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Lycéens décrocheurs raccrocheurs d’école : propos sur les ZEP

5 octobre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « La Lettre de Prisme » d’octobre 2005 : Lycéens décrocheurs, raccrocheurs d’école

Deux extraits où les ZEP sont citées :

1. Stéphane Beaud : « Les élèves que j’ai rencontrés (les bacheliers professionnels tentant la Fac), ce ne sont pas des décrocheurs... Ils se sont accrochés en LP en serrant les dents, en rongeant leur frein. Comme la majorité d’entre eux n’a pas choisi la plasturgie ou autre chose, ils attendent que ça se passe, jouent le passage, obtiennent le Bac pro et, quand on prépare le Bac pro, on fait des stages en entreprises, c’est pas intéressant, mal payé, et en plus c’est précaire ; donc, on se barre !

On va à la Fac, où c’est un peu plus tranquille. Après, on revient à l’usine, mais c’est une autre histoire... La question des enseignants est une question essentielle. Car, comme vous le savez, et je le déplore, les universités sont coupées de l’IUFM. Ce qui fait que je passe mon temps à dire à mes étudiants de sociologie, ou en histoire : « il n’est pas déshonorant de devenir enseignant » ! Ils veulent tous devenir institutrices en maternelle (les filles), surtout pas enseigner en collège, parce que « c’est de la ZEP, et c’est méchant »... C’est un vrai problème...

Aujourd’hui, si on veut défendre le service public, il faut déjà s’inquiéter des conditions de recrutement. Voyant d’un côté des normaliens ne voulant surtout pas devenir enseignants parce que « c’est caca », de l’autre côté les étudiants ayant peur des sauvageons ou étiquetés tels, je trouve qu’on est mal parti pour le renouvellement des profs de collège... Et personne ne réfléchit à ça : on a égalisé les statuts des profs de collège et d’école, très bien. Mais d’un côté, vous avez un recrutement local et départemental, et aujourd’hui, c’est un problème, les jeunes veulent rester chez eux. Surtout pas aller voir du pays... C’est chez eux, près de papa maman, il y a un repli sur le territoire qui est extraordinaire, et le ministère ne fait rien. Le seul effet bénéfique, c’est ERASMUS : des étudiants vendéens en socio, qui vont un an à Copenhague, à Barcelone, reviennent avec d’autres dispositions. Ils sont prêts à aller n’importe où, et même à être profs de ZEP à Grenoble... »

(...)

2. Madame M., conseillère d’orientation-psychologue à Nantes, travaille en ZEP en lien avec un professeur de français, à partir de textes d’Annie ERNAUX (« Les armoires vides ») et de Nathalie Sarraute a priori difficiles. Elle note « la grande jubilation des élèves à entrer dans ces textes », car « on les considère enfin capables de comprendre des textes plus difficiles que ceux qu’on leur propose d’habitude. Ils ne sont plus seulement ceux qui s’insultent dans les couloirs ».

Stéphane Beaud renvoie à la chronique de Catherine Henri dans « Le Monde de l’Education ». Quand ils participent au Goncourt des lycéens, « les élèves se prennent au jeu ». Et « les écrivains qui relatent leur expérience personnelle touchent les jeunes ».

(...)

(Une remarquable bibliographie termine ce dossier)

Une brochure de l’Inspection académique de la Sarthe sur le site du CAREP de Versailles

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