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Présidentielle. Dans une lettre de rentrée aux enseignants, Olivier Faure met en avant l’exigence d’égalité et de mixité sociale

3 septembre

Lettre à celles et ceux qui font vivre l’École de la République
Classes surchargées, manque de personnels, difficultés de remplacement, accompagnement insuffisant des élèves en situation de handicap, multiplication des tâches administratives, manque de temps pour travailler collectivement, conditions de travail dégradées : le constat de ne plus pouvoir exercer son métier comme on le souhaiterait est aujourd’hui très largement partagé. Nous devons placer l’éducation au cœur de notre projet de société.

[...] Je suis profondément attaché à une École publique, laïque et républicaine, parce qu’elle constitue l’un des fondements de notre pacte démocratique et qu’elle est la seule à même de garantir le droit à la réussite de chaque enfant.
Une école qui ne demande pas aux enfants d’où ils viennent pour décider jusqu’où ils pourront aller.
Une école qui lutte contre les déterminismes sociaux et territoriaux au lieu de les reproduire.
Une école du bien-être qui ne trie pas les élèves et qui donne à chacun les moyens de réussir, quels que soient son milieu social, son lieu de résidence ou les difficultés auxquelles il peut être confronté.
Une école qui apprend à penser, à argumenter, à respecter l’autre , à exercer son esprit critique pour mieux s’émanciper, qui transmet les savoirs, mais aussi les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Une école juste pour tous, exigeante pour chacun. Une école qui donne un enseignement commun à tous ses enfants , au moins le temps de la scolarité obligatoire.

Une école qui redevient ce lieu de résistance des esprits. Alors que les bouleversements de l’Intelligence Artificielle bousculent tout, alors que la désinformation fait rage et que la guerre menée à l’encontre de la liberté de nos imaginaires est visible par tous, je crois que l’enseignement des arts, le plaisir de la lecture, sont autant d’outils de résilience démocratique que de formidables bâtisseurs d’esprits libres.
Une école qui fait de la mixité sociale et scolaire un enjeu majeur car elle est la condition même d’une véritable école de la République. Faire se rencontrer des enfants et des jeunes issus de milieux, de parcours et de territoires différents, c’est leur permettre de mieux se connaître, de dépasser les préjugés, d’apprendre à vivre ensemble dans une vision éducative, citoyenne et républicaine.
La mixité sociale et scolaire n’est pas seulement une question de répartition des élèves : elle est le seul chemin à emprunter car c’est la condition du progrès social collectif. Nous voulons une École qui prépare à une société du commun, du partage et de l’émancipation, à rebours d’une société de l’entre-soi, de l’individualisme et de la compétition.
Le séparatisme social et scolaire ne peut donc être considéré comme une fatalité. L’École de la République doit être l’un des lieux où nous construisons concrètement l’égalité, où chaque enfant peut côtoyer l’autre dans sa diversité, où la réussite de chacun ne se construit pas au détriment des autres, ou l’altérité constitue une source de richesse dans une vision humaniste et fraternelle. Alors que la droite a organisé l’évitement scolaire, vers le privé, je proposerai demain de conditionner le financement des établissements privés sous contrat à des obligations de mixité sociale.

Extrait de blogs.mediapart.fr du 02.09.26

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