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ADDITIF DU 17.09.26
A l’approche de la présidentielle, l’IFE veut peser dans le débat public
L’institut français de l’Éducation (IFE) sort une nouvelle publication, Edudébat, dans l’optique d’aiguiller les professionnels et les décideurs sur des sujets qui font l’actualité éducative. Plus largement, son directeur, Xavier Pons, veut davantage rapprocher la recherche des professionnels de terrain.
« Faire de l’IFE un lieu privilégié de débat »
C’est une antienne que l’on entend chez les acteurs du monde éducatif, ministres et autres candidats à des postes prestigieux : il faut davantage rapprocher la recherche et les professionnels de l’école. Parmi les défenseurs de cette idée, l’Institut français de l’Éducation (IFE) a une place de choix puisque c’est sa raison d’être même. Cet organisme, sise au sein de l’ENS de Lyon et qui se veut « autonome et indépendant », a pour objet « l’organisation du dialogue entre les chercheurs et les acteurs de l’éducation, et veut faire connaître les travaux des chercheurs aux professionnels », explique Xavier Pons, son directeur, lors d’une conférence de presse, le 16 septembre.
En effet, selon celui qui est également chercheur spécialiste des politiques éducatives, « les recherches internationales montrent qu’il est important d’alimenter les acteurs de l’éducation par la recherche dans leur pratique pour une amélioration des résultats ». Or, il constate « un écart important entre des recherches, nombreuses, et la reprise, partielle voire inaboutie, de ces travaux ». Une situation qui s’explique selon lui notamment par « un manque de temps des professionnels et des difficultés à identifier les recherches et les chercheurs pertinents pour leur activité ».
L’IFE veut alors profiter de la prochaine élection présidentielle et de la campagne qui la précède pour améliorer le lien recherche-terrain, et au-delà. Xavier Pons porte ainsi l’ambition de « faire de l’IFE un lieu privilégié de débat des politiques éducatives dans le cadre des prochaines échéances ». A ce titre, l’institut lance une nouvelle publication, qui s’ajoute à celles déjà existantes telles que Edurevue (synthèse de travaux de recherche sur une thématique) ou Edubref (analyse d’une thématique à partir de la recherche) : Edudébat.
Partir d’une question déjà dans le débat public
Alors que, d’ordinaire, les travaux de l’IFE consistent à partir d’une question traitée par la recherche pour l’analyser et en publier un condensé des résultats, avec Edudébat, la démarche est différente : « On part d’une question qui circule dans le débat public », explique Marie Gaussel, en charge de cette publication. Précisément, pour pouvoir faire l’objet d’un numéro d’Edudébat (l’objectif est d’en publier deux par an), le thème doit avoir eu un « écho dans les arènes à la fois médiatiques, politiques et scientifiques », ajoute-t-elle.
Autre différence avec les habitudes de l’IFE : alors que le public cible est d’ordinaire les professionnels de terrain, Edudébat vise en plus tous les autres acteurs qui s’intéressent aux questions éducatives : politiques, médias, etc.
Un numéro sur la cantine, puis sur les violences subies par les élèves
Le premier numéro de cette « note de controverse », telle qu’elle est présentée par l’institut, publié début septembre, porte sur la cantine scolaire. Il évoque notamment les questions de la gratuité (« universelle, ou ciblage social ? ») et des menus (« unique, ou de substitution ? »). Le deuxième portera sur les violences subies par les enfants dans l’espace scolaire. « Nous partons des présupposés du débat et on déplie en trois temps : comment la recherche documente la thématique ; ce qui fait débat ; les zones d’incertitudes, ce que le débat ne dit pas. L’idée est notamment de montrer que ce qui est souvent vu comme aller de soi ne va en réalité pas forcément de soi », poursuit Marie Gaussel.
Une des difficultés voire contradictions de cette publication est qu’elle doit éclairer le débat en un minimum d’espace : d’une longueur de quatre pages, chaque question est abordée succinctement. Xavier Pons confirme : « La gageure consiste à arriver à faire passer énormément de choses dans un format court ». Il faut voir cette publication comme « un point de départ pour étudier une problématique » même si, reconnait-il, elle s’adresse à un public « pressé ».
En résumé, Edudébat « ne dit pas quoi faire, mais dit ce que la recherche dit sur tel sujet », conclut Xavier Pons. Et de formuler un espoir, quasi utopique, en paraphrasant Claude Thélot : « Si on arrive déjà à se mettre d’accord sur les constats, on aura fait un grand pas ».
Erwin Canard
Extrait de cafepedagogique.net du 17.09.26
Education : Les "allants-de-soi" sont souvent de fausses évidences (IFE-ENS)
En matière d’éducation, bien des "allants-de-soi" n’en sont pas, et en cette année électorale, les fausses évidences et les références à la science là où la science n’a rien dit, ou dit l’inverse, sur les écrans par exemple, vont vraisemblablement se multiplier dans les discours des candidats. Les écarts entre des recherches de plus en plus nombreuses et les connaissances effectivement mobilisées dans le débat public vont aller croissant. D’où la nécessité de disposer d’un organisme indépendant, capable de faire l’interface entre les travaux des chercheurs et les acteurs du système éducatif, plaide l’IFE - ENS, et Xavier Pons, qui a succédé à Luc Ria à la direction de l’institut français de l’éducation, composante de l’Ecole normale supérieure de Lyon, présentait ce 16 septembre à la presse ses missions.
Il lance à cette occasion une nouvelle publication bi-annuelle, un 4 pages, "édudébat", consacrée à des sujets que la recherche n’éclaire pas suffisamment, comme la cantine, objet du 1er numéro, ou les violences subies par les enfants dans l’espace scolaire qui seront évoquées dans le second numéro.
Sur la cantine, Marie Gaussel, autrice de la "note de controverse" constate que le débat public porte sur les coûts, pour la collectivité et pour les familles, sur la qualité des matières premières, sur les menus de substitution, mais bien peu sur la place de l’enfant dans cet espace de socialisation "où se rejouent les rapports de pouvoir entre élèves, les stratégies d’affiliation au groupe et la confrontation entre cultures familiales et règles scolaires". Le débat public ne s’intéresse pas non plus, ou bien peu aux personnels de restauration et aux ATSEM, à leurs conditions de travail, à leur rôle nourricier. Il ne faudrait pas se focaliser sur le bio et les circuits courts, en ignorant l’organisation du travail. "L’industrialisation a éloigné la production des repas de l’école ; elle a invisibilisé et dévalorisé la compétence nourricière, invalidé la cuisine comme domaine éducatif (...). Le modèle industriel sépare les enfants des personnes qui préparent et servent les repas en effaçant la cuisine comme activité relationnelle."
La note de controverse ici (PDF)
Extrait de touteduc.fr du 16.09.26
EDUdébat
La note de controverse pour éclairer les débats éducatifs
Marie Gaussel,
Responsable de médiation scientifique
à l’IFÉ/ENS de Lyon
À la cantine, tout ne se joue pas dans l’assiette
Combien ça coute1 ? Qui peut y manger ? Et qui prépare les repas ? Pour son premier numéro, Édudébat s’invite à la cantine pour mettre au jour ce qui s’y passe.
En un clin d’œil
• Fréquentation 40 % des collégien·nes de familles défavorisées ne déjeunent pas à la cantine, contre 22 %
des plus favorisé·es (Cnesco, 2017).
• Justice sociale 92 % des personnes interrogées considèrent la restauration scolaire comme un rempart contre la précarité alimentaire (Ipsos, 2026).
• Coût 8,49 € en 2024, contre 7,63 € en 2020.
C’est le coût moyen d’un repas servi à la cantine. Les familles en couvrent moins de la moitié dans la plupart des cas ; pour 71 % des collectivités, le reste à charge dépasse 50 % (Association des maires de France et AgroParis Tech, 2024).