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"Repenser la pauvreté" (2014) : le prix Nobel d’économie 2019 pour trois économistes dont la Française Esther Duflo

25 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Esther Duflo, un choix inédit pour le Nobel d’économie 2019

La chercheuse française est colauréate avec les américains Abhijit Banerjee et Michael Kremer, tous trois récompensés pour leurs expériences de terrain dans la lutte contre la pauvreté. Elle est la plus jeune et la deuxième femme jamais récompensée.

(...) Les deux premiers, mari et femme à la ville, ont cofondé le J-PAL en 2003, au Massachusetts Institute of Technology (MIT) ; le troisième, Michael Kremer, ancien du MIT aujourd’hui à Harvard, a publié, en 2004, un article marquant dans la revue Econometrica, où il utilisait une méthode banale de la recherche médicale, « l’évaluation par échantillonnage aléatoire » (randomized controlled trials, RCT), pour évaluer l’impact de l’administration d’un médicament à des enfants kényans sur… leur fréquentation scolaire. Le principe de la RCT est d’évaluer l’efficacité d’un traitement en comparant la situation d’un échantillon de population « traitée », dite « population test », à celle d’une population non traitée, dite « population témoin » ou « groupe de contrôle ».

La méthode n’est en fait pas nouvelle en sciences sociales : elle a été utilisée dans les années 1960, pour évaluer les effets des mesures de la « guerre à la pauvreté » du président Lyndon B. Johnson à travers des expériences de ce type menées dans le New Jersey, mais aussi dans le domaine de l’éducation. Puis elle était tombée en désuétude, les économistes préférant baser leurs prescriptions sur des modélisations mathématisées à partir de statistiques – y compris la modélisation des comportements humains – plutôt que sur des expériences de terrain.

Extrait de lemonde.fr du 15.10.19

 

Sciences humaines
Repenser la pauvreté
Esther Duflo
Abhijit V. Banerjee

Traduit par : Julie Maistre
Seuil, 2014

Près d’un milliard de personnes vivent avec moins de un dollar par jour. Les politiques destinées à lutter contre la pauvreté semblent souvent incapables d’améliorer leurs conditions de vie. Cet échec pourrait-il être dû aux failles des théories qui sous-tendent ces programmes plutôt qu’au caractère écrasant de la tâche ?

C’est cette hypothèse que défend cet ouvrage. Les experts ont pris l’habitude de décider à la place des pauvres de ce qui est bon pour eux sans prendre la peine de les consulter. Abhijit V. Banerjee et Esther Duflo ont initié la démarche inverse. Plutôt que de s’interroger sur la cause ultime de la pauvreté, ils se sont intéressés aux choix qu’opèrent les pauvres en matière de consommation, de mode de vie et d’éducation afin de tester expérimentalement l’efficacité des méthodes préconisées pour améliorer leur sort. Faut-il subventionner les denrées de base ou privilégier les transferts sociaux ? Vaut-il mieux donner ou vendre les moustiquaires qui protègent du paludisme ? La microfinance est-elle le remède espéré pour sortir des « pièges de pauvreté » ?

À distance des réflexes partisans, ce livre aborde ainsi le défi du combat contre la pauvreté comme une série de problèmes concrets qui, une fois correctement identifiés et compris, peuvent être résolus un à un.

Abhijit V. Banerjee et Esther Duflo, tous deux professeurs d’économie au MIT, ont cofondé et codirigent J-PAL, laboratoire d’action contre la pauvreté, dont les bureaux sont à Boston, au Cap, à Santiago du Chili, à Chennai (Madras) et à Paris. Esther Duflo fut la première titulaire de la chaire « Savoirs contre pauvreté » au Collège de France.

Extrait de seuil.com

 

Premiers de cordée", "pognon de dingue" : pour la prix Nobel Esther Duflo, les propos d’Emmanuel Macron risquent "de rendre les pauvres coupables de leur propre sort"

Selon Esther Duflo, le discours d’Emmanuel Macron peut "terroriser ceux qui ne sont pas pauvres aujourd’hui et qui se disent que peut-être un jour ils le seront".

Extrait de francetvinfo du 16.10.19

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