> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025 > Conférence de rentrée d’Edouard Geffray : un catalogue d’annonces et de (…)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Conférence de rentrée d’Edouard Geffray : un catalogue d’annonces et de confirmations diverses

26 août

Interdiction du portable au lycée, violences sexuelles : les nouveautés de la rentrée 2026

Téléphone portable interdit au lycée, nouveau questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles, cérémonie autour du 11 novembre… : découvrez les principales nouveautés au collège et au lycée pour cette rentrée 2026.

Une semaine avant la rentrée scolaire, c’est dans la cour du lycée Arago (Paris XIIe) que le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a présenté ses principales annonces à l’occasion de la traditionnelle conférence de presse pour la rentrée 2026. La dernière du quinquennat du président Emmanuel Macron.

Interdiction du portable au lycée
C’est la mesure phare de cette rentrée 2026, qui risque de décontenancer un certain nombre d’élèves. L’utilisation du téléphone portable est désormais interdite au lycée, dans le cadre d’une nouvelle mesure nationale.

"À l’échelle d’une année, les élèves passent plus de temps devant leur téléphone qu’en cours", rappelle le ministre. L’objectif est de permettre à chacun de mieux se concentrer en classe, de limiter les distractions et de favoriser des relations plus sereines entre élèves.

Chaque lycée doit préciser les modalités de cette interdiction dans son règlement intérieur, notamment concernant les moments et les lieux où les téléphones devront être éteints et rangés.

Pour sa part, le syndicat enseignant SE-Unsa exprime son opposition à cette mesure. "On n’avait pas besoin de cette loi : elle ne sert strictement à rien, sauf à compliquer la vie des lycées. On traite un terminal de 17 ans de la même manière qu’un élève qui entre au collège à 11 ans", dénonce Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-Unsa.

Un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles
Le 5 novembre, journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, un questionnaire sera distribué aux collégiens et lycéens afin de mieux identifier les violences sexistes et sexuelles qui peuvent être vécues aussi bien dans le cadre familial que dans le cadre scolaire.

Ce questionnaire viendra compléter le questionnaire annuel consacré au harcèlement scolaire déjà connu des élèves. Le ministre précise qu’il sera anonyme, mais les élèves qui le souhaitent pourront toutefois laisser leur nom s’ils veulent être accompagnés ou parler de leur situation avec un adulte de confiance.

"Tout ce qui permet d’améliorer le bien-être des élèves est bon à prendre. La question, c’est comment on organise la passation de ces questionnaires ?", s’interroge Jérôme Fournier.

Les examens du bac et du brevet en matinée
Le ministre confirme que les épreuves des examens du bac et du brevet pourront se dérouler le matin au mois de juin, afin de mieux protéger les élèves et les personnels en cas de fortes chaleurs.

Il a également indiqué que "des éléments de correction sur les épreuves et les attendus du brevet seront rendus publics d’ici le 10 septembre, et notamment un barème public".

De plus, les épreuves écrites du baccalauréat professionnel se dérouleront la première quinzaine de juin, à peu près au même moment que celles des voies générale et technologique.

Pour les élèves en terminale professionnelle, deux semaines d’accompagnement personnalisé seront également proposées avant la clôture de la saisie des vœux sur Parcoursup.

Une cérémonie commémorative autour du 11 novembre
Edouard Geffray annonce également que chaque établissement organisera, autour du 11 novembre, une cérémonie en hommage aux personnes mortes pour la France. Ce moment permettra aux élèves, à partir du CM1, de comprendre l’Histoire et de réfléchir aux valeurs de paix et de citoyenneté.

Un concours général des collèges pour les 3e
Autre nouveauté destinée à encourager et valoriser l’excellence scolaire. Au mois de janvier 2027, un concours général des collèges proposera aux élèves de 3e cinq épreuves : raisonnement scientifique, écriture créative et littéraire, histoire-géographie, arts plastiques et informatique et technologies d’avenir.

Chaque élève ne pourra passer qu’une seule épreuve. Les établissements pourront inscrire jusqu’à 10% de leurs élèves tout en respectant une parité parfaite.

Le SNALC avait alors indiqué en juin dernier dans un communiqué "que l’objectif de 10% était très ambitieux et qu’introduire une stricte parité pourrait empêcher certains élèves – filles comme garçons – de participer".

Extrait de letudiant.fr du 25.08.26

 

Rentrée : Édouard Geffray dans les pas de Jean-Michel Blanquer

Pas de « réforme Geffray », a répété le ministre de l’Éducation nationale lors de sa conférence de presse de rentrée mardi 25 août. « instruire, protéger, unir, prévoir », pour sa rentrée, Édouard Geffray assume une ligne qui rappelle celle de Jean-Michel Blanquer.

« Ce n’est pas d’une réforme de plus dont nous avons besoin, c’est d’un cap »

Dans la cour du lycée Arago, à Paris, Édouard Geffray n’a pas cherché l’effet de rupture. Pour sa première conférence de rentrée, le ministre revendique au contraire la continuité, la fermeté et la méthode. « Loin des discours d’effondrement qui se multiplient, je crois que nous gardons la main sur notre avenir, et que cet avenir passe par notre École », affirme-t-il… avant de présenter un diagnostic sans concession. « Un affaissement du niveau d’expression » des élèves, de fortes disparités en français et en mathématiques, une « invasion » des écrans. « Nos résultats ne sont pas à la hauteur de ce que nous promettons à nos enfants », pas question pour autant, assure-t-il, d’empiler une réforme supplémentaire. « Ce n’est donc pas d’une réforme de plus dont nous avons besoin, c’est d’un cap. » Un cap résumé en quatre verbes : instruire, protéger, unir, prévoir.

L’instruction d’abord

C’est le cœur du discours. Édouard Geffray veut remettre la pédagogie au centre du métier enseignant et assume une pédagogie « plus explicite », « plus rigoureuse ».

Son constat porte sur plusieurs décennies : la France ferait face à « un affaiblissement du niveau de ses élèves depuis quarante ans », particulièrement en maîtrise de la langue et en compétences scientifiques et mathématiques. Le bilan choisi de plusieurs décennies de politiques éducatives permet de faire l’économie du bilan de la dernière décennie, le bilan de la politique éducative sous la présidence de Macron. Pour cette dernière rentrée après deux quinquennats, l’ambiance n’est pas au satisfecit.

Le ministre pointe ce qu’il considère comme un recul progressif de « l’exigence de la rigueur et de l’apprentissage méthodique ». « L’École n’est pas la voiture balai de la société », affirme-t-il. Elle doit rester « le lieu de l’instruction, de la socialisation et de l’émancipation par le savoir ». « On ne peut pas tout demander à l’École », insiste le ministre. Sa priorité est donc de permettre aux enseignants de se recentrer sur « leur cœur de métier ». Mais sans moyens complémentaires ni formation. Sans profiter non plus de la baisse démographique pour baisser le nombre des élèves par classe.

Du vocabulaire à la résolution de problèmes : retour aux fondamentaux

Cette priorité doit commencer dès le premier degré avec des programmes qui ont été intégralement revus et les efforts engagés dans l’éducation prioritaire, notamment avec le dédoublement des classes. Seule référence au bilan d’ailleurs, si ce n’est le retour des épreuves de baccalauréat du lycée professionnel en juin, une décision présentée comme l’un des enseignements tirés des précédentes expériences.

La première bataille du ministre Édouard Geffray est celle du langage : il fixe un objectif précis : 2 500 mots de vocabulaire maîtrisés à la fin de la maternelle.

La lecture et l’écriture doivent également retrouver une place centrale. Le ministre rejette les exercices qu’il juge trop mécaniques : « Nos élèves n’apprennent pas en complétant des textes à trous, mais en lisant et en écrivant des phrases complètes et correctes, et en apprenant les règles de grammaire. »

L’occasion d’un clin d’œil choisi : le lycée Arago est l’ancien établissement de M. Bled, dont le nom reste associé aux célèbres ouvrages de grammaire. « C’est sans doute un signe ! », sourit le ministre. Même logique pour les mathématiques, où les automatismes et la résolution de problèmes doivent être replacés au cœur des apprentissages. Un air de retour des « fondamentaux ».

Au collège, donner aussi sa chance à l’excellence

« Un élève a le droit d’être bon », affirme-t-il. Le ministre veut également s’attaquer à un autre paradoxe : celui d’une école qui cherche à réduire les difficultés mais qui, selon lui, ne valorise pas suffisamment les meilleurs élèves. Le ministre annonce ainsi la création d’un premier Concours général des collèges, avec l’objectif d’une représentation équilibrée entre filles et garçons. « Chaque territoire aura son premier prix ». Trois cents nouvelles classes de CHAM — classes à horaires aménagés musique — doivent également être créées. C’est aussi la première rentrée du dispositif des 800 collèges où les demandes de formation des enseignants seront acceptées, se félicite le ministre, et les dispositifs consolidés.

Le lycée et les examens : l’exigence doit se voir dans les notes

L’exigence pour les examens. Dès le début du mois de septembre, les éléments de correction et les attendus du brevet et du baccalauréat seront rendus publics. Un barème précis sur la maîtrise de la langue, discipline par discipline, indiquera notamment le nombre de points susceptibles d’être perdus lorsque la maîtrise du français est manifestement insuffisante.

Une rentrée dans les pas de Blanquer ?

« Tenir ce cap n’appelle ni frénésie, ni effets d’annonce, ni idéologie » déclare le ministre, mais peut-être appelle-t-il un bilan ?

Édouard Geffray refuse l’étiquette d’une grande réforme qui porterait son nom. La rentrée du dernier ministre Rue de Grenelle de la présidence Macron redessine la ligne politique du premier quinquennat et du ministre Blanquer : retour aux fondamentaux, exigence accrue, priorité au français et aux mathématiques, autorité de l’institution, valorisation de l’excellence et recentrage du métier enseignant sur l’instruction. Une orientation qui rappelle nettement la période Jean-Michel Blanquer. La boucle est bouclée.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 26.08.26

 

Voir aussi :

Extrait de cafepedagogique.net du 26.08.26

 

Edouard Geffray : C’est par l’Ecole que "nous sommes la France"

"Un enfant qui s’assied sur les bancs de l’école est un enfant de la République." A l’occasion de la conférence de presse de rentrée, ce 25 août, Edouard Geffray est revenu à plusieurs reprises pour affirmer, parmi d’autres sujets davantage circonstanciels, sa conception de l’Ecole, un lieu "où l’on ne choisit pas son voisin", avec qui on a pour seule caractéristique commune d’avoir le même âge, une situation qui permet que soient "dépassées les convictions singulières" pour une mise en commun au service de la communauté nationale. C’est par l’Ecole et la laïcité que "nous sommes la France". Le ministre de l’Education nationale insiste de plus sur l’unicité du système scolaire. "On ne touche pas même un cheveu d’un personnel", si "on touche un membre du corps, on touche tout le corps."

Ce système est confronté à trois défis, la démographie, le changement climatique et l’IA. Sur l’intelligence artificielle, le ministre n’est ni technophile ni technophobe et il annonce un enseignement obligatoire pour son appréhension en seconde, le programme sera bientôt publié. Sur l’adaptation au changement climatique, il a confirmé que tous les examens auraient lieu le matin et qu’une augmentation du "fonds vert" (qui soutient les collectivités, propriétaires des locaux qui doivent être aménagés,ndlr) serait augmenté dans le PLF 2027. Mais c’est surtout sur les conséquences de la diminution des effectifs qu’Edouard Geffray s’est étendu.

Il souhaite d’ailleurs qu’on se souvienne de lui comme étant celui qui aura amené à penser à 10 ou 15 ans dans un ministère qui ne comptait jusqu’à présent "pas un seul démographe, pas un seul géographe", il va donc créer "une DATAR de l’Ecole". Cette réflexion sur l’aménagement du territoire et de l’offre scolaire doit se faire au plus près du terrain. Il constate que le département n’est pas toujours la bonne échelle et qu’il faut réunir les divers acteurs d’un bassin de vie, où l’on trouve écoles, collèges, lycées, ce qui permettrait des contractualisations à 5 ans (ce qui, implicitement, obligerait tout ministre à l’avenir, quelle que soit sa couleur politique). L’expérimentation menée dans 18 départements a permis de valider la méthodologie employée et le dispositif sera étendu à tout le territoire dès l’an prochain. Il indique qu’alors qu’était prévue une diminution des effectifs de 150 000 élèves, ce sont finalement 161 000 qui manqueront à cette rentrée, dont 110 000 dans le 1er degré.

Le ministre est également convaincu que la recherche de l’excellence, que symbolise le "concours général des collèges" favorise la mixité sociale ; "on a le droit d’être bon" dans tous les établissements, ajoute-t-il, annonçant la création de 300 "CHAMS" (classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences) supplémentaires.

A noter également parmi les annonces celle qui sera présentée à la mi-septembre dans le domaine de l’Education artistique et culturelle pour offrir aux élèves "une alternative aux écrans", il s’agit d’une "urgence sanitaire", il faut d’ailleurs augmenter le nombre des personnels infirmiers, des services sociaux et des psychologues de l’Education nationale.

Interrogé sur les inspections menées dans les établissements sous contrat, le ministre indique qu’elles se poursuivront selon le rythme prévu, et qu’elles ont donné lieu l’année dernière à six "articles 40" (transmission au procureur, ndlr), quatre dans des établissements catholiques, un dans un établissement laïc, un dans un établissement musulman.

Sur l’échec du "bac+1" qui n’a intéressé que 4000 lycéens professionnels, Sabrina Roubache, ministre déléguée, explique qu’il faudrait, et elle fait tout pour, que cette année soit considérée comme relevant de l’enseignement supérieur, avec le niveau correspondant de bourses.

Parmi d’autres sujets comme les cyberattaques et le vol de données personnelles, le questionnaire sur les violences sexuelles que peuvent avoir subies les élèves et l’importance de l’EVAR-EVARS (un sujet "non négociable", dit-il), l’interdiction du portable au lycée, la prochaine publication d’un barème pour la notation de l’expression et de l’orthographe dans les copies d’examen..., le ministre a évoqué la réforme des concours de recrutement pour noter une amélioration des notes des derniers reçus et pour se féliciter de l’attractivité de la nouvelle licence LPE (licence mention "professorat des écoles") qui a attiré sept candidats pour une place.

Extrait de touteduc.fr du 25.08.26

Répondre à cet article