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Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Sans-papiers : une directrice d’école sept heures en garde à vue, indignation à gauche
La directrice d’une école maternelle du XIXème arrondissement de Paris a subi vendredi près de sept heures de garde à vue après des incidents violents mardi lors de l’interpellation d’un parent sans papiers d’élève, une affaire qui a indigné le monde éducatif et la gauche.
A la suite de ce tollé, le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir écrit aux préfets pour leur "rappeler" que "l’exécution des mesures d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (...) de police ou de gendarmerie dans l’enceinte ou à proximité immédiate d’un établissement scolaire".
Convoquée vers 9h pour témoigner au commissariat du XIXe, Valérie Boukobza, a été placée en garde à vue pour "outrage et dégradation de biens public en réunion" avant d’être relâchée.
Avec deux autres personnes, elle avait été appelée à témoigner sur les incidents qui avaient opposé, mardi, des policiers à des parents d’élèves qui tentaient d’empêcher l’interpellation du grand-père chinois, en situation irrégulière, d’un enfant scolarisé dans la maternelle de la rue Rampal.
Peu avant 16 h, le parquet de Paris a ordonné la remise en liberté des trois personnes, précisant que "les suites à donner seront décidées ultérieurement en fonction des résultats des investigations à venir".
Selon Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’enseignement, la directrice aurait "essayé de protéger les enfants" et la police lui reprocherait d’avoir "tapé sur une voiture de police".
La préfecture de police a fait savoir, à propos des incidents de mardi, que "des personnes ont fait obstruction (...). Un policier a été blessé et aspergé d’un liquide irritant".
L’annonce de la garde à vue a aussitôt suscité des réactions d’indignation dans le monde éducatif et les milieux de gauche.
"Jamais on n’avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l’entrée d’une école mais en plus, une tentative d’intimidation manifeste !", a lancé Gérard Aschieri.
Le PS avait exigé la remise en liberté de la directrice, demandant que "toute la lumière soit faite", mais les protestations sont venues également des autres candidats de gauche à la présidentielle.
Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Dominique Voynet, tous s’en sont pris à Nicolas Sarkozy.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a écrit au Premier ministre de Villepin, jugeant "inacceptable d’organiser des formes +d’embuscades+ près des établissements scolaires".
François Bayrou, candidat de l’UDF, a aussi estimé que "dans cette affaire, on a franchi des limites".
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé "une tentative d’intimidation intolérable à l’égard d’une enseignante qui, d’après plusieurs témoins, n’a fait que tenter de protéger ses élèves".
De nombreux enseignants avaient répondu à la mi-journée à l’appel du Réseau Education sans frontières (RESF) à se rassembler devant le commissariat où la directrice était placée en garde à vue.
Selon les témoins, mardi les policiers "n’ont pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s’opposaient à l’interpellation".
Le grand-père chinois, emmené mardi au commissariat du IIe arrondissement, a été relâché mercredi, a précisé RESF.
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Directrice d’école en garde à vue : c’est une décision judiciaire (Sarkozy)
Le placement en garde à vue d’une directrice d’école parisienne était "une décision judiciaire" et "je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus", a déclaré Nicolas Sarkozy vendredi à Schoelcher en Martinique
"Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus", a déclaré à la presse le candidat UMP à l’élection présidentielle et encore ministre de l’Intérieur jusqu’à lundi prochain.
"Un procureur de la République indépendant a demandé à la police, à la suite de violences faites à un policier, et donc absolument pas en fonction d’une famille immigrée, de mettre en garde à vue cette personne", a poursuivi Nicolas Sarkozy.
"Si le ministre de l’intérieur s’opposait à cette décision, vous (les journalistes qui suivent son déplacement aux Antilles NDLR) seriez les premiers à me dire que la justice est indépendante. Fait extraordinaire, à chaque fois que ça ne plaît pas à la gauche, il faudrait que je m’oppose à l’exécution d’une décision de justice", a-t-il encore déclaré.
"Je n’ai pas à m’opposer à l’exécution d’une décision de justice qui de surcroît, je le dis aux Français, n’a rien à voir avec la situation de cette famille en situation irrégulière. Il n’y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a-t-il conclu.
La directrice d’une école maternelle du XIXème arrondissement de Paris a été placée vendredi durant près de sept heures en garde à vue après des incidents survenus mardi lors de l’interpellation d’un étranger sans papiers qui était venu chercher son petit-fils à la sortie de l’école.
Extraits du site du SNUipp, le 23.03.07 : Directrice d’école sanctionnée
Le SNUipp élève les plus vives protestations vis-à-vis du placement en garde à vue de la directrice de l’école Rampal à Paris 19ème qui est interpellée pour « outrage et dégradation de biens publics en réunion ».
Cette interpellation est inadmissible vis-à-vis d’enseignants qui assurent la scolarisation légale d’enfants dont les parents sont sans-papier. Le SNUipp condamne l’utilisation de violences physiques et gaz lacrymogènes, condamne les tentatives d’arrestations.
Le SNUipp demande que cessent les poursuites à l’encontre de cette directrice et qu’elle soit libérée immédiatement. Il intervient en ce sens auprès du ministère de l’Education Nationale.
Paris, le 23 mars 2007
Extrait du site de l’ UNSA
L’UNSA Education est indignée par le placement en garde à vue de la directrice de l’Ecole maternelle de la rue Rampal à Paris.
Elle exige sa libération immédiate.
L’UNSA Education dénonce les tentatives d’intimidation à l’encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers. Elle apporte son soutien à tous ceux qui s’insurgent contre les arrestations arbitraires. Elle s’associe au rassemblement organisé par RESF.
Communiqué de l’UNSA Education du 23 mars 2007.
La veille, l’UNSA avait publié ce communiqué :
L’UNSA Education dénonce les opérations de police visant à arrêter des personnes sans-papiers qui ont eu lieu à la sortie d’écoles du 19ème arrondissement de Paris les 19 et 20 mars. Tenter d’arrêter des personnes venues chercher des enfants à la sortie de l’école est une méthode condamnable.
Utiliser des gaz lacrymogènes contre des militants de RESF et des parents d’élèves l’est tout autant. L’UNSA Education demande la fin de ces arrestations et rappelle son soutien au réseau RESF dont elle fait partie.
Extraits du site du SGEN-CFDT, le 23.03.07 : Après les enfants, les parents, à présent la directrice
Après la chasse aux enfants des sans papiers en particulier à l’école Rampal, Paris 19e, aujourd’hui la directrice de l’école est interrogée au commissariat du quartier.
La fédération Sgen-CFDT a immédiatement pris contact avec le commissariat, avec le tribunal de Grande instance de Paris et avec le Cabinet du ministre de l’Éducation nationale. Aucune information concrète n’a pu être donnée. Le Sgen-CFDT dénonce ce procédé inadmissible.
Paris, le 23 mars 2007
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : « Royal : "les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police »
Ségolène Royal a déclaré vendredi à Nice que "les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police" dénonçant la mise en garde à vue durant près de 7 heures de la directrice d’une école maternelle parisienne
"Il faudra que la France reste fidèle aux valeurs qui sont les siennes. Quand une institutrice est en garde à vue parce qu’elle protège les enfants de son école, ce n’est pas la France telle que nous l’aimons", a déclaré Mme Royal lors d’une réunion publique devant 4.000 personnes, selon les organisateurs.
"Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de la police", a protesté la candidate socialiste. Et d’ailleurs les policiers ne le demandent pas, ils sont gênés par des tâches qu’on leur fait remplir, ils sont eux-mêmes les plus troublés, les policiers, ce grand service républicain, d’être obligés d’aller interpeller devant les écoles et devant les enfants le grand-père sans papier qui venait chercher son petit-fils".
"Ca n’est pas ça, la France que nous voulons. Ce n’est pas comme ça qu’on défend l’identité nationale, bien au contraire", a-t-elle conclu.
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Sans-papiers : une directrice d’école sept heures en garde à vue, indignation à gauche
La directrice d’une école maternelle du XIXème arrondissement de Paris a subi vendredi près de sept heures de garde à vue après des incidents violents mardi lors de l’interpellation d’un parent sans papiers d’élève, une affaire qui a indigné le monde éducatif et la gauche.
A la suite de ce tollé, le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir écrit aux préfets pour leur "rappeler" que "l’exécution des mesures d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (...) de police ou de gendarmerie dans l’enceinte ou à proximité immédiate d’un établissement scolaire".
Convoquée vers 9 h pour témoigner au commissariat du XIXe, Valérie Boukobza, a été placée en garde à vue pour "outrage et dégradation de biens public en réunion" avant d’être relâchée.
Avec deux autres personnes, elle avait été appelée à témoigner sur les incidents qui avaient opposé, mardi, des policiers à des parents d’élèves qui tentaient d’empêcher l’interpellation du grand-père chinois, en situation irrégulière, d’un enfant scolarisé dans la maternelle de la rue Rampal.
Peu avant 16 h, le parquet de Paris a ordonné la remise en liberté des trois personnes, précisant que "les suites à donner seront décidées ultérieurement en fonction des résultats des investigations à venir".
Selon Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’enseignement, la directrice aurait "essayé de protéger les enfants" et la police lui reprocherait d’avoir "tapé sur une voiture de police".
La préfecture de police a fait savoir, à propos des incidents de mardi, que "des personnes ont fait obstruction (...). Un policier a été blessé et aspergé d’un liquide irritant".
L’annonce de la garde à vue a aussitôt suscité des réactions d’indignation dans le monde éducatif et les milieux de gauche.
"Jamais on n’avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l’entrée d’une école mais en plus, une tentative d’intimidation manifeste !", a lancé Gérard Aschieri.
Le PS avait exigé la remise en liberté de la directrice, demandant que "toute la lumière soit faite", mais les protestations sont venues également des autres candidats de gauche à la présidentielle.
Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Dominique Voynet, tous s’en sont pris à Nicolas Sarkozy.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë a écrit au Premier ministre de Villepin, jugeant "inacceptable d’organiser des formes +d’embuscades+ près des établissements scolaires".
François Bayrou, candidat de l’UDF, a aussi estimé que "dans cette affaire, on a franchi des limites".
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a dénoncé "une tentative d’intimidation intolérable à l’égard d’une enseignante qui, d’après plusieurs témoins, n’a fait que tenter de protéger ses élèves".
De nombreux enseignants avaient répondu à la mi-journée à l’appel du Réseau Education sans frontières (RESF) à se rassembler devant le commissariat où la directrice était placée en garde à vue.
Selon les témoins, mardi les policiers "n’ont pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s’opposaient à l’interpellation".
Le grand-père chinois, emmené mardi au commissariat du IIe arrondissement, a été relâché mercredi, a précisé RESF.
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Bayrou condamne la mise en garde à vue d’une directrice d’école maternelle
François Bayrou a condamné vendredi la mise en garde à vue d’une directrice d’école maternelle parisienne, estimant que "dans cette affaire, on a franchi des limites".
"Ca ne se fait pas dans la République d’arrêter une directrice d’école maternelle et de la mettre en garde à vue, simplement parce qu’elle a témoigné son indignation au moment de l’arrestation spectaculaire et violente du grand-père d’un enfant scolarisé dans son école", a déclaré à l’AFP le candidat UDF à la présidentielle, en déplacement à la Réunion.
La directrice de l’école Rampal a été libérée sur ordre du parquet, après quelques heures de garde à vue.
Soulignant qu’"il y a beaucoup d’émotion parmi les éducateurs autour de la mise en cause d’enfants scolarisés issus de familles sans papiers", M. Bayrou a jugé cette émotion "compréhensible". "Aucun père ou mère de famille ne peut la maitriser", selon lui.
"Cette garde à vue ajoute de la violence à la violence", a-t-il protesté, estimant que "même si la directrice d’école a été à un moment ou à un autre en infraction, il y avait bien d’autres moyens de le lui manifester".
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Sans-papiers : pas d’interpellations dans ou près des écoles (Intérieur)
Le ministère de l’Intérieur vient d’adresser un télégramme aux préfets pour leur "rappeler" qu’aucune mesure d’éloignement d’étrangers sans papiers ne doit donner lieu à des interpellations dans les écoles où à leur proximité, a-t-il annoncé vendredi, après la garde à vue subie par une directrice d’école.
"J’appelle à nouveau tout particulièrement votre attention sur le fait que l’exécution des mesures d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (...) de police ou de gendarmerie dans l’enceinte ou à proximité immédiate d’un établissement scolaire", précise ce télégramme dont l’AFP a eu connaissance.
Le préfet Jacques Gérault, directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, s’est ainsi adressé aux préfets, après que "des incidents récents" l’ont conduit "à renouveler les instructions qui vous avaient été adressées par un télégramme" le 14 septembre 2006.
Dans le même texte, il demande aux préfets "de rappeler ces instructions aux services placés sous (leur) autorité".
Vendredi, la directrice d’une école maternelle du 19è arrondissement de Paris a subi près de sept heures de garde à vue après des incidents violents survenues mardi à proximité de l’école lors de l’interpellation d’un parent d’élève sans papiers.
Extraits du site « VousNousIls », le 23.03.07 : Directrice d’école arrêtée : Sarkozy s’attaque aux valeurs de la République (Voynet)
La mise en garde à vue d’une directrice d’école maternelle parisienne après des incidents impliquant des sans papiers est une attaque de Nicolas Sarkozy contre les valeurs de la République, s’est indignée vendredi la candidate des Verts à la présidentielle Dominique Voynet.
"C’est à l’un des derniers refuges des valeurs de la République -l’école- que le ministre-candidat de l’UMP s’attaque en posant la dernière pierre de son action au sein de ce gouvernement", écrit-elle dans un communiqué.
La directrice de l’école Rampal a été libérée vendredi sur ordre du parquet.
Extraits du site de France 3, le 24.03.07 : Sans-papiers : la directrice d’école libérée
Une directrice d’école parisienne avait été placée en garde à vue pendant sept heures vendredi
Valérie Boukobza avait été arrêtée après des incidents violents qui ont eu lieu mardi après que la police eut interpellé le grand-père chinois sans papiers d’une élève.
"Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus", a déclaré le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, en campagne en Martinique. L’affaire a indigné le monde éducatif et la gauche.
Il a insisté sur le fait que la décision de mettre en garde à vue Valérie Boukobza n’avait "rien à voir" avec la famille chinoise en situation irrégulière. "Il n’y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a ajouté le président et candidat de l’UMP.
Après la vague de protestations provoquée par cette interpellation, le ministère de l’intérieur a "rappelé" aux préfets qu’il ne doit pas y avoir d’interpellations dans les écoles ou à leur proximité.
Convoquée vers 9 h, vendredi, pour témoigner au commissariat du XIXe arrondissement de la capitale, Valérie Boukobza, directrice de la maternelle Rampal dans le même arrondissement, a été placée en garde à vue pour "outrage et dégradation de biens public en réunion" avant d’être relâchée. Avec deux autres personnes, elle avait été appelée à témoigner sur les incidents.
Ceux-ci avaient opposé, mardi, des policiers à des parents d’élèves qui tentaient d’empêcher l’interpellation du grand-père chinois, en situation irrégulière, d’un enfant de 4 ans scolarisé dans la maternelle de la rue Rampal. Peu avant 16 h, le parquet de Paris a ordonné la remise en liberté des trois personnes, précisant que "les suites à donner seront décidées ultérieurement en fonction des résultats des investigations à venir".
Selon Gérard Aschieri, le secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’enseignement, la directrice aurait "essayé de protéger les enfants" et les policiers lui reprocheraient d’avoir "tapé sur une voiture de police". Pour la préfecture de police, "des personnes ont fait obstruction (...). Un policier a été blessé et aspergé d’un liquide irritant", ce qui lui a valu "10 jours d’incapacité de travail".
Récit du "Parisien" de samedi : "un grand-père chinois est arrêté dans un café appelé le Petit Rampal alors qu’il allait chercher ses deux petits-enfants dans l’école qui lui fait face. Tout de suite, les parents d’élèves et les riverains interviennent. (...) Alors que le grand-père est conduit dans la voiture de police, certains s’allongent sur le macadam devant le véhicule. La tension monte. Des coups sont échangés. Du gaz lacrymogène répandu. Le pugilat dure d’interminables minutes sous le regard des élèves. ’Ils avaient mal aux yeux et, surtout, ils avaient peur pour leurs parents, se souvient un chef d’établissement voisin présent sur les lieux. Ils les ont vus se faire frapper par la police. C’était très impressionnant’".
Huit minutes d’enregistrement vidéo de ces incidents, effectué apparemment sur un téléphone portable, circulent sur internet. "Mais le pire n’y est pas, un policier m’a empêché de filmer les scènes les plus violentes", a affirmé au "Parisien" celle qui a filmé la scène et qui est convoquée lundi au commissariat.
Le témoignage de RESF
D’après Brigitte Wieser, porte-parole du Réseau éducation sans frontières (RESF), la police s’est montrée violente mardi, lors de l’interpellation du grand-père d’un élève, alors que des parents tentaient de s’opposer à l’arrestation. Les policiers n’auraient "pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène" pour disperser les parents qui s’opposaient à cette interpellation.
Le témoignage d’un parent
Un parent d’élève témoin des incidents de mardi, Gilles Dansart, raconte que "de nombreux parents de quatre écoles du quartier Belleville, situées rue Rampal et rue du Général-Lassalle, ont été alertés de l’arrivée de policiers vers 17h30".
"Lundi soir, il y avait déjà eu une tentative
d’arrestation devant l’école maternelle Rampal d’une dame venue chercher sa petite fille et les parents du quartier en avaient été choqués. L’action des parents d’élèves qui se sont opposés à l’interpellation du grand-père mardi dépasse largement le cadre des sans-papiers : il y a, dit-il, des choses à respecter, les enfants, l’école"", a ajouté ce père de famille. "Le Parisien" rapporte que des parents et des riverains étaient parvenus "à empêcher l’interpellation d’une femme sans papiers venue chercher sa fille".
Plusieurs parents, dont les enfants ont eu à subir les jets de gaz lacrymogène mardi, ont par ailleurs voulu déposer plainte vendredi matin au commissariat du XIXe arrondissement de la capitale. Celui-ci les a renvoyés sur l’IGS (Inspection générale des services, la police des polices).
Réactions politiques et syndicales
– Nicolas Sarkozy : "C’est extraordinaire. A chaque fois que ça ne plaît pas à la gauche, pour Battisti [ancien activiste italien arrêté au Brésil avec l’aide de la police française], pour la décision de ce procureur, il faudrait que je m’oppose à l’exécution d’une décision de justice", a répliqué Nicolas Sarkozy. "Je n’ai pas à m’opposer à une décision de justice".
– Ségolène Royal : "Les enseignants ne sont pas des auxiliaires de police", a lancé la candidate socialiste à la présidentielle lors d’un meeting à Nice (Alpes-Maritimes). "Ce n’est pas ça, la France que nous voulons. Ce n’est pas comme ça qu’on défend l’identité nationale, bien au contraire", a-t-elle souligné devant plus de 2.500 personnes réunies à Nice.
– Le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot et Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, se sont déclarés indignés vendredi après l’arrestation de la directrice d’école à propos d’enfants sans-papiers.
– Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a dénoncé vendredi à Lille l’interpellation de la directrice d’école. "Je suis réellement choqué, jamais on n’avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l’entrée d’une école mais en plus une tentative d’intimidation manifeste !"
– L’UNSA Education dénonce les "tentatives d’intimidation à l’encontre des enseignants qui protègent les élèves sans papiers".
– SOS-Racisme demande que cessent "ces harcèlements policiers" qui "ressemblent beaucoup à un signe électoral."
– Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a jugé vendredi "inacceptable d’organiser des formes ’d’embuscades’ près des établissements scolaires afin d’interpeller des personnes qui viennent y chercher leurs enfants". Dans une lettre au premier ministre, il a évoqué une "dérive préoccupante". "J’en appelle aujourd’hui à votre sens de la responsabilité afin que cessent de telles provocations. Rien, pas même la période électorale en cours, ne saurait justifier de tels agissements", a-t-il écrit avant la remise en liberté de l’enseignante.
– Le PS avait "exigé" la remise en liberté de la directrice, qui s’est avérée effective dans l’après-midi.
– François Bayrou, candidat UDF, a condamné la mise en garde à vue d’une directrice d’école, estimant que "dans cette affaire, on a franchi des limites". "Ca ne se fait pas dans la République d’arrêter une directrice d’école maternelle et de la mettre en garde à vue, simplement parce qu’elle a témoigné son indignation au moment de l’arrestation spectaculaire et violente du grand-père d’un enfant scolarisé dans son école".
– Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, a estimé que "c’est à l’un des derniers refuges des valeurs de la République -l’école - que le ministre-candidat de l’UMP s’attaque en posant la dernière pierre de son action au sein de ce gouvernement".
– Olivier Besancenot, candidat LCR, a fustigé vendredi Nicolas Sarkozy après l’interpellation de la directrice. "Le ministre candidat Sarkozy montre son vrai visage : derrière son discours électoraliste sur le respect des enseignants pointe ouvertement sa politique répressive et policière".
– Marie-George Buffet, candidate PCF, a jugé l’arrestation "révoltante. On peut se demander jusqu’où ira la violence et l’absurdité de la politique ultra-répressive menée par le gouvernement ? Cette directrice d’école n’a fait que son devoir en empêchant une arrestation injuste. Ces pratiques rappellent les heures les plus sombres de notre histoire et elles doivent cesser".
– Arlette Laguiller (LO) s’est dite "profondément indignée par la rafle organisée par la police dans le 19e arrondissement de Paris devant l’école maternelle Rampal. Je joins ma protestation à celle de tous ceux qui ont exprimé leur révolte contre cette action de la police qui n’hésite pas à utiliser les écoles comme une véritable souricière pour faire la traque aux enfants et à leur famille. Et je réclame la libération immédiate des personnes arrêtées dans cette affaire et l’arrêt de toutes les poursuites".
– L’altermondialiste José Bové avait appelé à un "rassemblement immédiat" devant le commissariat du XIXe arrondissement où est détenue la directrice d’école.
Comité de soutien Lasalle-Rampal,
– Maria Clark, 06 18 01 07 63
– Thérèse Coriou, 06 82 18 39 14
– Dominique Perez, 06 84 52 00 41
RESF Paris,
– Brigitte Wieser 06 88 89 09 29
– Anthony Jahn 06 61 98 45 18
Le site du réseau éducation sans frontière RESF
Le premier article du "Quotidien des ZEP" à ce sujet le 21 mars