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Protestations d’enseignants sur la situation scolaire en Seine-Saint-Denis

12 octobre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Parisien » du 07.10.04 : des profs du « 93 » sont inquiets

Les profs toujours inquiets

L’inquiétude était sur toutes les lèvres mardi soir à la Bourse du travail de Saint-Denis. Réunis à l’appel des enseignants du lycée Suger de Saint-Denis, une trentaine de professeurs venus de dix établissements ont dressé un état des lieux pessimiste de la rentrée en Seine-Saint-Denis. A l’issue de la réunion, une pétition-manifeste a été réalisée par les enseignants mécontents, qui ont décidé de recenser les doléances sur un site Internet.

Au cœur des préoccupations, les classes surchargées.

Les « divisions de plus de 30 élèves en terminales », qui ont motivé une grève de trois jours en septembre au lycée Suger, ont trouvé un écho dans d’autres établissements. « Nous avons plusieurs secondes à 34, des premières STT à plus de 35 et toutes nos terminales ont plus de 30 élèves », assure une prof d’italien du lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers. Même son de cloche du côté des lycées Blanqui à Saint-Ouen ou Paul-Eluard à Saint-Denis.

« Pire qu’avant le plan de rattrapage de 1998 »

D’autres se distinguent dans ce triste palmarès. « Nos classes de BEP sanitaire et social sont passées de 24 à 30 élèves. La situation est devenue ingérable », déplore Eric Finot, professeur de français et d’histoire-géo au lycée Delacroix de Drancy. « Même les bébés en plastique utilisés par les élèves commencent à s’user ! », ironise-t-il. Au collège Fabien de Saint-Denis, les classes débordent aussi malgré un classement en ZEP. « Théoriquement, nous avons une capacité de 700 élèves, nous en accueillons 860 », fulmine Mannoubi Slim, prof de maths, qui évoque une situation « pire qu’avant le plan de rattrapage de 1998 ».
« Toutes les classes sont à 23 ou 24 élèves, même les 6èmes. C’est la rentrée la plus catastrophique depuis belle lurette ! », s’indigne l’enseignant. Ce sentiment d’une situation qui empire depuis la fin du plan de rattrapage en 2000 - où pas moins de 3 000 postes supplémentaires, dont plus de 1 900 enseignants, avaient été accordés au 93 - n’est pas partagé par l’inspecteur d’académie, Jean-Charles Ringard. « Il est faux de parler d’un retour en arrière ! Au contraire, plus de 550 postes ont été créés ces quatre dernières rentrées dans le 1er et le 2d degré ! ». Avec des moyennes de 25 élèves par classe en maternelle, 23 en élémentaire et en collège, 27 en lycée général et 20 en lycée professionnel, « le sureffectif n’existe pas », insiste Jean-Charles Ringard, qui reconnaît pourtant que « les effectifs de certaines classes sont au seuil de la capacité théorique ». Dénonçant une « surorientation vers l’enseignement professionnel et technologique », l’inspecteur met en avant « le manque de locaux, qui limite la marge de manœuvre quand on veut augmenter la capacité d’accueil comme dans les carrières sanitaires et sociales ».

*Site Internet : http://doleances.educatives.free.fr

Marjorie Corcier.

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