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Le rapport de Salima Saa, présidente de l’Acsé, sur la relance de l’ascenseur social par l’enseignement supérieur

22 mars 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Laurent Wauquiez s’est rendu le mardi 20 mars au Conservatoire national des arts et métiers pour signer le contrat triennal entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le CNAM. Salima Saa, présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (A.C.S.E.), lui a remis à cette occasion son rapport sur la relance de l’ascenseur social par l’enseignement supérieur.

[...] Elle a été accompagnée de Claude Boichot, inspecteur général de l’Education nationale, correspondant de la médiatrice de Paris et auteur du rapport de 2009 sur les C.P.G.E., et excellent connaisseur de ces questions.

Le rapport salue les efforts importants réalisés ces dernières années pour ouvrir l’enseignement supérieur aux classes moyennes et défavorisées, notamment l’augmentation des bourses, la construction de logements, le renforcement de l’information sur l’orientation au lycée, et la réforme de la licence.

Il souligne également le rôle positif de dispositifs innovants comme les cordées de la Réussite, qui ont bénéficié à près de 50 000 jeunes dans plus de 2000 établissements, ou les internats d’excellence.
Le rapport insiste également sur la puissance du phénomène d’autocensure dont font preuve les jeunes issus d’un milieu modeste ou défavorisé, avec une composante territoriale affectant particulièrement les zones d’habitat rural.

Il préconise de consolider les dispositifs innovants, comme les cordées de la réussite, les internats d’excellence ou les passerelles entre différents cycles de formation, et de les généraliser sur l’ensemble du territoire, notamment dans les zones rurales.

Par ailleurs, il contient plusieurs propositions innovantes et susceptibles de faire évoluer les mentalités, parmi lesquelles :

Pour vaincre l’autocensure grâce à l’accompagnement personnalisé :

- Rapprocher les lycées des établissements de l’enseignement supérieur, en organisant notamment des journées de visite sur site (sur le modèle des "Campus visit" américains)
- Mettre en place dans tous les établissements, un "réseau des anciens" actifs via les moyens actualisés des réseaux sociaux.

Pour faciliter l’accès des classes moyennes et défavorisées aux classes préparatoires :

- Repérer les lycées à faible émergence de candidatures en C.P.G.E. pour en analyser les causes :
- Proposer un accompagnement et un partenariat renforcé de l’établissement par un lycée à C.P.G.E.
- Intégrer de manière prioritaire l’établissement dans une Cordée de la réussite.

Accompagner les élèves issus de milieux défavorisés dès le début de la CPGE.

- Systématiser les prérentrées (à partir du 20 août) pour les élèves boursiers.

Réformer les concours

- Mettre en place une épreuve de culture générale sur programme afin de réduire l’effet ségrégatif de cette épreuve.

Développer les aides à destination des classes moyennes

- Instaurer un paiement des frais de scolarité après les études supérieures, comme l’avait proposé la Conférence des grandes écoles.

Le ministre a souligné que les propositions du rapport s’inscrivaient dans le prolongement des actions engagées depuis cinq ans. Elles donnent des orientations pour consolider, généraliser les dispositifs, en intégrant deux dimensions insuffisamment prises en compte : celle de l’autocensure et des territoires ruraux.

Il a rappelé que l’objectif était de favoriser une prise de conscience et de favoriser l’appropriation des dispositifs d’équité sociale et territoriale par les acteurs de l’enseignement supérieur.

Salima Saa a déclaré : "nous espérons que ce rapport permettra à l’école de la République et à ses acteurs de se mobiliser sans plus attendre, pour permettre de répondre à cet enjeu majeur pour l’avenir de notre pays qu’est l’ouverture sociale. Des mesures sont proposées aujourd’hui, autant de pistes d’actions pour inverser la tendance et permettre à un plus grand nombre de jeunes de réussir dans ses ambitions et à La République de tenir ses engagements : offrir une chance à tous".

Extrait du site de l’enseignement supérieur du 20.03.12 : Remise du rapport de Salima Saa

 

Ces propositions sont contestées. En effet , les Cordées de la réussite , initialement lancées pour accompagner les élèves défavorisés assistent maintenant une majorité de jeunes non défavorisés. Enfin le thème de l’autocensure des démunis est largement critiqué par le sociologue Sylvain Broccolichi. Dans un entretien publié le 8 décembre 2011, il nous confiait que ce "manque d’ambition" est en fait justifié par les résultats finaux de ces orientations. Ainsi en CPGE, "ils ont de bonnes raisons d’hésiter à y aller ! On peut le dire quand on regarde le résultat final et leurs chances réelles de réussite compte tenu de leurs conditions d’apprentissage. Ce sont elles qui sont fondamentalement en jeu. Apparemment il y a beaucoup de raisons de se boucher les yeux et d’éviter de se demander ce qui conditionne les apprentissages des élèves, ce qui se joue dans la classe. "

Article Broccolichi

Extrait de cafépedagogique.net du 21.03.12 : Le rapport Saa sur l’accès au supérieur

&nbsp :

Présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), Salima Saa a remis ce mardi 20 mars son rapport sur « l’ouverture sociale dans l’enseignement supérieur ». Il lui avait été commandé un mois plus tôt par le ministre Laurent Wauquiez. Passant en revue les dispositifs mis en œuvre depuis plus de dix ans, ce rapport propose 18 mesures pour « promouvoir l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur ». Parmi elles : inscrire la politique d’équité sociale dans le Code de l’Education ou encore modifier les concours aux grandes écoles avec l’introduction d’une épreuve de culture générale sur programme.

Lire l’interview de Salima Saa par Educpros du 21.03.12 : Salima Saa : "Une épreuve de culture générale sur programme limiterait son effet ségrégatif"

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