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Témoignage d’un ancien directeur d’école en REP à Arras sur le passage à la semaine de 4 jours et ½ (tribune au Café)

4 décembre 2025

Un « village gaulois » au fil des rythmes scolaires
27 novembre 2025

La semaine de 5 jours fait partie des propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Un sujet sensible qui fait toujours débat. Marc Lavogez a été directeur d’une école REP à Arras. Il raconte pour le Café pédagogique la mobilisation d’une école … pour les 4 jours et demi depuis 2008. Il revient sur les temps scolaires de l’enfant, rappelle la suppression du samedi, et la perte de 2 heures d’enseignement sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2007.

« Seul changement pour nos élèves, le mercredi matin remplaça le samedi matin. Nous apparûmes alors comme « un village de gaulois irréductibles » » écrit-il.

Pour Jean-Paul Delahaye, Dgesco au moment de la réforme Peillon, avec « la semaine de 4 jours, une exception mondiale que personne n’a songé à imiter, les enseignant.e.s ont connu un gain de temps à défaut d’une revalorisation de leur salaire, les plus faibles d’Europe. » Marc Lavogez poursuit : « selon lui, pour ces raisons, le terrain n’est pas favorable à la mise en œuvre de nouvelles réformes quelles qu’elles soient », concluant « La convention pose d’ailleurs comme condition de réussite de la mise en œuvre de la proposition, la nécessaire revalorisation salariale des enseignant.e.s ».

ARRAS, vendredi 14 mars 2025, 17h56 : des SMS s’affichent sur mon téléphone : « Le conseil d’école vient de se terminer, l’école Voltaire reste encore et toujours à 4 jours et ½ ! ». Retraité depuis quelques mois, je ne participais pas à ce conseil de l’école dans laquelle j’ai enseigné pendant 22 ans, mais chacun connaissait mon intérêt pour la question des rythmes de l’enfant et savait que j’aurais été sensible au résultat de ce vote.

Quelques semaines plus tard, le 2 mai 2025, le président de la République Emmanuel Macron annonçait la mise en place d’une convention citoyenne sur les rythmes de l’enfant. À l’écoute de cette annonce, je ne pus m’empêcher de penser aux élèves de l’école Voltaire qui n’ont jamais connu cette exception mondiale d’une semaine d’école concentrée sur 4 jours. Je ne pus m’empêcher d’espérer que les conclusions de la convention donnent raison à l’équipe éducative et aux parents de l’école Voltaire qui ont toujours choisi au fil des années, depuis 2008, la semaine de 4 jours et ½.

Retour sur 17 années de consensus et de divergences

Tout commence en septembre 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Xavier Darcos, ministre de l’Éducation Nationale supprimait le samedi matin et instaurait la semaine des 4 jours : c’était un changement majeur dans l’organisation de l’école ! Le temps d’enseignement des élèves du primaire passait de 26h à 24h ! Pour autant, le volume horaire des professeurs des écoles en présence restait inchangé. Aussi pour compléter leur emploi du temps, furent mis en place les APC, « Activités Pédagogiques Complémentaires ». L’objectif de ce dispositif était d’apporter une aide ponctuelle et ciblée aux élèves ayant besoin de remédiation. L’organisation de ce temps était laissée à l’appréciation de chaque école…

Je garde le souvenir intact de cette fin d’après-midi de mars 2008, où avant de quitter l’école, je me suis arrêté dans la salle de réunion où se trouvaient G.Szarzynsky et S.Cassar respectivement directeur et directrice de l’école Voltaire Petits et de l’école Voltaire Grands (les 2 écoles fusionneront en 2013).

Tou.te.s deux perplexes, face au tableau sur lequel était esquissé l’emploi du temps des 4 jours d’école. Leur interrogation à ce moment là : Où placer les APC ? Le matin, avant le début des cours ? Le midi, pendant la pause méridienne ? En fin d’après-midi, à l’issue des 6h de cours ? » Aucune de ces solutions n’était satisfaisante. La conséquence était toujours la même : un allongement de la journée pour les élèves les plus fragiles ! Effectivement, le temps des APC venait s’ajouter aux 6 heures d’enseignement, 6 heures déjà longues lorsque l’on est en difficulté ! À l’évidence, cette organisation n’avait pas été pensée dans l’intérêt de l’enfant. Elle était même contraire aux recherches de tous les chrono-biologistes qui préconisaient déjà à l’époque un allègement de la journée. François Testu, professeur émérite en psychologie et chercheur en chronobiologie avertissait dès début 2007 dans le quotidien « Le Monde » que la suppression du samedi matin risquait de déboucher sur une semaine de 4 jours qui, de son point de vue, était le plus mauvais aménagement du temps et la solution à éviter.

Rappelons que la semaine des 4 jours avait déjà été expérimentée dans quelques villes, moyennant un raccourcissement des vacances. Un rapport de l’Inspection générale, publié en JANVIER 2000 concluait que la formule de la semaine à 5 jours restait la plus favorable pour la continuité pédagogique et le respect des rythmes biologiques des élèves.

Dans ce contexte, une évidence s’est imposée aux deux directeurs.trices : « Nous devons rester à 4 jours et ½ ! ». L’idée était séduisante, mais restait à la mettre en œuvre. Leur tâche s’avéra colossale. Il leur fallut convaincre leurs collègues enseignant.e.s, les parents et leurs enfants, la Direction académique de l’Éducation Nationale et la municipalité.

« Un village de gaulois irréductibles »

L’engagement de la ville d’Arras à mettre en place des activités périscolaires spécifiques pour l’école permit de soumettre un projet cohérent aux parents. Soumis au vote à l’ensemble des parents des deux écoles, plus de 80% l’approuvèrent.

Le projet adopté et la dérogation acceptée, la rentrée de septembre 2008 se fit sur un rythme de 4 jours et 1/2. Seul changement pour nos élèves, le mercredi matin remplaça le samedi matin. Nous apparûmes alors comme « un village de gaulois irréductibles » expression utilisée par quelques organes de presse. Ils furent nombreux de la presse écrite et télévisuelle, locale et nationale à venir y faire des reportages…

Difficile de connaître le nombre précis d’écoles ayant adopté la même démarche que la nôtre. Toujours est-il que la question des rythmes resta en débat au niveau national. Luc Chatel, successeur de Xavier Darcos au ministère de l’Éducation Nationale lança en 2010 une Conférence nationale sur les rythmes scolaires. Les conclusions furent sans appel : « la journée est trop longue et fatigante », « la semaine est épuisante à l’école primaire » et « l’année scolaire est déséquilibrée ». Des propositions concrètes en émanèrent. Pour l’école primaire, la recommandation était de limiter la durée de classe à 5h quotidiennes. La commission proposa un retour aux 4 jours et ½ dont le mercredi matin, s’appuyant sur le fait qu’une grande majorité d’organisations d’enseignants et de parents entendues sur ce sujet y étaient favorables. Les auteurs plaidèrent pour » une journée moins lourde, mais pas nécessairement moins longue « , qui se décomposerait en 5 heures d’enseignement quotidien au maximum auxquelles s’ajouteraient 2 heures d’activité périscolaires ou de soutien pour que les enfants puissent faire leur devoir dans l’établissement et « rentrent chez eux tout travail fait « .

Luc Chatel ne voulait-il pas réitérer l’erreur de son prédécesseur en réorganisant les rythmes scolaires dans la précipitation ? Toujours est-il, qu’il ne fit rien de ces préconisations. C’est Vincent Peillon ministre de l’Éducation Nationale de François Hollande qui légiféra par décret le retour à 4 jours ½.

Le décret des 4,5 jours

Les municipalités eurent la possibilité de la mettre en œuvre dès septembre 2013 ou d’attendre la rentrée 2014. À Arras, s’appuyant sur l’expérience de l’école Voltaire, la réforme fut mise en place de suite. Jean-Jacques POLLET, recteur de l’académie de Lille fit d’ailleurs sa conférence de presse à l’école pour présenter la réforme. Il y présenta notamment les TAP (Temps d’Activités Pédagogiques) créés pour permettre une présence à l’école des élèves jusque 16h30, Temps d’activités qui ne devaient pas être « une simple garderie ».

Ce sont les TAP qui suscitèrent le mécontentement et la fronde de nombreux élus. Le relatif consensus sur l’allègement de la journée scolaire éclata dès l’annonce de la réforme et celle-ci fut l’objet de toutes les critiques.

La mise en place des TAP s’avéra un véritable casse-tête pour les petites communes : transport, ressources, recrutement des animateurs… L’État avait certes prévu le financement des TAP, mais celui-ci restait inférieur aux dépenses engagées. Seules les grosses municipalités semblaient pouvoir absorber ces charges supplémentaires. Ainsi à Arras, le projet des TAP fut ambitieux, parfois trop au niveau de la mise en œuvre initiale. Certains TAP devenaient des temps d’apprentissages supplémentaires, avec des exigences proches de celles du scolaire. Au fil des mois et des expériences, les contenus évoluèrent, plus ludiques et respectueux des rythmes de l’enfant.

Fragilisé par cette contestation des élus, Vincent Peillon ne fut pas reconduit dans sa mission de ministre de l’Éducation Nationale lors du remaniement de 2014. Remplacé par Benoit Hamon, ce dernier proposa rapidement un assouplissement de la loi. Il donna la possibilité aux maires de concentrer les TAP sur une seule ½ journée pour en faciliter l’organisation. À Arras, on resta sur une organisation journalière des TAP.

Des effets bénéfiques

Pour conforter ce choix, la municipalité commanda une étude en 2016 au chrono-biologiste François Testu et l’inspecteur général, spécialiste des rythmes George Fotinos. L’étude démontra que l’aménagement du temps scolaire avait des effets bénéfiques sur l’organisation pédagogique, le développement personnel des élèves. La désynchronisation des rythmes de vigilance, souvent observée avec la semaine de 4 jours était réduite grâce à une organisation plus adaptée aux besoins des enfants.

Cette étude s’ajoutait aux travaux d’autres chrono-biologistes préconisant une régularité dans les apprentissages et un allègement de la journée. Citons notamment Hubert Montagner, Paul Magnin et Claire Leconte.

Citons également le rapport de l’académie de médecine de 2010 « Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant » qui soulignait plusieurs points clés :

– la nécessité de prendre en compte les rythmes biologiques et physiologiques de l’enfant dans l’organisation du temps scolaire ;

– l’altération du fonctionnement de l’horloge biologique lorsque les rythmes ne sont pas adaptés.

Jusqu’en 2017

Ces conclusions n’empêchèrent pas en 2017, Jean Michel Blanquer, le tout nouveau ministre de l’Éducation Nationale nommé par Emmanuel Macron, d’affirmer avec un fort accent trumpien sur les chaînes d’info « qu’aucune étude scientifique ne montre la supériorité d’une formule sur l’autre ». Il laissa la possibilité aux municipalités de revenir à la semaine de 4 jours sous condition de dérogation. Cette annonce fut faite tardivement au mois de juin. Nombre de municipalités ayant déjà contractualisé leur organisation des TAP pour la rentrée, beaucoup programmèrent le retour aux 4 jours à la rentrée suivante.

À Arras, en juin 2017, une large concertation a été menée par la municipalité. Frédérique Leturque, maire d’Arras, ne voulut pas imposer d’organisation unique. Il laissa la liberté à chaque conseil d’école de choisir son rythme ; ce qui aboutit à une situation inédite : des écoles avec des rythmes différents au sein d’une même municipalité, et même au sein d’un même groupe scolaire !

Certains ont vu, dans cette liberté donnée aux Conseils d’école, un geste démocratique fort. Reconnaissons toutefois que le Conseil d’école est une instance peu habituée à des prises de décisions majeures sur le fonctionnement de l’école. C’est essentiellement une instance d’informations ou tout au plus de validation. La place de l’équipe pédagogique est centrale, celle des parents et de leur influence y est très variable d’une école à l’autre.

À l’inverse, j’ai plutôt vu dans ce geste un manque de courage politique. J’aurais aimé que le maire manifeste le même volontarisme qu’au mois de mai 2014. En désaccord avec l’assouplissement de l’organisation des TAP proposé par Benoît Hamon, il avait envoyé un communiqué au ministre et aux parlementaires que France 3 avait relayé. Dans ce communiqué Frédéric Leturque, écrivait : « Les orientations du nouveau ministre de l’Éducation Nationale dénaturent l’esprit originel de la réforme ». Même s’il disait comprendre les difficultés de la mise en place de la réforme, il insistait sur « la noble ambition de la réforme de replacer l’enfant et sa réussite au centre du réacteur de la République française » et s’inquiétait de voir certains responsables politiques « perdre de vue la question essentielle portée par ce projet, à savoir l’intérêt des enfants et leur réussite »

Trois ans plus tard force est de constater que le maire s’était non seulement résolu à l’assouplissement de la réforme mais en acceptait l’abandon.

Des écoles qui restent à 4,5 jours

A l’école Voltaire, la décision de rester à 4 jours et ½ fut prise à l’unanimité du Conseil d’école. Il n’y eut pas de débat. Nous restions sur la même dynamique que celle de 2008. Seule différence, nous étions cette fois dans l’esprit de la loi et voulions le rester. C’était une évidence. 4 autres écoles arrageoises, dont 1 école privée, prirent la même décision.

Trois ans plus tard, en JUIN 2017, ces cinq écoles mirent au débat en Conseil d’école le retour à 4 jours, dont l’école Voltaire. Cette mise au débat en Conseil d’école, nous a dans un premier temps, plusieurs collègues et moi, très surpris. Peut-être était-ce une demande de représentant.e.s de parents ? Mais non, elle émanait de collègues. La surprise fut double. La question des rythmes n’avait jamais été remise en question jusqu’à présent dans aucune instance. Nous pensions que le consensus était acquis. Même les collègues récemment nommé.e.s avaient sollicité un poste en connaissance de cause.

Toutefois cette demande était non seulement légitime mais parfaitement compréhensible. Le temps de travail en présence d’élèves est équivalent pour l’ensemble des professeurs des écoles. Mais il est indéniable qu’une répartition sur 4 jours ou 4 jours et ½ a des incidences sur les conditions matérielles des personnels : déplacement supplémentaire, frais de garde d’enfants. Ces frais supplémentaires ne sont pas compensés au niveau salarial. Aussi perdre du pouvoir d’achat par rapport à 90% de ses collègues est questionnant. Quand c’est le législateur ou la hiérarchie qui impose le cadre de travail, il est la cible des critiques positives ou négatives. Quand c’est à l’équipe de définir les contraintes de son emploi, si divergence il y a, le risque est la naissance de tensions entre pairs. Ce fut le cas…

Il n’y eut ni affrontement, ni conflit ouvert. Chacun redoutait probablement de provoquer une scission. Rupture, aux conséquences désastreuses. Ce qui fait la force d’une équipe, dans un contexte difficile, c’est sa cohésion. Briser cette cohésion était prendre le risque d’une dégradation du climat de travail. Malgré tout, chacun.e prépara ses arguments sans jamais les confronter en équipe. Chacun.e profitait d’une surveillance de récréation pour convaincre un collègue encore hésitant ou d’une sortie d’école pour s’assurer du soutien des représentant.e.s d’élèves.

Le jour du vote, étrangement seuls les professeurs des écoles favorables aux 4 jours et ½ s’exprimèrent. A posteriori, la présence de l’inspectrice de l’Éducation Nationale très favorable aux 4 jours et ½ fut analysée comme une cause probable du mutisme des enseignant.e.s souhaitant un retour aux 4 jours. Pour argumenter sur le retour à 4 jours, une représentante des parents d’élèves mit en avant la fatigue de ses enfants due selon elle à l’absence de pause le mercredi. Il n’y eut pas d’autres arguments pour tenter de convaincre sur des bénéfices d’une semaine à 4 jours.

Les résultats du vote à bulletin secret donnèrent une large majorité au maintien à 4 jours et ½. Même si les débats étaient restés, selon moi, sereins et courtois, le climat fut jugé par d’autres collègues tendu voire violent. Elles l’exprimèrent par écrit dans les jours suivants. L’une disant avoir été remise en cause dans son professionnalisme, estimant avoir eu le sentiment « qu’il y avait d’un côté les bons enseignants pour les 4 jours et ½, de l’autre côté les « mauvais » qui ne prennent pas en compte l’intérêt de l’élève. »

Une autre jugea notre position dogmatique, avec le reproche d’avoir déployé beaucoup d’énergie pour une ½ journée par semaine alors que selon elle l’enjeu essentiel n’était pas le mercredi matin mais le raccourcissement des vacances. De telles remarques, qui plus est, venant de collègues que l’on respecte et apprécie, questionne sur la pertinence de notre engagement.

Pouvions-nous faire autrement ?

Certainement ! En préparation du conseil d’école, j’avais échangé avec Claire Leconte par message. Professeur émérite de psychologie de l’éducation à Lille et chercheur en chronobiologie elle m’avait fait part du travail qu’elle avait mis en place dans des communes de la Sarthe. Dans son message elle soulignait : « Il ne faut jamais oublier que le bien-être des enfants est très dépendant de celui des enseignants, ceux que j’ai accompagnées apprécient énormément d’avoir un temps libéré pour eux 1 après midi par semaine, de plus grâce à ça, le travail en équipe a été fortement augmenté. »

10 ans plus tard, l’organisation préconisée en 2016 par Claire Leconte est toujours en place dans les communes du Pays Fléchois : 5 matinées allongées et 3 après-midis d’enseignements scolaires. Un après-midi consacré au Pass éducatif, appelé aussi Temps Educatifs Périscolaires, après-midi employé par les enseignants pour le travail et les concertations en équipe.

Travailler sur une 3ème voie telle que celle proposée par Claire Leconte eût été certainement plus rassembleur et plus constructif que de s’opposer sur 4 jours vs jours et ½.

Et maintenant…

Au lendemain de la publication des 20 propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, je peux dire que je me réjouis bien sûr de la proposition 9 : « Passer la semaine à 5 jours du lundi au vendredi, dans le cadre scolaire, pour permettre une stabilité dans le rythme des enfants ». Les médias ont essentiellement relayé cette proposition en plus de celle concernant les zones de vacances.

Sur les réseaux sociaux, les professeur.e.s des écoles qui ont réagi y semblent majoritairement hostiles.

Jean-Paul Delahaye, directeur général de l’enseignement scolaire de 2012 à 2014 avait pressenti cette hostilité. Lors de son intervention à la convention citoyenne, il déclarait : « les professeurs des écoles sont fatigués et désabusés et en ont assez des réformes successives. » Il rappelait également que, grâce à « la semaine de 4 jours, une exception mondiale que personne n’a songé à imiter, les enseignant.e.s ont connu un gain de temps à défaut d’une revalorisation de leur salaire, les plus faibles d’Europe. »

Selon lui, pour ces raisons, « le terrain n’est pas favorable à la mise en œuvre de nouvelles réformes quelques qu’elles soient ».

La convention pose d’ailleurs comme condition de réussite de la mise en œuvre de la proposition, la nécessaire revalorisation salariale des enseignant.e.s.

Les conclusions et préconisations de cette convention sont ambitieuses, certain.e.s diront irréalistes.

Ces conclusions ne constituent qu’une petite introduction à un éventuel projet politique qui nécessitera des budgets conséquents pour revaloriser les métiers enseignants, améliorer les conditions de travail et pour accompagner les municipalités dans la mise en œuvre d’activités éducatives complémentaires.

Les choix politiques doivent prioriser les enfants et l’avenir de notre jeunesse, sur les enjeux économiques et touristiques.

En cette période de fragilité financière et d’instabilité politique, le défi est immense.

Marc Lavogez

Extrait de cafepedagogique.net du 27.11.25

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