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Le 14 novembre 2020, "Le désordre dans les savoirs", 1ère journée (sur 2) organisée par le Comité universitaire d’information pédagogique (Cuep) (Tout Educ)

29 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Peut-on penser notre système scolaire à partir de ses finalités ? Que devrait être une école républicaine ? (CUIP).
Pourrait-on fonder notre système scolaire, et définir ses finalités en référence à la devise de la République ? Il s’agirait déjà de "cultiver la liberté de pensée". On pourrait aussi rattacher les savoirs scolaires à l’idée d’égalité si la finalité générale était "que les apprentissages des élèves ne creusent pas entre eux des écarts incontrôlés et irréversibles", et si on promouvait l’égalité entre "les différents corps de savoir" qui sont "aujourd’hui en permanence hiérarchisés". On pourrait les rattacher à la fraternité en "évitant les apprentissages qui développent à l’excès l’esprit de concurrence entre les élèves".

C’est l’une des questions que pose le "Comité universitaire d’information pédagogique". Celui-ci dénonce le "désordre dans les savoirs scolaires" et organise sur ce thème deux journées, la première aura lieu le 14 novembre, la seconde trois mois plus tard. "A l’issue du second évènement, un cahier des charges sera rédigé, rassemblant tous les sujets où une amélioration de l’école et de son fonctionnement s’avérerait possible à partir d’un autre traitement des questions curriculaires." Les organisateurs* estiment en effet qu’ "une partie importante des difficultés à s’améliorer du système éducatif français vient d’un ensemble d’incohérences, d’impensés ou de faiblesses en matière de programmes d’enseignement."

Eviter de poser la question du sens des apprentissages

Ils constatent que les enseignants français "ne sont familiers ni de la notion ni de la démarche curriculaire", surtout dans le seconde degré où ils ont été formés pour enseigner "dans un cadre disciplinaire sans avoir accès à l’ensemble", "sans autre questionnement sur l’origine, l’épistémologie ou la valeur sociale de ces disciplines". Ils ajoutent qu’ "aujourd’hui un certain culte de la pédagogie efficace, avec la recherche de ’politiques fondées sur la preuve’ (evidence-based) permet d’éviter de poser la question du sens des apprentissages". D’ailleurs, la réforme en cours du lycée a fait silence sur les finalités des enseignements "alors que la logique ’socle commun’ conduisait à s’y intéresser pour la scolarité obligatoire". Mais les signataires ne se font pas d’illusions. Si le "socle commun" a tenté de "remettre de l’ordre dans le chaos", il a "largement échoué". "On fait de l’allemand ou du latin non pas pour apprendre allemand ou latin mais en raison d’effets de stratégie (...), on apprend de l’éducation morale et civique au lieu de la pratiquer (...)", et les auteurs de dénoncer la "grande confusion" qui règne sur les mots qui définissent les divers apprentissages : "compétences, savoirs, connaissances, culture, culture générale, ’éducations à’, culture commune, disciplines, spécialités, domaines, socle commun, fondamentaux, etc.".

Mais "quels pouvoirs organisateurs ont légitimité à décider en matière de savoirs et de contenus d’enseignement ?", L’UNESCO ? L’OCDE ? L’Etat ? Les régions ? Les communes ? Les établissements ? En quoi la définition des savoirs scolaires français, et l’imaginaire correspondant sont-ils spécifiques ?

25 questions taboues

Les auteurs vont plus loin. L’interrogation sur les finalités du système scolaire et sur le "curriculum français" n’amène-t-elle pas à se demander si l’année scolaire a un sens, si les séparations entre primaire et secondaire, entre scolarité obligatoire et scolarité post-obligatoire en ont un. Une classe doit-elle être "constituée d’élèves homogènes en concurrence ou bien est-elle une société où la recherche des savoirs favorise la mise en place de tutorats répondant à la valeur de fraternité" ?

Autant de "questions taboues". C’est pourquoi, "en amont de cette réflexion, 25 fiches-jalons seront disponibles" et partiront de ces "sempiternels points de dissensus, pour à la fois analyser comment le dissensus s’est historiquement constitué et quelles questions sont à poser pour tenter de sortir des blocages ainsi repérés".

* Parmi lesquels figurent notamment André Canvel, Philippe Champy, Benoît Falaize, Roger-François Gauthier, Denis Paget, Patrick Rayou.

Contact : interpellation.curriculum.cuip@gmail.com, à l’attention de Sébastien Zerilli

Extrait de touteduc.fr du 01.09.20

 

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