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Le blog du collège Paul Gauthier de Cavaillon
animé par Stéphanie Hélary
Dans une classe Ulis au collège Paul Gauthier de Cavaillon, une chienne accompagne les élèves avec des troubles cognitifs (autisme, dyslexie sévère, troubles de l’attention...). Elle représente une présence apaisante pour ces collégiens sensibles au stress.
"Oasis, c’est tout le temps de la joie !", s’exclame Driss, un élève de cinquième. Ce matin-là, les collégiens du dispositif Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) du collège Paul Gauthier de Cavaillon sont invités par leur enseignante à exprimer leurs émotions à partir d’images qu’elle leur propose. Quand viennent des dessins de chien, tous les associent à la joie.
Depuis 2018, Oasis, une chienne golden retriever, fait partie intégrante de la classe. Qu’elle passe une tête entre les bureaux, qu’elle se prête à des exercices avec les élèves, ou qu’elle se repose sur son coussin, elle est toujours présente.
C’est un peu par hasard qu’elle s’est retrouvée là. Il y a sept ans, Stéphanie Helary, coordinatrice Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) au collège Paul Gauthier de Cavaillon, l’amène en classe, parce qu’elle n’a pas d’autre solution chez elle. À l’époque, Oasis est encore un petit chiot.
La chienne réagit aux besoins des élèves
“Je me suis dit que ça n’allait pas se voir, qu’elle resterait dans le patio attenant à la classe. Mais ce jour-là, j’ai vu les réactions de mes élèves, décentrés d’eux-mêmes, qui avaient de l’attention pour le chien, qui étaient dans le soin, l’empathie.” La quinzaine d’élèves de Stéphanie Helary a des troubles des fonctions cognitives (autisme, dyslexie sévère, trouble de l’attention ou du comportement...). Ils partagent leur temps entre le dispositif Ulis et l’enseignement plus “classique” au collège. “On peut être dans une ambiance de classe qui est un peu chaotique”.
Oasis assiste en permanence aux cours du dispositif Ulis. Les élèves n’interagissent avec elle que lorsque la chienne va vers eux.
Oasis assiste en permanence aux cours du dispositif Ulis. Les élèves n’interagissent avec elle que lorsque la chienne va vers eux.
En classe, Oasis navigue calmement entre les bureaux, elle semble en quête de caresses. “Elle réagit aux besoins des élèves assez instinctivement", précise Stéphanie Helary.
Évoquer le consentement grâce à Oasis
“Certains ont une concentration un peu compliquée ou des angoisses. Ils peuvent se retirer un moment au fond de la classe avec elle", détaille l’enseignante, habituée à observer les besoins de ses élèves et du chien. Quand la chienne demande à sortir dans le petit jardin qui jouxte la salle d’études, il y a toujours un élève qui se lève pour l’accompagner. “Parler de ses émotions à elle, ça permet aussi de parler des émotions des élèves”, explique l’enseignante. La chienne offre par exemple la possibilité d’aborder la notion de consentement avec les collégiens. “C’est quelque chose qui les met très mal à l’aise. Alors que quand on passe par cette médiation du chien, on essaie d’avoir une lecture de son état d’esprit et on se dit ‘est-ce que là, elle a envie d’interagir avec moi ?’ C’est plus facile d’évoquer ensuite avec eux la notion de consentement.”
durée de la vidéo : 00h00mn05s
Au centre du projet, il y a aussi le bien-être animal. “C’est ce qui garantit la sécurité de tous, précise Stéphanie Helary. On doit avoir une vision assez fine de ses réactions, comprendre si elle est stressée, ou quand il y a des moments d’inconfort”. Les élèves apprennent à communiquer avec la chienne, donner des ordres ou lire ses émotions.
Restaurer la confiance des élèves
Pour pouvoir se balader librement dans la classe, Oasis a dû passer un certificat de sociabilité. Et sa maîtresse, se former à la médiation animale. “À l’époque, en 2018, il n’y avait rien, aucune initiative allant dans ce sens. Maintenant, il y a beaucoup plus de projets. Avec des ordres simples, les élèves parviennent à se faire écouter par Oasis “roule", "pas bouger", "donne la patte", "Hop" –pour qu’elle se mette debout. “L’idée, c’est aussi de restaurer la confiance en soi, parce que ce sont des élèves qui ont un parcours scolaire souvent difficile avant d’entrer dans le dispositif Ulis.”
À chaque récréation, la chienne est l’attraction du collège. Les élèves des autres classes viennent voir Oasis pour la caresser.
“Ce n’est pas une peluche”, met en garde Stéphanie Hélary, garante du confort du chien. Elle constate que le stigmate qui touche ses élèves s’est dissipé, maintenant qu’ils font partie de la “classe au chien.” Dans un projet de film en stop motion développé en classe, les élèves d’Ulis évoquent Oasis : “ce qui est bien, c’est que les autres nous envient un peu.”
– L’ULIS mène l’enquête... les Abeilles ont disparu !
Travail réalisé par les élèves d’ULIS qui vont régulièrement en sortie dans une ferme pédagogique “La Ruche” à Ménerbes pour nous sensibiliser sur la protection des abeilles. Réalisé avec l’aide précieuse de Sandra Pinney de “La maison en carton”.
Petite présentation de la médiation animale et pourquoi un tel projet !
[Extrait de aucollege84.vaucluse.de du 04.https://www.aucollege84.vaucluse.fr/blog/pub/1ng855jYlS-blog-ulis/post/0483596f-dfa6-43ff-8079-f039162fd767]
La revoilà sur France3 : cliquez ici
Un chien dans la classe
Extrait de aucollege84.vaucluse.fr du 12.12.25 - 2025-12-12 16h26m11s
https://www.aucollege84.vaucluse.fr/blog/pub/1ng855jYlS-blog-ulis