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Tenir la classe ou faire apprendre les élèves ? Des perspectives de collégiens sur l’action conjointe des enseignants et des élèves, Marie-Sylvie Claude et Patrick Rayou, Education & didactique 2018/3

27 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Tenir la classe ou faire apprendre les élèves ?
Des perspectives de collégiens sur l’action conjointe des enseignants et des élèves

Marie-Sylvie Claude et Patrick Rayou
Dans Education & didactique 2018/3 (Vol. 12), pages 125 à 142

Cet article tente d’explorer un aspect souvent peu investigué de la façon dont se construisent les situations de classe en prenant en compte les perspectives des élèves sur ce qui les fait ou non tenir. Il s’inscrit pour cela dans un cadre interactionniste qui aide à expliciter les enjeux de l’école en termes de justesse des savoirs apportés mais aussi de justice des relations entre élèves et adultes. Il sollicite également un point de vue didactique qui fixe les conditions à remplir pour que l’action des enseignants et des apprenants soit conjointe.
La méthodologie de l’enquête consiste en une confrontation enregistrée d’une cinquantaine de collégiens d’établissements socialement contrastés à des vidéos de cours faits par une enseignante de français et un enseignant de mathématiques à une même classe de 3e. Les succès apparemment divers de l’un et de l’autre sont une incitation à obtenir de la part des enquêtés des explications des raisons de ce qui leur semble ou non la réussite de l’action de l’un et de l’autre auprès de leurs collégiens. Le traitement des réponses des élèves permet de proposer une typologie qui tient compte tout autant des enjeux de savoir que des façons de traiter les élèves. Le modèle de l’enseignant qui contraint pour faire son cours et de celui qui enrôle pour faire grandir par les savoirs sont également admissibles pour autant que les enseignants se tiennent à l’un ou à l’autre de façon cohérente.

Extrait de cairn.info

 

Tenir la classe ou faire apprendre les élèves ?
Qu’est ce qui tient la classe : des savoirs exigeants, une approche bienveillante , une autorité sans faille ? Marie Sylvie Claude et Patrick Rayou interrogent des élèves sur des vidéos de cours dans un article de Education & didactique (2018/3). Leur analyse est percutante. "En situation de grande insécurité, les élèves peuvent faire pression pour rester dans les régimes les moins exigeants de ces registres. Ils apprécieront donc des enseignants qui se contentent de dérouler un cours sans surprise en garantissant, par une discipline rigoureuse, une paix qui permet d’être et de demeurer dans la forme scolaire. Si, au contraire, ils estiment que les enseignants sont supérieurs par le savoir, mais proches par le respect qu’ils leur portent, ils acceptent alors d’entrer dans des apprentissages qui exigent davantage d’eux et les émancipent. La paix de la classe n’est plus alors la seule absence de guerre qu’autorise un.e enseignant.e qui s’impose, mais la condition librement consentie d’un développement personnel...
Les enjeux de savoir apparaissent en effet assez vite et de façon insistante dans ces propos d’élèves qui n’attendent des adultes pas tant une bienveillance protectrice qu’une considération prenant simultanément en compte leur personne, ce qu’ils sont capables de faire et là où il faut les amener. Ils incitent ce faisant à regarder, par-delà les statuts de maîtres et d’élèves, les processus complexes qui tissent à l’école les logiques de savoir, leur signification culturelle et sociale, les tensions identitaires auxquelles elles donnent lieu, en particulier chez des adolescents".

Voir le commentaire de cafepédagogique.nt du 19.06.19

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