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Le débat sur la carte scolaire s’intensifie dans la presse. Déclarations du PCF et de la FIDL

23 mai 2007
  Sommaire  

Extrait du « Monde », le 22.05.07 : Décrets Robien, carte scolaire : Xavier Darcos consulte des syndicats vigilants

Rencontres. Le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, a commencé mardi 22 mai à recevoir les syndicats pour une "première prise de contact". La première fédération de l’Education, la FSU, et son secrétaire général Gérard Aschieri, ainsi que son syndicat du second degré le Snes, ont ouvert le bal mardi ([écouter le témoignage de M. Aschiéri sur le site du « Monde »)

A suivi le Snalc-CSEN, apolitique mais souvent étiqueté à droite. Mercredi, le ministre doit rencontrer le Sgen-CFDT, puis SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d’établissement et enfin le syndicat Indépendance et Direction. Jeudi, M. Darcos recevra la Société des agrégés avant une réunion avec les recteurs. Les rencontres se poursuivront la semaine prochaine avec les autres syndicats

La question des décrets Robien (...)

L’assouplissement de la carte scolaire. M. Darcos avait déclaré souhaiter l’assouplir dès la rentrée prochaine, et la supprimer à la rentrée 2008. "Est-ce qu’elle est juste (actuellement) la carte scolaire ?", qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leur quartier, s’est interrogé mardi le ministre devant la presse, lors de son premier déplacement dans un collège classé ’Ambition réussite’ (ex-ZEP) d’Asnières [dont le président de l’OZP est le principal, ndlr]."La carte scolaire n’est pas une assignation à résidence", a-t-il ajouté, en sous-entendant qu’elle pouvait devenir contre-productive "si on n’arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas discuter avec les enseignants dans les établissements ou se sentir intégrés dans l’école". Il n’a pas cependant voulu confirmer le chiffre de 10 à 20 % des affectations qui bénéficieraient de l’assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée prochaine, "avant d’avoir vu les syndicats cette semaine" et parce qu’une telle réforme "ne se fait pas en quinze jours".

Le vouvoiement à l’école (...)

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Extrait de « Libération », le 22.05.07 : Xavier Darcos rebat les cartes scolaires

Le ministre a évoqué un « assouplissement » de la sectorisation pour la rentrée 2007

A peine nommé, le nouveau ministre de l’Education, Xavier Darcos ,s’est attaqué à la carte scolaire, sujet sensible par excellence. Estimant qu’elle « ne profitait qu’aux riches », Nicolas Sarkozy a fait de sa suppression l’une des grandes promesses de sa campagne. Conscient de l’hostilité du monde enseignant, Xavier Darcos s’est montré toutefois prudent, parlant d’un assouplissement à la rentrée 2007. Les réformes libérales du Président sont donc déjà en marche et risquent d’aller vite.

Petites touches. « Est-ce qu’elle est juste, la carte scolaire ? » a lancé hier le ministre qui, pour son premier déplacement, avait choisi de visiter un collège classé « Ambition réussite » (les plus sensibles), à Asnières, dans les Hauts-de-Seine. Quelque 70 % des élèves sont issus de milieux défavorisés, selon le principal, alors que la sectorisation ¬ qui contraint les élèves à s’inscrire dans les écoles de leurs « secteurs » ¬ est censée, autant que possible, assurer une certaine mixité sociale. « La carte scolaire n’est pas une assignation à résidence », a ajouté le ministre, critique voilée de la contrainte qu’elle représente pour certains, particulièrement pour les couches les plus défavorisées interdites de fait d’envoyer leurs enfants dans les meilleurs établissements.

Depuis qu’il est entré en fonction, il ne se passe pas un jour sans que le ministre aborde, par petites touches, le sujet. Un jour, il parle devant la fédération des parents d’élèves de la PEEP d’un assouplissement de la carte scolaire, dès la rentrée, qui concernerait « 10 à 20 % » des affectations. Un autre jour, il explique qu’il faut la supprimer, mais qu’« on ne peut régler une question aussi complexe du jour au lendemain ». Mais Sarkozy l’a répété haut et fort durant la campagne : cette carte est devenue injuste et renforce les inégalités plus qu’elle ne les corrige.

Pratiquement plus personne ne conteste ce fait, y compris les syndicats enseignants restés très attachés à la sectorisation, symbole de l’école républicaine. Pour les plus éduqués et les mieux informés des rouages de l’Education nationale, comme les enseignants, c’est devenu un sport de contourner la carte scolaire. Ils présentent de fausses adresses et vont jusqu’à déménager pour se retrouver dans le secteur du lycée de leur rêve pour leurs rejetons. A défaut, ils l’inscrivent dans une école privée pour éviter le collège du secteur mal réputé. Les plus pauvres, relégués dans leurs cités ghettos de banlieues, sont quasiment condamnés à rester dans leurs collèges.
« Concurrence ». « Il a été ouvert, cordial, et connaît fort bien la maison » , soulignait hier en sortant du ministère le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri. Le ministre, agrégé de lettres promu inspecteur général de l’Education, a entamé de vastes consultations. « Une commission sur le métier d’enseignant va s’ouvrir en juin » , indique ainsi Aschieri, « et aboutira à un "livre vert" ».

Sur la carte scolaire, l’échange n’a guère été concluant. Le ministre a confirmé sa volonté de la supprimer, disant poursuivre les mêmes objectifs, davantage de mixité et de justice. Comme les syndicats le demandent, il est apparemment d’accord pour maintenir aux collèges les dotations correspondant aux effectifs prévus, même s’ils ont moins d’inscrits. Une façon d’aider les « mauvais » collèges. En revanche, il est opposé au redécoupage des secteurs, qui permettrait de mieux mélanger les couches sociales. Apparemment, le raisonnement serait désormais inverse : aux établissements eux-mêmes d’assurer une diversité sociale. Le ministre ne dit pas comment.

« Un assouplissement profite toujours aux mêmes » , indique Aschieri. « Je crains que sur le fond, on introduise une nouvelle philosophie de l’école, avec une forme de concurrence, voire un marché de l’école ». « On fait miroiter aux parents qu’ils vont choisir mais se sont les chefs d’établissement qui vont choisir », renchérit Luc Bérille, du syndicat SE-Unsa. « Il faut rendre plus attractifs les collèges dans les quartiers délicats, leur donner des atouts pour qu’ils gardent leurs élèves. »

Véronique Soulé

Expériences hexagonales

Plusieurs expériences ont été menées pour assouplir la sectorisation. L’une des plus intéressantes se déroule à Bergerac, en Dordogne. En 1995, la mairie a fermé une école primaire dans une cité ghetto. Les cent trente élèves ont été répartis dans sept établissements de la ville, tous plus favorisés. Chaque matin, trois bus les déposent gratuitement et les ramènent le soir ¬ le busing à l’américaine.

A Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, le conseil général travaille à de nouveaux secteurs pour les cinq collèges de la ville afin d’assurer plus de mixité.

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Extrait du « Figaro », le 22.05.07 : Les parents impatients de pouvoir enfin choisir l’établissement de leurs enfants

La réforme annoncée par Xavier Darcos séduit des familles qui, ces dernières années, étaient passées maîtres dans l’art de contourner la carte scolaire.

À 16 ANS, le fils aîné de Léon le sait déjà : il sera ingénieur en informatique comme son père. Bon élève, le lycéen ne devrait pas avoir de mal à atteindre son objectif. À un souci près : l’adolescent est scolarisé dans un lycée difficile de Gargenville (Yvelines) qui affiche un taux de réussite au baccalauréat... inférieur à 60 %. Résidant dans la ville d’Épône, la famille n’a pas eu le choix. Carte scolaire oblige. Être contraint d’envoyer ses enfants dans le secteur géographique où il habite fait tiquer l’ingénieur. « Mon fils me dit régulièrement qu’il s’en¬nuie en cours parce que ça va trop lentement, s’inquiète le quadragénaire. Les problèmes de discipline et les importants écarts de niveaux de sa classe pénalisent les meilleurs. »

Résultat : la suppression de la carte scolaire, Léon est « pour à 100 % » : « Dès que c’est effectif, j’envoie mes enfants à Poissy. » La mesure prévue par le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, qui doit être mise en oeuvre progressivement dès la rentrée prochaine, séduit aussi Véronique. Favorable à un « véritable assouplissement », la mère de trois en¬fants se réjouit que l’option musique choisie par son fils de 17 ans ne soit pas enseignée dans le lycée auquel il est théoriquement rattaché : « La répartition géographique l’aurait conduit dans un lycée moins bon et plus éloigné ! »

Au-delà des performances, la commerçante d’Angoulême voit d’autres avantages à « cette liberté de choix ». « Donner à l’enfant un environnement où il s’épanouisse, dans un lieu qui lui plaise, où il est entouré de ses amis me paraît plus judicieux qu’un critère géographique. » Edwige, qui vit à Boulogne, (Hauts-de-Seine), enverra, elle, son fils dans le lycée classé Zone d’éducation prioritaire (ZEP) au¬quel il est affilié dès la rentrée. « Pour moi, c’est surtout une question d’équipe pédagogique. La mixité sociale ne m’effraie pas. »

« Niveau trop hétérogène »

Par peur de voir leurs enfants atterrir dans un établissement difficile, d’autres font le choix de contourner la carte scolaire. Y compris parfois ses défenseurs. Malgré ses « convictions », Isabelle a ainsi décidé de ne pas respecter la sectorisation. « Un parent ne peut pas s’empêcher de faire passer l’avenir de son enfant en priorité. » Mère de deux filles de 9 et 13 ans, cette habitante du XXe a fait jouer ses relations pour envoyer son aînée dans le centre de Paris. « Je n’en suis pas très fière, reconnaît-elle. Ça ne me plaît pas de participer à un système qui laisse les enfants défavorisés entre eux et accroît le fossé entre les établissements. Mais le niveau était trop hétérogène... »

Locations de boîtes aux lettres, adresses fictives ou inscriptions de leur progéniture à des options aussi rares qu’élitistes... On ne compte plus les astuces élaborées pour passer entre les mailles du filet. Plutôt que de prendre le risque d’envoyer ses enfants dans un éta¬blissement classé ZEP de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Christine a préféré les domicilier chez leur ancienne nounou, à Vincennes.

D’autres parents optent pour le privé. Habitante du IIIe, Marie n’a pas supporté « les défaillances du système public » : « Malgré des profs formidables, la violence était permanente : l’une des amies de ma fille s’est fait braquer avec une arme à 12 ans ! » La mère de trois enfants les a envoyés dans un collège privé « la mort dans l’âme ». « Plutôt que de supprimer la carte scolaire, qui risque de sacrifier les plus démunis, je préférerais une réforme plus globale de l’Éducation nationale pour améliorer les conditions d’enseignement. »

Anne-Noémie Dorion

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Extrait du « Figaro », le 22.05.07 : Le gouvernement prépare la suppression de la carte scolaire

Une expérimentation sera lancée dès septembre 2007, avant la mise en place d’un nouveau système en 2008.

L’assouplissement de la carte scolaire, qui doit aboutir à terme à sa « suppression », entrera en vi¬gueur dès la prochaine rentrée, a annoncé hier Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale. Ce dernier souhaite explorer toutes les pistes pour donner aux familles le droit de choisir l’établissement scolaire de leurs enfants. « Ce sera un changement profond », a précisé le ministère, car « les établissements scolaires auront à veiller à une diversification sociale et géographique de leurs effectifs ».

Cet assouplissement pourrait d’abord concerner de 10 à 20 % des affectations en septembre prochain. « Dès 2008, un nouveau système sera mis en place. » Un sys¬tème qui implique « d’assouplir la carte scolaire dont les familles sont prisonnières quand elles n’ont pas les moyens de la contourner », a expliqué Xavier Darcos, reprenant ainsi une des promesses du programme de Nicolas Sarkozy.

Le ministre a néanmoins déclaré qu’« on ne pouvait pas régler une question aussi complexe du jour au lendemain », d’autant plus que les élèves sont pratiquement déjà affectés pour la rentrée prochaine. Mais une marge de souplesse existe. Certaines villes sont entièrement désectorisées, comme Avignon, Clermont-Ferrand ou Périgueux, la ville dont Xavier Darcos est le maire. À Paris, qui est un cas hors norme, une vingtaine de collèges bénéficient également d’une souplesse de recrutement.

Il est en revanche difficile de savoir précisément quel est le pourcentage d’élèves qui dérogent réellement aujourd’hui à la carte scolaire pour « fuir » un établissement de mauvaise réputation. À Paris, selon une étude datant de 2005, un millier de dérogations, chaque année, soit 8 % du total, « s’apparentent à de l’évitement ». Mais 40 % des élèves pa¬risiens inscrits en sixième n’é¬taient pas affectés dans leur collège public de rattachement, pour des raisons diverses (options, rapprochement de fratries...).

Réguler les flux d’élèves

Les demandes de dérogation existent essentiellement pour les collèges et dans les grandes villes. Sortie des milieux urbains, la carte scolaire n’est peu ou pas contournée, car les collèges sont souvent situés à plusieurs kilomètres les uns des autres. À l’école, les fa¬milles recherchent avant tout la proximité, tandis qu’au lycée, la diversité de l’offre de formations et d’options assouplit d’elle-même la carte scolaire. C’est donc surtout au collège, où les choix d’orientation sont stratégiques, que de nombreuses fa¬milles tentent de contourner la carte.

Le but de la sectorisation, créée en 1963, était de réguler les flux d’élèves à un moment où la population du pays augmentait et où les établissements scolaires poussaient comme des champignons. C’était avant tout une question de planification. La question de la mixité sociale s’est progressivement ajoutée, avec l’émergence du collège unique. La carte scolaire a encouragé des situations de ségrégation : dans les quartiers défavorisés les élèves en difficulté et, en centre-ville, la population scolaire favorisée. Les parents informés développent donc des stratégies de contournement, quitte parfois à inscrire leur enfant dans le privé ou à lui faire apprendre des options rares pour qu’il accède à un établissement prestigieux. Professeurs, journalistes et cadres supérieurs sont les professions les plus friandes du contournement de la carte... Les autres subissent.

Depuis plus de vingt ans, des expériences d’assouplissement ont été tentées. En 1993, un collège sur deux et un lycée sur quatre pouvaient ainsi accueillir des élèves hors de leur secteur. Un assouplissement sur lequel François Bayrou, ministre de l’Éducation entre 1993 et 1997, était revenu. Des expérimentations continuent à se faire ici et là mais « personne ne les a jamais évaluées ! » affirme Michel Richard, secrétaire national du syndicat des chefs d’établissements (SNPDEN).

Le projet de Xavier Darcos n’a en tout cas pas manqué de soulever l’indignation du Parti socialiste, qui a accusé le ministre de vouloir « casser l’école républicaine ». La présidente du syndicat lycéen UNL, Floréale Mangin, s’est également inquiétée, redoutant que cette réforme ne soit une « porte ouverte à la loi du plus fort ».

Marie-Estelle Pech

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Extrait du site «  VousNousIls », le 23.05.07 : Carte scolaire : une mesure "révoltante" pour le PCF

Le PCF proteste, mardi dans un communiqué, contre la volonté du gouvernement d’assouplir la carte scolaire, une mesure que le PCF juge "révoltante", en affirmant que "le gouvernement Fillon entend ainsi proclamer purement et simplement la fin de l’école de la République".
"Cette mesure enclenche un phénomène dangereux avec en ligne de mire, une sorte de " libre concurrence éducative ", où l’on sacrifie les plus pauvres, les plus faibles, et où il faut se battre pour accéder aux écoles les mieux côtées", déclare le communiqué.

Pour le PCF, "plutôt que de s’engager en grand dans la lutte contre les inégalités à l’école et contre les inégalités urbaines, le gouvernement condamne toute une partie de la population au " sauve qui peut ".
"Cette annonce est tout simplement révoltante", estime-t-il." Au moment où il faut tout mettre en oeuvre pour faire de l’excellence pour tous à l’école, le gouvernement choisit le poison plutôt que le remède", conclut-il.

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Extrait du site « VousNousIls », le 23.05.07 : Darcos : "la carte scolaire n’est pas une assignation à résidence"

Le nouveau ministre de l’Education, Xavier Darcos, qui souhaite dès la rentrée prochaine assouplir la carte scolaire et la supprimer à la rentrée 2008, a déclaré mardi dans un collège difficile des Hauts-de-Seine qu’elle n’était "pas une assignation à résidence".

"Est-ce qu’elle est juste (actuellement) la carte scolaire ? (qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leur quartier, ndlr)", s’est interrogé le ministre devant la presse, au cours de son premier déplacement dans un collège classé +Ambition réussite+ (ex-Zep) d’Asnières.

"La carte scolaire n’est pas une assignation à résidence" a-t-il ajouté, en sous-entendant qu’elle pouvait devenir contre-productive "si on n’arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas discuter avec les enseignants dans les établissements ou se sentir intégrés dans l’école".

Il a rencontré les enseignants et le principal du collège André-Malraux d’Asnières, où 70% des élèves sont issus de familles défavorisées, mais qui bénéficie depuis sa labellisation "Ambition réussite" de moyens supplémentaires (deux professeurs référents et six assistants pédagogiques en plus).

Xavier Darcos n’a pas cependant voulu confirmer le chiffre de 10 à 20% des affectations qui bénéficieraient de l’assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée prochaine, "avant d’avoir vu les syndicats cette semaine" et parce qu’une telle réforme "ne se fait pas en 15 jours".

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Extrait du site « VousNousIls », le 23.05.07 : Carte scolaire : la Fidl critique les "effets d’annonces" du nouveau ministre

Le syndicat lycéen Fidl a estimé mardi que le ministre de l’Education Xavier Darcos devrait "consulter la communauté éducative" avant de se livrer à des "effets d’annonces" sur la carte scolaire, affectant les enfants dans les écoles et collèges de leurs quartiers.

"Le nouveau ministre de l’Education nationale ne peut pas se contenter d’effets d’annonces sans prendre la peine de recevoir et de consulter les acteurs de la communauté éducative", écrit la Fidl dans un communiqué. "Cette méthode n’est pas la bonne".

Le syndicat s’est également dit "profondément déçu et inquiet de l’annonce de M. Darcos de supprimer la carte scolaire à la rentrée 2008".

En visite mardi dans un collège difficile des Hauts-de-Seine, le ministre a déclaré que la carte scolaire n’était "pas une assignation à résidence", sous-entendant qu’elle pouvait devenir contre-productive "si on n’arrive pas à assurer la mixité scolaire".

L’assouplissement de la carte scolaire, qui doit aboutir à terme à sa suppression, devrait entrer en vigueur dès la prochaine rentrée, avait indiqué lundi le ministère de l’Education nationale.

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Extrait du site « VousNousIls », le 23.05.07 : Supprimer la carte scolaire ? Mines dubitatives dans un collège difficile

L’assouplissement de la carte scolaire et à terme sa suppression n’emballent guère l’équipe éducative du collège sensible Malraux d’Asnières, et ce malgré les arguments appuyés du nouveau ministre de l’Education, Xavier Darcos, qui leur a rendu visite mardi.

Pour sa première sortie dans un établissement, Xavier Darcos a choisi le collège André-Malraux, où son prédécesseur, Gilles de Robien, s’était rendu il y a juste un an pour vanter les mérites du nouveau label +Ambition réussite+. Ce nouveau système remplace celui des collèges Zep les plus difficiles en France, en attribuant davantage de moyens à ceux qui en ont le plus besoin.

Aujourd’hui, le collège Malraux commence tout juste à sortir la tête hors de l’eau, alors qu’avant de devenir "Ambition réussite" il cumulait les handicaps. En septembre 2006, il a été doté de deux enseignants référents supplémentaires et de six assistants pédagogiques en plus pour aider les élèves.

En 2002 ce gros collège accueillait plus de 1.000 élèves contre environ 860 aujourd’hui. En cinq ans il a aussi vu sa situation s’améliorer grâce à l’implication du principal, Nicolas Renard - qui dirige par ailleurs l’observatoires des zones prioritaires (OZP) -, et celle d’une équipe de jeunes enseignants très motivés.
Reste que malgré ces efforts, l’établissement continue de souffrir du contournement de la carte scolaire : "La situation s’est nettement améliorée mais il y a toujours beaucoup de familles qui envoient leurs enfants vers le privé", déplore le principal. Du coup, 70% des élèves de Malraux sont issus de milieux défavorisés et proviennent de la cité sensible voisine des Mourinoux.

"Il faut parler de ce qui réussit pour élargir et généraliser", les a félicités mardi Xavier Darcos.
Pour le ministre, "le ciblage (des moyens) doit se faire à partir des établissements et non plus à partir des zones qu’on ne sait plus évaluer".

"Est-ce qu’elle est juste (actuellement) la carte scolaire ?", s’est encore interrogé le ministre : il a fait valoir que la carte scolaire peut devenir injuste "si on n’arrive pas à assurer la mixité scolaire et si les parents ne peuvent pas discuter avec les enseignants".
"Ici les élèves sont difficiles", témoignent Virginie et Elsa, deux jeunes professeurs de français, qui ont des classes de 27 élèves en moyenne. "Pour un établissement prioritaire c’est beaucoup !" ajoutent-elles.

"Donc par exemple, ici, si la carte scolaire est supprimée, ce sera problématique" précise Virginie, car "même une famille en difficulté voudra le meilleur pour son enfant et on doute qu’une famille à problèmes obtienne une place dans le collège de son choix car les dossiers des meilleurs élèves seront prioritaires".
"En effet, ici la suppression de la carte scolaire poserait des problèmes", ajoute le principal qui se bat chaque jour pour rendre son collège attractif.

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Extrait de « Psychomédia », le 22.05.07 : Assouplissement de la carte scolaire pour la prochaine rentrée

Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a affirmé dimanche dernier sur France info qu’il souhaitait dès la prochaine rentrée assouplir la carte scolaire qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leurs quartiers.

La carte scolaire a été créée il y a quarante-trois ans pour assurer une mixité sociale.

"Il faudrait que nous puissions assouplir dès la rentrée prochaine (...) de l’ordre de 10 ou 20% des affectations qui sont concernées par cette carte", a-t-il expliqué en précisant, qu’à moyen terme, il faudrait "supprimer" la carte scolaire. On ne peut pas régler une question aussi complexe du jour au lendemain, a-t-il précisé.

Pour le ministre, "la carte scolaire, ce n’est pas en soi, dans son principe, une mauvaise décision, sauf que ça ne marche plus. Ne subissent la carte scolaire que ceux qui n’ont pas les moyens d’y échapper, ceux qui n’ont pas des parents qui connaissent les systèmes ou qui ont beaucoup d’argent. Donc c’est un système très injuste".

"Ce seront les établissements scolaires qui veilleront à la diversification sociale et géographique de leurs effectifs par des dispositifs nouveaux qui seront beaucoup plus justes", a-t-il ajouté.

Pour ses détracteurs, la carte scolaire favorise ceux qui sont déjà les plus favorisés, ceux qui peuvent acheter un logement dans la bonne zone ou qui ont des relations suffisantes. Ils défendent donc sa suppression ou son réaménagement pour que la sélection se fasse par le mérite et non par l’argent ou les relations.

M. de Robien avait déjà permis une dérogation à tous les titulaires de la mention très bien au brevet et qui sont originaires d’une ZEP. Une dérogation dont 12 % des collégiens concernés ont profité pour la rentrée 2006.

En mars dernier, lors d’un meeting à Douai (Nord), Nicolas Sarkozy avait estimé que la carte scolaire « était une fatalité pour ceux qui n’ont pas les moyens ou les relations pour s’en affranchir ». Regrettant que l’école « soit devenue un lieu de reproduction des inégalités sociales », il s’était prononcé pour « la liberté du choix de l’établissement pour toutes les familles ». À l’automne, il préconisait "un choix entre trois établissements", accompagné d’une aide aux élèves en difficulté.

Ségolène Royal de son côté, affirmait lors des primaires de son parti que la carte scolaire "fige et cristallise les inégalités". Elle proposait aussi un "assouplissement" et le choix entre plusieurs établissements.

Plusieurs craignent toutefois que l’abandon de la carte scolaire amplifie la concurrence entre les écoles et contribue à approfondir le fossé entre les bons et mauvais établissements.

Selon Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des Selon négalités, l’assouplissement de la carte scolaire va renforcer les inégalités au profit des catégories diplômées.

Il s’interroge sur l’établisement des critères des établissements scolaires qui devront veiller à la diversification sociale et géographique de leurs effectifs.

La véritable hypocrisie, à son avis, c’est celle des zones d’éducation prioritaires (ZEP) dont on estime qu’elles sont un échec alors qu’elles n’ont jamais eu les moyens de faire la différence.

Sources :
Le Nouvel Observateur
Le Figaro
Libération
Le Monde
Observatoire des inégalités

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