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La forte baisse du redoublement profite davantage aux milieux favorisés (Note d’information DEPP)

10 novembre 2014

Forte baisse du redoublement : un impact positif sur la réussite des élèves
Note d’information - DEPP - N° 36 - novembre 2014
Auteurs : Xavier Sorbe, Jean-Pierre Mattenet, DEPP-B

La pratique du redoublement a considérablement diminué au cours des vingt dernières années. La baisse concerne tous les niveaux et résulte d’une politique mise en œuvre dans toutes les académies. Cette politique a eu un effet positif sur la fluidité des parcours des élèves et leur réussite aux examens, mais cette évolution profite davantage aux milieux favorisés. À l’échelle internationale, la France demeure l’un des pays où le retard est le plus important et où la discrimination en fonction de l’origine sociale est la plus forte.

Une évolution néanmoins très contrastée selon les catégories socioprofessionnelles
Dans les écoles et établissements du réseau Éclair (écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite), les familles défavorisées sont surreprésentées et les taux de redoublement nettement plus élevés qu’ailleurs. Les enfants d’ouvriers et d’inactifs représentent 72,8 % des élèves, alors qu’ils sont 34,3 % hors éducation prioritaire. Or, 20% des élèves issus des écoles Éclair entrent en sixième avec au moins un an de retard, alors qu’ils sont 11,3 % hors éducation prioritaire (FIGURE 4)
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De façon générale,le taux de redoublement reste très corrélé à la CSP (catégorie socioprofessionnelle) de la famille de l’élève. Les écarts entre CSP, déjà visibles à la fin de l’école primaire, ont tendance à se renforcer au collège. Les élèves des catégories les plus favorisées redoublent nettement moins que les autres (FIGURE 5)
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La politique de baisse du redoublement ne produit pas les mêmes effets selon le milieu. Par exemple, la part d’élève en retard en fin de collège chez les enfants d’ouvriers non qualifiés a diminué d’un tiers en dix ans, pendant qu’elle a été divisée par deux chez les enfants de cadres (FIGURE 6)
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Une position singulière à l’échelle internationale
[...] La France est néanmoins un des pays où le taux de redoublement a le plus diminué depuis dix ans. Cependant, elle apparaît comme un pays où les discriminations liées à l’origine sociale demeurent très prégnantes.
Ainsi, selon la même enquête, on s’aperçoit qu’en France, à niveau de compétence égal en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences, un élève issu d’un milieu défavorisé est deux fois plus susceptible d’avoir redoublé qu’un élève de milieu favorisé.
Selon cette étude, outre qu’il ne permet pas de lutter contre l’échec scolaire, le redoublement accentue les inégalités du système.

Forte baisse du redoublement : un impact positif sur la réussite des élèves (4 pages)

Extrait de education.gouv.fr de novembre 2014 : Forte baisse du redoublement : un impact positif sur la réussite des élèves

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