progrès » accompagnant le parcours de l’élève tout au long de l’année, sur lequel il s’auto-évalue et par lequel le professeur principal rend compte des progrès et de ce qu’il faudra travailler au trimestre suivant. Ce « contrat de progrès » permet de préparer les conseils de classe. Il fait réfléchir l’élève à son travail mais aussi à son implication dans la vie du collège, à son attitude vis-à-vis des professeurs, des camarades, du travail demandé, donc aboutit à une réflexion sur les compétences 6 et 7 du Livret de Compétences.
Ce contrat est le support des échanges entre les professeurs et les parents.
- Mise en place de « bureaux ouverts », heures en semi-autonomie, dans lesquelles les élèves vont interroger les enseignants sur des éléments qui leur posent problème dans leur travail personnel.

Le public concerné par l’action
Élèves de 6e.

Les freins et les leviers rencontrés
Freins :
- Difficultés pour les professeurs nouvellement nommés à changer leurs pratiques dans l’urgence et sans en voir parfois la nécessité. Résistance au changement.
- Pour les parents, difficulté à comprendre la logique de ce changement, par crainte d’une discrimination avec d’autres établissements hors éducation prioritaire.
- Résistance de certains élèves qui, arrivant au collège, avaient le désir de ne plus se vivre comme écoliers et se sentent remis au niveau d’une évaluation de primaire. Les élèves sont parfois notés depuis le CM1, voire le CE2.
- Le référentiel de compétences n’est pas éclairant pour les parents : un autre document d’explicitation était nécessaire (d’où le contrat de progrès).
- perspective à l’entrée en 6ème du DNB, induisant le recours aux évaluations notées.

Leviers :
- Stabilité de l’équipe.
- Difficulté à cumuler l’évaluation par compétences et la notation chiffrée, dans des logiques souvent différentes.
- Politique commune 1er et 2nd degré, l’IEN demandant également aux enseignants du réseau de ne pas noter les élèves au cycle 3.
- Accompagnement par l’équipe de direction de la réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour une application possible de cette expérimentation.
- Au niveau départemental, demande de la part du DASEN d’une mise en œuvre de l’abandon des notes.
- L’évaluation sans note n’a pas été conçue comme un objectif en soi mais comme une partie d’un travail plus global d’école du socle, avec différents outils et une articulation avec le 1er degré.

Les résultats constatés
- Les enseignants impliqués dans cette action ont accédé à une vision plus précise et progressive des élèves.
- Échanges disciplinaires, interdisciplinaires et inter établissements.
- Développement de l’autonomie de l’élève.
- Modification des rapports entre élèves et enseignants par le nécessaire dialogue autour des compétences évaluées.
- Une première année d’expérimentation est insuffisante pour induire en profondeur une évolution des pratiques pédagogiques. Les équipes ont néanmoins perçu le sens d’une telle action.

Éléments d’analyse

Au terme de cette première année, l’expérimentation est suffisamment satisfaisante pour qu’elle soit reconduite. Une deuxième année permettra de lever des difficultés qui sont apparues progressivement, comme le choix d’une évaluation binaire (acquis/non acquis) choisi initialement et apparaissant comme insatisfaisant pour certains professeurs. Cette deuxième année semble également nécessaire pour construire de manière plus satisfaisante des séquences faisant travailler l’élève par tâche complexe, afin d’enseigner par compétences de manière effective. Il semble cependant que l’autonomie de l’élève puisse être encouragée de manière notable par une approche différente du travail et de son évaluation.

Ressources et liens utiles

Des documents complémentaires sur l’espace collaboratif du CARDIE

Une approche thématique et ses ressources : la fiche CARDIE théma

Extrait de ac-caen.fr du Soutien et accompagnement des equipes

Répondre à cet article