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Thèse. Évaluer les politiques d’éducation artistique : redistribution culturelle et remédiation scolaire, par Julie Pereira, 2025 : évaluation d’impact dans 57 écoles du Val-d’Oise, toutes situées en REP ou REP+

17 décembre 2025

Évaluer les politiques d’éducation artistique : redistribution culturelle et remédiation scolaire

Auteur(s) : PEREIRA Julie
Date de soutenance : 2025
Thèse délivrée par : Sciences Po Paris (IEP)
Section(s) CNU : section 19 : Sociologie, démographie
Sous la direction de : Philippe COULANGEON

Jury de thèse : Lidia Panico ; Philippe Coulangeon ; Jérôme Deauvieau ; Géraldine Farges ; Pablo Gracia ; Élise Huillery

"L’éducation musicale est souvent associée à des bénéfices extrinsèques tels que l’amélioration des compétences cognitives, exécutives et socio-émotionnelles. Bien que les données observationnelles montrent fréquemment des corrélations positives, la nature causale de ces liens reste débattue. Cette thèse évalue l’impact d’un programme d’éducation musicale destiné à de jeunes enfants défavorisés dans le Val d’Oise. Ce programme — financé par une fondation privée — intègre deux à trois cours de violon par semaine sur le temps scolaire, pendant quatre ans, avec pour objectif d’améliorer la performance académique des élèves. En s’appuyant sur des méthodes mixtes et un design quasi-expérimental, cette étude analyse neuf vagues de données collectées sur quatre ans, portant sur environ 1900 enfants issus de 57 écoles. En appliquant l’entropy balancing comme technique de pondération statistique, l’étude met en évidence un effet positif sur les résultats scolaires en maternelle. Toutefois, en fin de CE1, le programme a un impact négatif significatif sur les compétences en lecture, qui affecte particulièrement les élèves défavorisés. Des entretiens et des observations en classe contextualisent ces résultats, mettant en lumière des variations dans la mise en œuvre du programme. Cette thèse contribue aux débats sur le rôle de l’éducation artistique dans la réduction des inégalités scolaires et soulève des interrogations sur le coût d’opportunité du temps scolaire. Si le temps total d’instruction n’est pas augmenté, l’ajout de nouveaux contenus au sein du programme scolaire peut en effet compromettre les apprentissages fondamentaux, en particulier pour les élèves les plus défavorisés."

p. 506
Nous avons lancé l’évaluation d’impact en septembre 2019, avec neuf écoles maternelles, cinq participant au programme UVDME et quatre écoles contrôles. La première collecte de données, réalisée entre novembre et décembre 2019, concernait 415 enfants en deuxième année de maternelle (âge moyen : 4,38 ans).
Cependant, la pandémie de Covid-19 a conduit à la fermeture des écoles françaises le 16 mars 2020 pour plus de trois mois. Ces perturbations ont suspendu les cours de violon, et de nombreux élèves n’ont pas repris l’école avant septembre 2020. En raison de ces interruptions, nous avons abandonné le suivi de cette première cohorte.
Nous avons redémarré l’évaluation en septembre 2020 avec une nouvelle cohorte d’enfants entrant en deuxième année de maternelle, bien plus nombreuse grâce à la forte expansion du programme. La première étude, avortée, a servi de pilote, nous permettant de valider nos choix de tests et d’ajuster nos calculs de puissance. L’évaluation d’impact du programme UVDME a finalement été menée dans 57 écoles du Val-d’Oise, toutes situées en Réseau d’Éducation Prioritaire (REP ou REP+). Notre design quasi-expérimental compare les élèves de 39 écoles participant au programme (groupe test) à ceux de 18 écoles n’y participant pas (groupe contrôle). Le recrutement des écoles du groupe contrôle s’étant avéré difficile, nous avons inclus tous les enfants de ces 18 écoles, alors que seuls deux-tiers des enfants des écoles du groupe test (tirés au sort) ont participé à l’étude. Lors de la première vague de tests, réalisée entre décembre 2020 et janvier 2021, nous avons pu tester 2066 enfants au début de leur deuxième année de maternelle, 1248 enfants dans le groupe test et 818 dans le groupe contrôle. D’après nos calculs de puissance, ces effectifs devaient nous permettre de détecter des effets de taille supérieure ou égale à 20% d’un écart-type. Neuf vagues de tests de suivi ont ensuite été effectuées, entre mars 2021 et juin 2024, combinant quatre vagues supplémentaires de données collectées par l’équipe de recherche et les résultats de cinq vagues de tests académiques standardisés

Extrait de theses.hal.science de 2025 (524 pages)

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