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Immersion dans le monde des sans-abri, ses codes et sa morale (The conversation)

9 février

Immersion dans le monde des sans-abri, ses codes et sa morale
Auteur
Thibaut Besozzi
Docteur en sociologie, LIR3S, Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC)

« SDF », « sans-abri », « punks à chien », « zonards », « clochards »… quels que soient les termes employés pour les désignés – qui renvoient d’ailleurs à des réalités parfois très différentes – ils arpentent les rues des centres urbains, mendient assis sur le trottoir, se réunissent aux abords des gares et des centres commerciaux et suscitent tantôt la crainte, tantôt la pitié des passants qui circulent autour.

Pour y voir plus clair à leur sujet, il faut se départir des idées reçues qu’on pourrait avoir à leur sujet et tenter d’analyser de l’intérieur les manières de survivre quand on n’a pas ou plus de domicile à soi.

En me présentant comme écrivain et en sympathisant avec les gens de la rue, j’ai passé 8 mois en immersion dans le monde des sans-abri à Nancy, de septembre 2017 à avril 2018. C’est ainsi que j’ai participé à leurs activités quotidiennes (manche, sociabilité de groupe, consommations, usage des services sociaux…), fréquenté les lieux qu’ils fréquentent (places, parkings souterrains, squats…) et identifié les logiques collectives qui régulent leur vie quotidienne dans cette ville moyenne française.

Il ressort alors que loin d’être « désocialisés », les gens de la rue s’inscrivent plutôt dans une « socialisation marginalisée », et attestent de codes, valeurs et règles morales qui incitent à ne pas penser l’expérience de la rue comme une « jungle » où régnerait la loi du plus fort.

Extrait de theconversation.com du 07.02.22

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