> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025 > Uniforme à l’école : La fin d’une expérimentation lancée en grande pompe ? (…)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Uniforme à l’école : La fin d’une expérimentation lancée en grande pompe ? (20 minutes)

13 janvier

Uniforme à l’école : La fin d’une expérimentation lancée en grande pompe ?

L’essentiel
Les crédits pour la continuation de l’expérimentation d’une tenue unique pour les élèves en France avaient disparu du projet de budget 2026, qui finalement n’a pas pu être voté fin décembre.
Si les débats continuent sur ce projet de budget, les experts et expertes ne donnent que peu de chances de survie à cette mesure, déjà abandonnée par certaines collectivités qui anticipaient un désengagement de l’Etat accaparé par d’autres priorités budgétaires.
« Rien n’a été officiellement annoncé », lâche seulement de son côté le service de communication du ministère de l’Education nationale.

C’est une disparition qui n’a pas fait beaucoup de tapage, ni connu d’annonce officielle. Et qui n’est d’ailleurs pas encore certaine. Mais la poursuite de l’expérimentation de l’uniforme à l’école, voire sa généralisation, a du plomb dans l’aile. Et tout porte à croire que l’Etat ne mettra plus d’argent dans cette politique à la rentrée 2026.

Rembobinons : c’est le ministre de l’Education nationale de l’époque, Gabriel Attal, qui avait annoncé fin 2023 la prochaine mise en place d’une « expérimentation d’ampleur » sur le port de l’uniforme à l’école, dans diverses collectivités locales, pour mesurer scientifiquement l’efficacité d’une telle mesure.|

Pas de visibilité sur le soutien de l’Etat
Dans les faits, seule une centaine d’établissements scolaires avaient revêtu l’uniforme à la rentrée scolaire 2025, et environ 90 l’année précédente. Mais elle a été abandonnée par certaines collectivités qui anticipaient un désengagement de l’Etat accaparé par d’autres priorités budgétaires.

« Nous avons été les premiers à dire oui, nous avons financé, nous avons expérimenté dans deux de nos lycées avec des tenues made in France », avançait en mars dernier le président de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier. « Mais sans visibilité sur un éventuel soutien de l’État, il aurait été irresponsable d’engager 44 millions d’euros, soit le prix d’un lycée neuf, pour une généralisation dans tous nos lycées régionaux. »

Pas de ligne budgétaire
Les débats sur le budget 2026 sont venus mettre un autre coup de massue au projet. Dans le texte discuté jusqu’au 19 décembre 2025, les crédits pour l’uniforme avaient quasiment disparu, en même temps que la quasi-totalité du programme éducatif du Conseil national de la refondation, dont ils dépendaient. Certes, ce projet de budget n’a finalement pas été voté, et a été remplacé à la fin de l’année par une loi spéciale, qui assure tout juste la continuité de l’Etat. Mais de l’avis des spécialistes, on voit mal la ligne budgétaire sur l’uniforme refaire surface.

« Je ne donne pas cher de la poursuite de l’aventure même si rien n’est annoncé officiellement », indique Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. « Rien n’a été officiellement annoncé », lâche seulement de son côté le service de communication du ministère de l’Education nationale.

Adultisme
A gauche, nombreux sont ceux qui se réjouissent de la fin possible de cette expérimentation. « C’est une excellente chose de cesser de dilapider des sous pour des lubies alors que nous avons les classes les plus chargées d’Europe avec les enseignants et enseignantes parmi les moins bien payées et avec des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sans statut et sous-payées », commente Arnaud Bonnet, député LFI et ancien professeur.

Extrait de 20minutes.fr du 12.01.26

Répondre à cet article