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B* L’école dehors. Expérimenter la nature avant d’apprendre à la connaître : témoignage d’une professeure des écoles en REP dans l’Eure (Cahiers pédagogiques)

8 juillet

L’école du dehors : une pédagogie de la patience

La classe dehors a de nombreux bienfaits, elle permet aux élèves de renouer avec leur environnement, d’explorer, d’expérimenter, de s’organiser, de développer leur créativité. Mais cela peut ne pas être évident du tout pour certains élèves. Loin de l’angélisme, une approche patiente et progressive est souvent nécessaire. La reconnexion avec la nature, pas si simple !

J’enseigne en REP, dans une école située en milieu urbain, à proximité d’un grand parc boisé. Les bienfaits des apprentissages en extérieur sont aujourd’hui largement reconnus, et j’ai eu l’occasion de les observer sur plusieurs années : amélioration de la concentration, apaisement émotionnel chez les élèves comme chez l’enseignant, relations plus harmonieuses au sein du groupe, développement de la coopération, etc.

Cependant, cette année, j’ai été confrontée à de nouvelles réactions chez mes élèves, en décalage avec les promesses de l’école du dehors. Beaucoup d’enfants se montraient particulièrement agités, tant sur le plan moteur que cognitif, et peu disponibles pour l’écoute.

Capter leur attention, formuler les consignes ou engager une activité nécessitait de déployer une très grande énergie. Face à cette situation, un sentiment d’incompréhension, voire d’échec, s’est progressivement installé.

J’ai alors partagé cette problématique avec mon groupe RPPN normand (Réseau de pédagogie par la nature), lors d’une rencontre automnale, afin d’identifier ce qui avait pu être négligé dans ma démarche. Le constat du groupe a été unanime : avant toute activité encadrée et guidée, ces enfants avaient avant tout besoin de vivre la nature, de la rencontrer pleinement.

La nécessité des expériences de nature

Si j’avais bien intégré l’idée que, pour apprendre à protéger la nature, il est nécessaire de la connaître et de l’aimer, je n’avais pas perçu qu’une étape préalable était indispensable, celle des expériences de nature. Mes élèves n’avaient pas encore suffisamment expérimenté leur environnement naturel. Ils ne l’avaient ni assez exploré librement, ni suffisamment éprouvé pour être pleinement disponibles aux apprentissages.

On peut ainsi schématiser les étapes de l’école du dehors de la manière suivante : expérimenter, puis connaître, aimer, et enfin protéger. Comme le souligne Sabine Muster-Brüschweiler dans Les bienfaits de l’école à ciel ouvert (La Salamandre, 2024) : « L’enseignement en plein air ne bénéficie pas à tous les enfants dès les premières sorties : certains s’y sentent au début désécurisés ou surstimulés. »

[...]

Nahima Abdallah
Professeure des écoles maitresse formatrice et ambassadrice @classedehors dans l’Eure

Extrait de cahiers-pedagogiques.net du 0206.26

 

Lien vers le site web personnel de Nahima Abdallah

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