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La Quinzaine du vivre ensemble : un temps fort éducatif et citoyen au cœur du collège Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec
La communauté éducative et de nombreux partenaires extérieurs mènent une réflexion collective et engagée pendant La Quinzaine du vivre ensemble : un temps fort éducatif et citoyen au cœur du collège Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec
Chaque année, à l’occasion de la Semaine de lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme, le collège Olympe-de-Gouges se mobilise autour d’un projet d’ampleur : la Quinzaine du vivre ensemble.
Pensée comme un temps fort pédagogique, cette réflexion collective engage l’ensemble de la communauté éducative et de nombreux partenaires extérieurs.
Une initiative en réaction au choc
À l’origine de cette mobilisation, un choc : « On a voulu réagir tous ensemble après la mort de Samuel Paty et après les violences urbaines survenues dans le secteur car le climat scolaire était vraiment dur à ce moment-là. » expliquent les professeures à l’origine du projet.
En 2021, la première édition, alors limitée aux classes de 3e, a fait appel à des témoignages de victimes des attentats du 13 novembre 2015, et aux associations SOS Méditerranée et SOS Femmes 93. Mais très vite, « on a élargi à toutes les classes et à un plus grand nombre de thématiques », poursuivent les professeures.
Un projet mobilisateur
« C’est un projet vraiment collectif qui engage toute l’équipe. » Dès le mois d’octobre, une réunion plénière a permis de définir les thématiques à aborder ainsi que les partenariats.
Des témoignages marquants au service de l’éducation à la citoyenneté
Comment transformer une expérience personnelle en acte citoyen ? C’est la question à laquelle tente de répondre Jean-Luc Wertenschlag, secouriste primo-arrivant sur la terrasse du restaurant La Belle équipe à Paris, le soir du 13 novembre 2015. Son engagement se poursuit au sein de l’Unité nationale des secouristes citoyens de par la présentation d’un kit d’intervention aux premiers secours de victimes par balles ou armes blanches.
Entre le récit des événements de cette nuit noire, Jean-Luc distille son message aux élèves, comme pour mieux faire retomber l’émotion palpable dans la salle de classe : tolérance, paix, joie de vivre malgré des blessures invisibles.
Par la suite, deux membres de l’Association française des victimes du terrorisme, Philippe Duperron et Gaëlle Messager sont venus témoigner de la perte d’un proche au Bataclan. Phillipe a perdu son fils, Gaëlle son compagnon et a été grièvement blessée au visage.
Leur rencontre avec les élèves de 3e a permis d’aborder la douleur et le traumatisme traversés mais aussi le chemin que cela représente de se regrouper au sein d’une association. Les élèves découvrent alors le sens du mot résilience.
L’un d’eux demande : « Est-ce que cela vous fait du bien ou du mal de témoigner en nous racontant vos vies ? » Philippe répond alors que « c’est douloureux, parfois c’est même triste, mais on se dit que c’est nécessaire pour permettre de redonner la parole à ceux qui ne sont plus là pour se raconter ».
Il rappelle aussi qu’en s’engageant pour les autres et pour soi-même, il s’est rendu compte que « tendre la main permet d’aller plus loin ».
Pour Gaëlle, la résilience se vit encore au présent et d’ajouter : « Lors de ma convalescence, j’ai découvert le métier d’ergothérapeute. C’est un métier que je trouve extraordinaire. J’ai découvert qu’en aidant les autres, on s’aide soi-même. »
Déconstruire les préjugés
C’est l’un des objectifs de l’atelier animé par SOS Racisme devant une classe très active. Après une définition des mots liés au racisme, les intervenants recontextualisent leur apparition et les arguments sur lesquels ils prennent appui.
Les 26 critères de discrimination interdits par la loi
Suite à de nombreux échanges, Yasmine, en service civique chez SOS Racisme demande aux élèves : « Mais alors pourquoi le racisme et les discriminations existent-ils encore aujourd’hui ? »
Les élèves comprennent que les clichés continuent de circuler entre les générations, nourrissant ainsi des stéréotypes de toutes sortes, découvrant par la même occasion les 26 critères fondants les discriminations selon la loi.
Et à Yasmine de conclure, que « des préjugés qui ne sont pas questionnés sont vraiment dangereux pour la société ».
Un climat scolaire apaisé
Lors de cette quinzaine, l’organisation classique des enseignements est certes un peu bouleversée par les ateliers, spectacles, projections et théâtres-forums mais « le climat scolaire est vraiment changé et les incidents en vie scolaire sont moins nombreux, les élèves sont très attentifs et investis. On sent qu’ils attendent ce moment. » assure Mme Moysan, proviseure de la Cité scolaire depuis plusieurs années.
« Après cet évènement, les effets sont notables : une majorité des élèves de 3e choisissent un des sujets vus lors de la Quinzaine du vivre ensemble, pour l’oral du brevet. » selon une professeure d’histoire-géographie.
Et il n’est pas rare de croiser, au détour d’un couloir, un ancien collégien interpeller un intervenant ou un ancien professeur pour lui rappeler à quel point son témoignage l’a marqué.