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B* Strasbourg. Opération « école-collège désert » en REP contre l’insuffisance des moyens pour l’inclusion scolaire

2 février

Strasbourg : opération « école-collège désert » contre une inclusion au rabais

Dans un réseau d’éducation prioritaire, familles et personnels alertent sur le manque criant de moyens pour l’inclusion. Menée par les familles en soutien aux personnels, l’action s’est traduite par une « grève des parents », les enfants étant gardés à la maison. Des banderoles ont été accrochées aux grilles des établissements, avec un message clair : « Inclusion sans moyens = exclusion ».

Opération école-collège mort

Les suppressions de postes annoncées, le statut précaire des AESH entériné par le refus du Sénat, le budget d’austérité ont des conséquences concrètes dans les classes. À Strasbourg, les familles en ont fait la démonstration mardi 27 janvier 2026, en organisant une opération « école-collège désert » dans un réseau d’éducation prioritaire. Une mobilisation destinée à dénoncer une inclusion scolaire sans moyens, jugée délétère pour les élèves comme pour les équipes éducatives.

« Nous savons que les personnels font de leur mieux avec les moyens limités qui sont les leurs »

« Nous sommes devant l’école pour parler du manque de moyens pour l’accompagnement des enfants en situation de handicap  », explique Amélie Dufour, parent élue de l’école maternelle. Avec les autres familles, elle entend « dénoncer les dysfonctionnements du système ». Les familles tiennent toutefois à souligner leur soutien aux équipes éducatives. « Nous savons que les personnels font de leur mieux avec les moyens limités qui sont les leurs », insistent-elles.

L’opération concerne les écoles du Hohberg [REP], Stoskopf [REP], Jean Mentelin et le collège [REP] Twinger, un groupe scolaire qui accueille près de 3 000 élèves. Parents et enseignants alertent sur une situation devenue intenable. Les familles évoquent le cas d’enfants qui relèvent d’un IME mais qui, faute de place, sont à l’école. Il est question d’enfants qui ont besoin d’une attention permanente, qui ont des difficultés d’apprentissage, d’hurlements dans les couloirs, de morsures, d’enfants qui ne verbalisent pas, de troubles autistiques, autant d’enfants qui ont besoin de professionnels.

Une inclusion qui génère de la souffrance

Selon les familles mobilisées, le réseau d’éducation prioritaire accueille de nombreux élèves en situation de handicap, dont les besoins ne peuvent être correctement pris en charge dans les conditions actuelles. « Cette inclusion, sans les moyens pourtant notifiés par la MDPH, dans des classes surchargées et des salles trop petites, génère une grande souffrance et aggrave des troubles du comportement parfois déjà sévères » écrivent les parents.

Ils dénoncent une violence institutionnelle faite à ces enfants, contraints d’être inclus sans accompagnement adapté, au mépris de leurs besoins éducatifs et de leur bien-être. Pour eux, la question de l’inclusion concerne tous les enfants, il s’agit de l’équilibre de la vie de classe. « sans moyens, l’inclusion n’est qu’un slogan » ont-il affiché.

Manque d’AESH et de RASED

Les familles dénoncent le non-respect du droit des enfants à une éducation digne, et de la loi sur l’école inclusive, pointant le manque criant d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et l’absence de personnels du RASED. Selon leurs estimations, une douzaine d’AESH supplémentaires seraient nécessaires pour répondre aux besoins du réseau.

Désemparées, les familles lancent ainsi un nouvel appel d’alerte, à l’aide, pour la deuxième fois depuis le début de l’année scolaire. Elles demandent des moyens à la hauteur des besoins, afin que l’inclusion scolaire cesse d’être un principe affiché et devienne une réalité effective. A noter : les familles insistent sur leur démarche, celle d’une parole-relais de l’équipe éducative, qui, elle, ne peut pas s’exprimer librement.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 28.01.26

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