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Violences scolaires : la mission du député Stéphane Testé (avec Agnès Lebrun et Béatrice Gille)

21 novembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Violence scolaire : Avec la mission Testé, le gouvernement choisit l’idéologie
Le 17 novembre, Edouard Philippe a chargé le député LREM Stéphane Testé d’une mission temporaire sur "la protection de l’école". S Testé , Agnès Le Brun (maire de Morlaix) et Béatrice Gille (rectrice d’Occitanie) doivent remettre un rapport début décembre sur ce sujet. Si le délai est aussi court c’est qu’en fait la lettre de mission de S Testé donne les réponses à la question posée. Le gouvernement est parti pour les mesures habituelles qui ne servent à rien.

Selon la lettre de mission de S Testé, que le Café pédagogique s’est procurée, la mission doit faire des propositions sur "la responsabilisation des familles et l’accompagnement à la parentalité pour prévenir les violences, l’ensemble des comportements inadaptés ou encore l’absentéisme scolaire". Elle doit identifier "des réponses concrètes à la situation des élèves hautement perturbateurs du 1er degré et celle des élèves du 2d degré exclus à plusieurs reprises et en particulier la mise en place de structures éducatives ad hoc pour les accueillir temporairement".

Les pistes de la lettre de mission rappellent d’autres discours. "L’absentéisme scolaire est un fléau. La responsabilité des parents doit être engagée, les sanctions en matière d’allocations familiales doivent être effectives, les jeunes qui ne peuvent pas suivre une scolarité normale seront placés dans des établissements adaptés où ils ne perturberont plus la vie des autres et où ils feront l’objet d’un accompagnement spécifique". Ou encore : "Certains élèves ne se plient pas aux règles. Je ne me déroberai pas. Ces élèves particulièrement perturbateurs pourront être sortis de la classe. Il ne s’agit pas de les exclure. Il s’agit de les placer dans des structures adaptées, aussi longtemps que nécessaire… Qui pourrait nier que certains parents n’assument pas leurs responsabilités au point de mettre leur propre enfant en danger ? Eh bien, dans les cas les plus flagrants, nous devons aller jusqu’à rendre effectives les sanctions en matière d’allocations familiales". Le premier discours est tenu par N Sarkozy le 24 mars 2010, le second par L Chatel le 8 avril. Le génie de Luc Chatel sera justement de sortir du discours idéologique et de confier à Eric Debarbieux la construction d ’une vraie politique de lutte contre la violence scolaire qui sera poursuivie après 2012.

Nous voilà donc revenus 10 années en arrière. La "responsabilisation des familles" est uen vieille idée de droite. E Ciotti a déposé le 29 aout 2018 une proposition de loi pour la suppression des allocations familiales pour les élèves absentéistes et le 7 novembre une autre demandant la même peine pour les élèves ayant "un comportement irrespectueux". Cette mesure est totalement inefficace. La preuve en est donnée depuis des années en Angleterre où les mesures de responsabilisation vont jusqu’à des peines de prison pour les parents. L’absentéisme n’y a pas reculé . Loi aggrave encore la situation de certaines familles ce qui pousse davantage à l’absentéisme ou la violence. Quant à la seconde proposition, les structures de mises à l’écart , on a là aussi une longue histoire, des colonies scolaires aux maisons de redressement. Ce n’est pas par hasard qu’elles ont disparu. Tenter de les ressusciter constitue un véritable défi au projet éducatif et au projet républicain. Le premier repose sur le principe d’éducabilité. Revenir sur ce principe c’est plonger l’Ecole dans un gouffre. Le second repose sur le principe de l’égalité des droits. Or c’est bien instituer la ségrégation sociale que décider la mise à l’écart d’une partie de la jeunesse. L’histoire apprend aussi que ces structure sont un cout qui bloque bien vite les projets gouvernementaux.

Sans aucune imagination, E Philippe reprend donc les vieilles recettes populistes de la droite. C’est apparemment plus facile que de créer dans les écoles l’encadrement humain qui permette d’enseigner dans la tranquillité.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 20.11.18 : Violence scolaire : Avec la mission Testé, le gouvernement choisit l’idéologie

 

Violences scolaires : la mission du député Stéphane Testé

Au JO du 17 novembre, un décret (ici) charge le député Stéphane Testé "d’une mission temporaire ayant pour objet la protection de l’école". Il devra remettre au Premier ministre ses propositions dans quelques jours, "au début du mois de décembre" et elles porteront sur

"- la sécurisation des abords des établissements, par un renforcement des liens avec les forces de l’ordre et les collectivités territoriales ;

- la responsabilisation des familles et l’accompagnement à la parentalité, pour prévenir les violences, les incivilités, l’ensemble des comportements inadaptés ou encore l’absentéisme scolaire et renforcer les liens entre l’école et la famille ;

- l’identification de réponses concrètes à la situation des élèves hautement perturbateurs du premier degré et celle des élèves du second degré exclus à plusieurs reprises, et en particulier la mise en place de structure ad hoc pour les accueillir temporairement."

Le député, ancien directeur d’école à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) mènera cette enquête "conjointement avec Madame Agnès Le Brun, maire de Morlaix et Madame Béatrice Gille, rectrice de la région académique d’Occitanie", et il pourra s’appuyer sur Hubert Schmidt, IGAENR, "qui coordonnera l’ensemble des contributions destinées à nourrir le plan d’action gouvernemental".

Cette mission avait été annoncée par Jean-Michel Blanquer le 31 octobre, en réaction à à l’agression d’une enseignante du lycée Branly de Créteil (voir ToutEduc ici)

Extrait de touteduc.fr du 20.11.18 : Violences scolaires : la mission du député Stéphane Testé

 

Note du QZ : Rappelons que Béatrice Gille est la co-auteure avec Anne Armand d’un important rapport sur l’éducation prioritaire, octobre 2006
Rapport Armand-Gille. La contribution de l’éducation prioritaire à l’égalité des chances des élèves" (octobre 2006)

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