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Les banlieues, oubliées de la présidentielle (dossier). Six associations d’élus proposent de pérenniser les dédoublements EN REP+ et REP et de généraliser les cités éducatives à tous les Qpv (Les Echos)

29 mars

Présidentielle : les élus locaux tentent d’imposer la politique de la ville dans la campagne
Six d’associations d’élus locaux interpellent ce lundi les candidats à l’Elysée sur la politique à destination des quartiers défavorisés, un thème passé sous les radars pour l’instant dans les débats.

« Grâce à la mobilisation des maires, des progrès significatifs ont été accomplis et obtenus ces dernières années », jugent les associations d’élus.

C’est l’un des angles morts de cette campagne présidentielle. Jusqu’ici, la politique de la ville - qui est tournée vers les quartiers les plus défavorisés - n’est jamais arrivée sur le devant de la scène. A moins de deux semaines du premier tour, six associations d’élus, dont Villes & Banlieue, l’Association des maires de France et France urbaine, tentent de corriger cet oubli en interpellant ensemble les candidats ce lundi. Hasard du calendrier, le grand favori des sondages, Emmanuel Macron, commence sa semaine par un déplacement à Dijon dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV).

« Grâce à la mobilisation des maires, des progrès significatifs ont été accomplis et obtenus ces dernières années […] Mais il s’agit désormais d’aller plus loin et de faire plus et mieux », écrivent les élus locaux dans une contribution commune listant leurs nombreuses propositions qu’ont pu consulter « Les Echos ».

[...] Généraliser les cités éducatives
« L’engagement de flécher 1 % des crédits du plan de relance [d’un montant total de 100 milliards d’euros, NDLR] a été atteint et même largement dépassé puisque 2,4 milliards d’euros ont été engagés au bénéfice des populations de ces territoires », s’était félicité le gouvernement un an plus tard à l’occasion d’un nouveau comité interministériel.

Parmi les mesures « qui marchent », les associations d’élus proposent notamment de pérenniser le dédoublement des classes en réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP +) ou de généraliser le dispositif des cités éducatives à tous les QPV. Il serait aussi pertinent, selon elles, d’« affecter les professeurs les plus aguerris et formés auprès des jeunes des quartiers populaires ».

Extrait de lesechos.fr du

 

Présidentielle 2022 : les quartiers populaires, oubliés de la campagne
La question des banlieues, stigmatisées à droite, absentes des discours à gauche, est reléguée au second plan, déplorent élus et associations. Jean-Louis Borloo lance une « alarme ».

Il n’a jamais commenté publiquement la séquence, jamais reparlé ouvertement de son « plan » pour les quartiers populaires, présenté au président de la République Emmanuel Macron, en mai 2018, et balayé aussitôt par ce dernier. Quatre années se sont écoulées et Jean-Louis Borloo a pris la plume pour parler de la France, poser son diagnostic sur la situation du pays et appeler à une remobilisation nationale. Notamment en faveur des banlieues.

Dans « L’Alarme », un texte de 92 pages en forme de manifeste publié le 25 mars en ligne, il regrette le temps des « coalitions » et des « branle-bas de combat », et propose un pacte de « réconciliation nationale » avec les 10 millions « d’oubliés ». « Six millions d’habitants vivent dans 1 200 quartiers “Politique de la Ville” ou “prioritaires”, dans une forme de relégation, d’amnésie de la nation, réveillée de temps à autre par quelques faits divers, écrit-il. Au total, avec les départements et territoires d’outre-mer et les zones rurales en grand déclassement, ce sont près de dix millions de nos concitoyens qui ne sont plus réellement dans un schéma d’espérance. Attention, il y a danger. » Il plaide à nouveau pour « un plan massif, immédiat, avec une efficacité mesurable ».

Comment interpeller les candidats ?
Si l’ancien ministre de la ville de Jacques Chirac appelle à « un nouveau souffle » et alerte sur ces « fragilités nationales », les candidats à l’élection présidentielle peinent à se saisir du sujet. Les quartiers populaires et leurs habitants sont jusqu’à présent les grands perdants de cette campagne. Ils sont au cœur des discours des candidats de droite, sans cesse stigmatisés, montrés du doigt. Ils sont en revanche absents des discours des prétendants de gauche, comme oubliés, négligés. Quant au président candidat Emmanuel Macron, il se rend, lundi 28 mars, à Dijon, pour parler jeunesse, formation professionnelle et politique de la ville. Pour présenter son programme, le 17 mars, il avait choisi les Docks de Paris, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), il n’avait pourtant pas dit un mot sur les banlieues.

Extrait de lemonde.fr du 28.03.22

 

"C’est le bordel" : Jean-Louis Borloo sonne l’alarme sur la "désorganisation absolue en France"
Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo a dénoncé le "bordel" en France à cause de la désorganisation des services et des collectivités, notamment.
Jean-Louis Borloo sonne "L’Alarme". C’est le manifeste que l’ancien ministre et député-maire de Valenciennes lance pour alerter sur la désorganisation de l’action publique en France, à quelques jours de l’élection présidentielle (10 et 24 avril). "Il y a des tas de choses qui marchent très, très bien. Sauf que ce qui ne marche plus, c’est ce qui fait qu’on fait maison commune et nation. Je ne suis pas du tout un décliniste, je suis plein d’espoir. Quand on analyse les choses, on se rend compte qu’on est dans une désorganisation absolue. Et on s’habitude", déplore Jean-Louis Borloo dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story.

Et la liste est longue. "On s’habitue à être condamné pour la dixième fois pour traitement indigne dans nos prisons. On s’habitue à voir des profs qui sont en première ligne, parfois dans une situation épouvantable. On s’habitude à voir une justice qui est épuisée, les pauvres magistrats savent l’état de nos prisons quand ils doivent décider. On s’habitude à ce que notre parc nucléaire soit à moins de 60% de ses capacités. On s’habitude à avoir 1 million de personnes sur notre territoire qui n’ont plus de projets, qui sont sans droits, déboutés… Et on fait quoi ? On s’habitue."

Extrait de bfmtv.com du 28.03.22

 

« Il faudra bien commencer un jour à défaire les ghettos suburbains »
TRIBUNE
Valérie Gernigon
Présidente du comité d’un quartier de Montpellier
Christophe Gernigon
Enseignant-chercheur

La question « des quartiers », qui vivent un recul des mixités, une montée des communautarismes et le rejet des institutions, n’est pas évoquée durant cette campagne présidentielle, regrettent Valérie Gernigon, élue locale à Montpellier, et Christophe Gernigon, universitaire, dans une tribune au « Monde
Tribune. Le pitoyable rappel à la rescousse d’une marque de nettoyeurs à haute pression bien connue masque difficilement le vide sidéral qui entoure la question dite « des quartiers » dans cette campagne électorale. Le citoyen-électeur est pourtant loin d’être insensible à l’accentuation des fléaux qui a accompagné la ghettoïsation suburbaine : recul des mixités, échec scolaire, chômage, paupérisation, trafics en tout genre, communautarismes, incivilités, violences, rejet des institutions, etc.

Les ghettos suburbains ont mis soixante ans à se construire tels que nous les connaissons, poussés par la conjugaison complexe de forces spontanées telles que le rejet de l’autre différent et l’inclination au regroupement avec ses semblables, et de choix urbanistiques au mieux complaisants à l’égard de ces forces auto-organisatrices, au pire sciemment amplificateurs de celles-ci. Si défaire ces ghettos peut prendre autant de temps, il faudra bien commencer un jour, sauf à considérer avec résignation qu’il s’agit là de pure utopie ou à reporter le chantier sur les générations futures. Mais, in fine, résignation et lâcheté politiques ne pourront que contribuer lentement mais sûrement à l’avènement d’une société ségréguée à l’extrême, ressemblant à celle de Soleil vert, la célèbre dystopie de Harry Harrison [Presses de la Cité, 1974]. L’accueil réservé en 2018 par notre actuel président de la République au rapport de Jean-Louis Borloo sur le Vivre ensemble, vivre en grand la République, pour une réconciliation nationale [il l’a récusé] relevait-il de la résignation ou de la lâcheté ? Il est vrai que des initiatives ambitieuses, telles que le Programme national de rénovation urbaine, lancé en 2003 par le même Jean-Louis Borloo [alors ministre délégué à la ville], n’ont pratiquement pas eu d’impact sur les concentrations de populations.

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Changer de braquet
Il devient urgent de changer de braquet par une politique de la ville volontariste. Ce volontarisme n’a rien à voir avec les velléités nettoyeuses de droite et d’extrême droite qui font davantage penser aux sinistres « dégageuses » de Soleil vert. Le volontarisme dont il est ici question réclame du courage politique, car reposant sur une valeur peu compatible avec le clientélisme : l’abnégation. On ne peut s’engager à défaire les ghettos sans déplaire ni accepter la frustration, pour un édile, de ne pouvoir observer les résultats de son action en cours de mandature. La spontanéité des tendances ségrégationnistes réclame de contraindre la répartition des différentes catégories socio-économiques au sein des métropoles. Par exemple, en dupliquant au niveau intra-urbain le principe de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain (SRU), qui oblige les communes à disposer de 25 % de logements sociaux. Si l’arsenal incitatif de la SRU repose sur des amendes pour les communes récalcitrantes, celui des métropoles consisterait à jouer par quartier sur la fiscalité locale. Une autre mesure propice à la mixité sociale serait d’unifier le loyer au mètre carré des logements sociaux sur la totalité d’une métropole.

Extrait de lemonde.fr du 28.03.22

 

Ile-de-France : « Les millions d’habitants des quartiers populaires et de la banlieue n’intéressent pas les candidats »
Maire d’Evry-Courcouronnes (Essonne) et président de l’association des maires d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet a signé voici deux mois une tribune avec une centaine de ses homologues franciliens. Il y demandait aux candidats à la présidentielle de présenter leurs mesures pour les quartiers prioritaires. Il regrette aussi que les propositions n’aient même pas été écoutées.

Il n’en fait pas une affaire de parti. « Il faut des propositions concrètes pour la banlieue, c’est urgent et vital pour les quartiers populaires, et nous pensons tous la même chose, que ce soit Philippe Rio (maire
PC de Grigny), moi, ou tous les autres signataires », annonce Stéphane Beaudet maire sans étiquette (mais ancien LR) d’Évry-Courcouronnes. Et fin janvier, sous l’impulsion de l’association des maires d’Île-de-France (Amif) qu’il préside et de l’association des maires Ville & Banlieue, 103 élus ont signé une tribune appelant les candidats à l’élection présidentielle à proposer des solutions pour les banlieues. Les édiles franciliens ont également apporté des mesures qu’ils étaient prêts à présenter aux candidats.

Extrait de leparisien.fr du 28.3.22

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