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B* A l’heure de l’IA, encourager la coopération entre élèves malgré leur réticence à demander de l’aide : dialogue entre 4 enseignants, dont Hélène, prof au collège REP+ Les Provinces à Cherbourg (Les Cahiers)

29 décembre 2025

Demander de l’aide : un apprentissage à construire en classe

Organiser la coopération en classe, c’est l’ambition pédagogique commune de quatre enseignants expérimentant les pédagogies coopératives. Tous sont d’accord pour encourager les interactions entre les élèves, notamment pour qu’ils puissent s’entraider. Mais la friction pédagogique commence quand ils se rendent compte qu’amener les élèves à demander de l’aide n’est pas si facile… Qui dit friction entre collègues dit étincelles pédagogiques. Les voici en partage dans une synthèse de leur dialogue.

Amine bloque sur son exercice de maths, il fixe la page du livre pour faire semblant et attend que l’heure passe. Pendant une heure coop – un temps où les élèves peuvent s’entraider grâce à un tableau en deux colonnes : « Je peux aider » et « J’ai besoin d’aide » –, Elsa préfère rester seule plutôt qu’aller inscrire son prénom dans la colonne « J’ai besoin d’aide ».

Une colonne qui semble de plus en plus désertée. Assia confie à son professeur : « C’est vrai qu’au collège, on était beaucoup sur Snap le soir et on s’aidait parfois sur les devoirs. Maintenant, je vais sur ChatGPT. » Nous observons toutes et tous ce phénomène : la réticence à s’exposer pour éviter le jugement – sur son erreur, sa lenteur ou son incompréhension – conduit insidieusement à une forme de repli sur soi.

[...]

  • Professeures de français au collège : Hélène Dargagnon [collège REP+ Les Provinces à Cherbourg] et Aurélie Guillaume
  • Professeur de SVT au lycée : Laurent Reynaud
  • Professeur de mathématiques au lycée : Cyril Lascassies

[...] Hélène : Oui, mais chez les adolescentes et les adolescents, afficher les réussites est aussi difficile. Il faut déjà suffisamment se connaitre, se faire confiance, et là aussi, ne pas trop avoir peur du retour des autres. J’ai l’exemple d’une élève qui se sous-évalue régulièrement et d’un autre qui ne dit pas qu’il aime les maths et qu’il est performant, de peur de perdre un peu d’estime du groupe qu’il fréquente. Ce n’est pas seulement afficher sa difficulté, qui pose problème.

[...] Hélène : J’aime beaucoup cette idée de « hors menace collective ». Pour permettre la ritualisation de ces temps d’exposition de productions d’élèves au regard des autres, je pense qu’on doit apprendre aux élèves à s’estimer (au sens propre, se donner une valeur) et à pouvoir estimer les autres. Depuis cinq ans, à partir du 1er décembre, je propose à chaque début d’heure de noter sur un bout de papier un « compliment » pour deux élèves de la classe. Chaque papier est rangé dans une enveloppe au prénom de l’élève et cette enveloppe lui sera remise le vendredi des vacances pour qu’il ou elle découvre en classe ces mots. Cela prend cinq minutes à chaque début d’heure de français.

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 17.12.25

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