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L’impact de l’immigration sur le système éducatif français
Joachim Le Floch-Imad est enseignant et essayiste. Il vient de publier Main basse sur l’Éducation nationale. Enquête sur un suicide assisté (Éditions du Cerf), dont cette note prolonge et approfondit plusieurs réflexions.
Table des matières
Présentation de l’auteur
Introduction
1 – La transformation de notre système éducatif par l’immigration
1.1 Un emballement quantitatif de l’immigration
1.2 . . . qui oblige l’Éducation nationale à mettre en œuvre des dispositifs ciblés et à mobiliser des ressources spécifiques
2 – Immigration et baisse du niveau éducatif moyen
2.1 Des écarts significatifs de résultats scolaires entre élèves issus de l’immigration et élèves « autochtones »
2.2 Il n’existe pas une, mais des immigrations, aux trajectoires scolaires contrastées selon leur origine
2.3 Pourquoi l’immigration pèse-t-elle davantage sur l’école française que celle de ses voisins ?
3 – L’école au défi du choc des cultures
3.1 L’immigration joue un rôle significatif dans la dégradation du climat scolaire
3.2 L’école de la République face à la pression islamiste
4 – Que faire ?
4.1 Un préalable : la diminution drastique des flux migratoires
4.2 Remettre à plat la politique d’éducation prioritaire
4.3 Rendre à l’école sa mission d’assimilation
4.4 Mettre en œuvre un « big bang de l’autorité »
4.5 Faire montre d’une tolérance zéro envers le communautarisme islamiste
Conclusion
Extrait de observatoire-immigration.fr du 27.11.25
EXTRAIT
[...] 4.2 Remettre à plat la politique d’éducation prioritaire
Une action résolue s’impose d’abord dans les zones d’éducation prioritaire, aujourd’hui en première ligne du naufrage scolaire et social, où les résultats demeurent dramatiquement faibles au regard des 2,3 milliards d’euros investis annuellement dans le dispositif110.
La carte de l’éducation prioritaire, figée depuis 2015, doit être urgemment révisée pour refléter les nouvelles réalités sociodémographiques du pays. Dans ces établissements qui regroupent une grande partie des enfants de l’immigration, il est crucial de mobiliser les enseignants expérimentés, et non les plus jeunes, trop souvent affectés sans préparation. Aujourd’hui, seuls 24 % des professeurs en REP+ comptent plus de douze ans d’ancienneté, contre 40 % dans les collèges ordinaires111. Il faut donc inverser cette logique, en mettant en place des incitations fortes – primes revalorisées, bonifications d’ancienneté, accélérations de carrière – afin d’attirer vers ces postes particulièrement exigeants les enseignants les plus aguerris, dont l’autorité est moins susceptible d’être remise en question.
Si la priorité donnée aux fondamentaux doit s’imposer sur tout le territoire, elle doit être renforcée dans les réseaux d’éducation prioritaire, où 60 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture fluide à l’entrée en sixième112. Dans une logique, non de discrimination positive, mais d’égalité républicaine des chances, une dose d’autonomie pédagogique pourrait y être introduite, notamment en REP+, pour permettre aux établissements d’ajuster les maquettes pédagogiques, les programmes et les méthodes d’enseignement aux besoins réels des élèves accueillis. La plus grande liberté accordée pourrait se traduire par un renforcement du volume horaire en français et en mathématiques, par le recrutement accru d’assistants d’éducation et par le développement du tutorats individualisés ou en petits groupes, en mobilisant par exemple des étudiants de licence ou de master rémunérés pour accompagner les élèves les plus fragiles.
Un débat persiste enfin sur la formation des enseignants. Certains considèrent qu’un professeur maître de sa discipline, expérimenté et animé par le sens de sa mission n’a nul besoin d’une « formation à l’altérité » pour faire réussir des élèves venus d’horizons divers. D’autres, au contraire, soulignent l’urgence de renforcer la formation continue pour ceux qui interviennent auprès de publics à besoins spécifiques, notamment en éducation prioritaire. Au-delà de ces divergences, force est de constater, selon l’enquête TALIS 2024, que seuls 8 % des enseignants français se disent préparés à enseigner dans des environnements multiculturels, contre 26 % en moyenne dans l’OCDE113. Repenser en profondeur la formation des professeurs demeure donc une priorité nationale. [...]
L’Observatoire de l’immigration et de la démographie, un think tank qui fabrique de la peur
Complètement absent de la sphère académique, l’organisme, inconnu il y a deux ans, jouit d’une certaine audience dans l’espace public. S’il ne triche pas sur les chiffres, il les met au service d’une vision alarmiste de l’immigration.
L’« échec collectif » de l’immigration étudiante, le « cercle vicieux » du coût de l’immigration, la « ruée » des Afghans vers l’Europe, l’asile « hors contrôle », l’« appel d’air » de la régularisation… A intervalles réguliers depuis deux ans, un think tank distille des études sur l’immigration, livrant clés en main des éléments de langage à quiconque voudrait agrémenter le débat public de considérations alarmistes. Avec un succès certain.
L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) jouit d’une confortable exposition médiatique. Son directeur, Nicolas Pouvreau-Monti, est régulièrement convié sur les plateaux des médias de Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, mais il a aussi été plusieurs fois l’invité de Franceinfo ou du magazine d’actualité d’Arte, « 28 minutes ». Il obtient fréquemment la reprise de ses tribunes et publications dans Valeurs actuelles, Le Journal du dimanche, Le Point, Le Figaro ou encore Marianne. Le 31 août, François Bayrou, encore premier ministre, avait même dû répondre à l’intervieweuse star du groupe Bolloré, Sonia Mabrouk, qui l’interrogeait sur les « 3,4 points de PIB [produit intérieur brut] » que coûte l’immigration, selon un « organisme de référence » : l’OID.