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"Ce que l’école devrait enseigner. Pour une révolution de la politique scolaire en France", par Roger-François Gauthier (Dunod, 2014). Un livre très remarqué (Dossier presse)

9 septembre 2014

Ce que l’école devrait enseigner
Pour une révolution de la politique scolaire en France
Roger-François Gauthier
Collection : Hors collection, Dunod
2014 - 144 pages - 140 x 220 mm
EAN13 : 9782100717361 - Prix TTC France 13,90 €

 

Ce que l’école devrait enseigner » de R-G Gauthier (IG et membre du CSP), publié chez Dunod, mérite son sous-titre : « Pour une révolution de la politique scolaire en France ».

[...] Les choix qu’effectue une société sur ce qu’enseigne son école ne sont pas anodins. Selon ce que l’école enseigne ou non, la population passée par cette école n’aura ni les mêmes valeurs, ni les mêmes capacités sociales ou économiques, ni la même vision du monde . Tout est possible, selon ce qu’on veut : une population portant haut des valeurs démocratiques ou au contraire facile à asservir ; une population absorbée dans une compétition entre individus ou laissant au contraire place à la coopération et l’entraide ; une population répartie en castes étanches ou permettant des transitions fluides aux divers âges de la vie… »

Extrait de educspros.fr : Le livre phare de la rentrée en éducation

 

[...] Là aussi quelques idées simples :

• En 2005 c’est bien pour que l’école permette à chacun de bénéficier des savoirs indispensables qu’est instauré le « socle commun », en fin de scolarité obligatoire. Les procès en sorcellerie accusant cette entreprise de viser un SMIC culturel, comme si en droit du travail ne SMIC n’avait pas été une avancée ne sont pas de bonne foi !

• A partir du moment où il y a plus de clarté dans ce qui est attendu de tous les élèves, on peut penser qu’on pourra lutter bien plus efficacement contre les dérives de renoncement à enseigner une partie du curriculum qui sont constatées dans un certain nombre d’établissements. Tout cela sortira d’un cadre inavoué pour être l’objet d’un suivi, d’une aide apportée aux professeurs, et d’une construction sur plusieurs années d’un cycle. Si on pense que, plus que jamais, la diffusion des savoirs et la construction des compétences sont un outil majeur de justice sociale, il ne faut alors tolérer aucune dégradation dans la qualité des menus servis aux élèves. Sauf pour qu’en certains cas ceux des milieux les moins favorisés bénéficient de menus plus riches, d’un frottement plus intense à la culture commune. Ce qui veut dire que la mise en œuvre locale des programmes nationaux est une étape importante, comme une compétence qu’il faudra clairement inscrire à dans l’équipement professionnel des enseignants ;

[...] Pourquoi cela ne se fait pas chez nous ?

Il y a une ancienne tradition en France d’une institution qui se sent responsable d’ « orienter » les élèves, sans trop douter d’elle-même… Le « pourquoi » serait à mieux étudier, mais on peut faire l’hypothèse que l’ombre portée des classes préparatoires aux grandes écoles sur le lycée, classes où précisément les programmes sont imposés, puisqu’il s’agit de programmes de concours, ne donne pas l’idée de la liberté et de la diversité à ce niveau qui sont sans doute un point intéressant des études par exemple au Royaume- Uni.

Une part de la motivation des élèves peut passer par là, mais aussi leur responsabilisation pour des études choisies, de même qu’une moindre hiérarchisation perverse qu’avec les « séries actuelles » entre des choix qui par définition seront plus divers. Cela peut contribuer aussi à décourager l’esprit de caste et les préjugés de supériorité sociaux qui instrumentalisent les savoirs scolaires. « Grec ancien et bureautique », on aura ça quand ?

Extrait de cafepedagogique.net du 08.09.14 : Ce que l’Ecole devrait enseigner : Plaidoyer pour changer l’Ecole

 

Je crois qu’il n’est pas sans intérêt que ce Conseil, mis en place à la suite de la loi de refondation, soit peu à peu connu des enseignants eux-mêmes, car il a pour mission centrale de tirer les programmes d’enseignement hors de ce statut bizarre et tellement français qui fait qu’ils sont à la fois quasi sacrés, et dans une étrange clandestinité : qui les fabrique ? En fonction de quoi ? Qui décide d’en changer ?

Et le problème majeur, c’est que ce sont des questions dont, au fond, l’institution et ses acteurs se moquent ! Faisons-nous les avocats du diable : ce n’est bien sûr jamais dit comme cela, mais, dans les faits, ce que l’école enseigne, est-ce si important ? l’école n’a-t-elle pas d’abord toujours, dans les faits, à sélectionner ? Ceux qui iront dans les meilleurs lycées, puis dans les filières sélectives ?

une perspective radicalement inverse et bien sûr dérangeante
Justement, ce que j’aimerais faire valoir, c’est que ce conseil, qui va produire peu à peu, et dont les acteurs verront peu à peu la logique, est dans une perspective radicalement inverse et bien sûr dérangeante : ce que l’école enseigne est en soi important ! Les questions posées sur les savoirs, sur l’apprentissage de la liberté de penser, sur la définition d’une culture commune, sur ce qui est indispensable à tous, sur le type de profil des élèves en sortie doivent, pour nous, reprendre plus de force que les procédures d’évaluation et de sélection. Ce que les élèves savent a plus de valeur que leurs moyennes !

Extrait de cfdt.fr du 03.03.14 : Roger-François Gauthier : "Ce que les élèves savent a plus d’intérêt que leurs moyennes"

 

Consulter aussi sur touteduc.fr du 07.09.2014 : Roger-François Gauthier propose une "révolution de la politique scolaire en France"

 

[...] Depuis 2005 (loi Fillon) jusqu’à 2013 (loi Peillon), tout le monde est d’accord sur une urgence : il faut réus­sir le socle com­mun de connais­sances, de com­pé­tences et de culture.

Or jusqu’ici on n’y est pas par­venu, pour dif­fé­rents motifs que j’analyse. On ter­gi­verse depuis 2005 ! Le Conseil super­ieur des pro­grammes a pro­duit en juin 2014 un nou­veau pro­jet de socle, comme le lui deman­dait la loi, qui va être sou­mis à une vaste consul­ta­tion. La nou­veauté prin­ci­pale est qu’au lieu de ne par­ler que de connais­sances et de com­pé­tences, il inclut désor­mais la culture, c’est-à-dire le rap­port ins­truit au monde.

Il faut main­te­nant réa­li­ser vrai­ment pour tous les élèves un équi­pe­ment de fin de sco­la­rité obli­ga­toire qui ne soit pas le socle du pauvre, et qui déchaîne chez tous les élèves la moti­va­tion pour apprendre. Il faut faire de l’entrée de tous les élèves dans la Cité l’objectif même de l’école, grâce à l’acquisition d’une culture commune.

Extrait de vousnousils.fr (rubrique "Décryptage")

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