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B* Sevran. Faites (fête) des sciences autour du "Bar à expériences" au collège REP + Évariste Galois (Carep Créteil)

17 février

Faites (fête) des sciences !

Du 6 au 10 octobre, le collège [REP+] Évariste Galois de Sevran a organisé la troisième édition consécutive de sa Semaine des sciences, inscrite cette année dans la thématique nationale des intelligences. Pensée comme un dispositif pédagogique à part entière, cette semaine a visé à renforcer l’appétence des élèves pour les sciences tout en développant des compétences transversales essentielles, dans un contexte d’éducation prioritaire.

Rendre les savoirs scientifiques accessibles et signifiants

Tout au long de la semaine, les espaces de l’établissement ont été investis par des affichages scientifiques conçus en partie par les élèves. Ces supports, mêlant portraits de figures scientifiques, repères historiques et faits scientifiques surprenants, ont contribué à installer un climat favorable à la curiosité intellectuelle. En rendant visibles des parcours scientifiques variés et parfois méconnus, le dispositif participe au rayonnement des sciences dans l’établissement et à une identification possible pour tous les élèves, quels que soient leur niveau ou leur rapport initial aux disciplines scientifiques.

Le « Bar à expériences » : un dispositif d’apprentissage actif

Au cœur de la Semaine des sciences, le « Bar à expériences » constitue un exemple particulièrement éclairant de pédagogie active. Animé par des enseignants de sciences volontaires, ce dispositif proposait aux élèves de résoudre des problèmes scientifiques concrets, sur des temps non contraints (pause méridienne et récréations), sans évaluation chiffrée ni enjeu de performance scolaire.

Ce cadre volontairement déconnecté de la logique de notation a favorisé à la fois l’engagement spontané des élèves ; le plaisir d’initiative et le droit à l’erreur mais également le plaisir de chercher, de manipuler et d’expérimenter.

Interrogés sur cette expérience et invités à résumer cette semaine en un mot, les propositions reflètent le plaisir visiblement pris par les collégiens s’étant prêtés au jeu :

Les situations proposées faisaient appel, de manière intégrée, aux mathématiques, à la technologie, aux sciences de la vie et de la Terre ainsi qu’aux lois de la physique, souvent sans que les élèves n’identifient explicitement les frontières disciplinaires. Ce décloisonnement a indéniablement favorisé une approche systémique des savoirs, plus proche des situations-problèmes rencontrées dans le réel.

Développer des compétences transversales au service des apprentissages

Au-delà des contenus scientifiques, les défis proposés ont mobilisé de nombreuses compétences transversales :
• compréhension fine des énoncés ;
• raisonnement logique ;
• respect de protocoles expérimentaux ;
• coopération et communication au sein du groupe ;
• persévérance face à la difficulté.

La réussite d’un défi, tel que le transvasement d’un liquide à l’aide d’un simple papier absorbant ou la stabilisation d’une pile de manuels avec une feuille A4, repose sur la mobilisation concrète de savoirs scolaires dans une situation immédiatement signifiante pour l’élève. Ces activités ont pleinement contribué à renforcer le sens des apprentissages et à consolider des acquis parfois fragiles en contexte d’éducation prioritaire.

Un projet collectif structurant

Ce projet fédérateur repose sur l’engagement d’équipes pédagogiques motivées, coordonnées par Marine Gosselin, professeure de physique-chimie, avec une ambition clairement affichée : décloisonner les savoirs et les ancrer dans des situations simples, concrètes et accessibles, en lien avec le quotidien des élèves.

L’utilisation de matériaux courants (papier, eau, sirop, liquide vaisselle) permet de lever les obstacles matériels et de montrer que la science est avant tout une démarche d’investigation.

La mixité des participants — élèves de différents niveaux, personnels éducatifs, inspecteur ou chef d’établissement — renforce par ailleurs la dimension communautaire et inclusive de cet événement, contribuant à installer une culture scientifique partagée au sein de l’établissement.

Des indicateurs encourageants et des prolongements pédagogiques

Sur l’ensemble de la semaine, 63 élèves ont participé au Bar à expériences, incluant des élèves de SEGPA et d’UPE2A, ce qui souligne le caractère inclusif du dispositif. Les élèves de sixième représentent près de la moitié des participants, et le nombre important d’élèves revenant à plusieurs reprises (jusqu’à cinq participations) constitue un indicateur fort d’adhésion.

Les élèves ont également été associés à la conception des affichages et invités, s’ils le souhaitaient, à proposer eux-mêmes des expériences. Certains se sont emparés de ces supports pour les présenter en classe dans le cadre de rituels de travail de l’oral ; d’autres ont prolongé l’expérience en empruntant les sacs à dos « J’aime les sciences » proposés par le Labo sciences du collège. Ce dispositif, en place depuis deux ans, permet aux élèves volontaires d’emporter à domicile, pour une semaine, un sac comprenant une expérience scientifique simple, prête à l’emploi.

Perspectives : vers une continuité des apprentissages

Fort de ce succès, les équipes de sciences envisagent de pérenniser et d’élargir, à l’avenir, ce projet dans une logique inter-degrés, en associant les écoles élémentaires du secteur. Cette continuité permettrait d’installer durablement une culture de la curiosité scientifique et de l’investigation, dès le plus jeune âge, et de renforcer la cohérence des parcours d’apprentissage.

La Semaine des sciences apparaît ainsi comme un levier pédagogique structurant, au croisement de l’innovation didactique, de l’inclusion scolaire et du développement des compétences du socle commun.

Extrait de carep.ac-creteil.fr du 03.02.26

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