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B* - A Tourcoing, forte mobilisation d’enseignants pour demander le classement d’écoles en REP ou en REP+ (Le Café) - Mouvements au collège Jules Verne de Buxerolles (86) et à l’école de Cergy

28 novembre

À Tourcoing, la carte de l’éducation prioritaire enflamme les écoles
27 novembre 2025

À Tourcoing, la colère ne retombe pas. Depuis plusieurs semaines, des enseignants de plusieurs écoles publiques se mobilisent pour demander leur entrée en REP ou en REP+, dénonçant une carte de l’éducation prioritaire figée depuis près de dix ans, devenue, selon eux, « injuste », « incohérente ». La mobilisation est partie de l’école Charles-de-Gaulle, ouverte en 2019 dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville. Chaque vendredi, les enseignants organisent désormais un rassemblement devant la mairie avec un slogan répété : « Écoles en colère, on est dans la galère ».

Depuis la grève du 13 octobre et une audience à la DSDEN, les équipes pédagogiques, soutenues par les familles et syndicats se mobilisent à Tourcoing. « Si l’institution ferme les yeux, il va forcément y avoir un effet boule de neige », estime un enseignant. Car le mouvement s’étend : au moins cinq écoles tourquennoises ont rejoint la contestation. « L’union fait la force », résume une professeure. « Ce n’est pas une histoire d’argent : on se bat pour les enfants, pour les familles. Il faut que ça bouge.

L’école Marcel-Hénaux : la seule école non classée en éducation prioritaire dans un secteur très défavorisé

Particulièrement mobilisée, l’école maternelle Marcel Hénaux incarne aux yeux des enseignants « l’incohérence » d’une carte inchangée depuis 2015 malgré des indicateurs sociaux relevant de REP+. C’est d’ailleurs aujourd’hui la seule école maternelle du secteur Tourcoing-Est qui ne relève pas de l’éducation prioritaire.

Caroline*, enseignante à Marcel-Hénaux, témoigne : « Beaucoup d’écoles autour de nous sont en REP+. Nos IPS sont pourtant ceux d’une école REP. On réclame juste d’être remis sur un pied d’égalité. On donne le maximum, mais l’institution doit aussi faire un pas vers nous. »

Elle évoque un engagement des équipes dans un contexte de grande pauvreté : « Tourcoing, c’est beaucoup de misère sociale. On essaie de proposer des projets attractifs pour créer de la mixité, par exemple l’anglais et l’espagnol dès la toute petite section. Mais on est pieds et poings liés : même pas en REP. On ne demande pas la lune : la labellisation REP dépend seulement de la rectrice. C’est une question d’équité. »

Les familles soutiennent la démarche. « Les parents nous disent : pourquoi les enfants de la rue d’en face ont droit à être 15 par classe, et pas les nôtres ? » rapporte l’enseignante. « Ils veulent être écoutés. Ils veulent le meilleur pour leurs enfants. »

Chaque vendredi, enseignants et parents se retrouvent devant la mairie : « On veut qu’on nous voie, qu’on nous entende. »

À Charles-de-Gaulle, les enseignants dénoncent un « deux poids, deux mesures »

L’école Charles-de-Gaulle, elle, réclame un classement REP+ depuis son ouverture. En 2019, faute d’IPS disponibles, elle avait été rattachée en simple REP. Les premiers indices, arrivés en 2022, font pourtant état d’IPS très bas (62 et 76,7), compatibles avec un classement renforcé.

Reçue par le DASEN en octobre, l’équipe dit avoir reçu comme argument le rôle du collège de secteur. Cependant, la carte est floue. « Au départ, on avait deux collèges de secteur : Albert-Roussel en REP+ et Marie-Curie en REP », expliquent les enseignants. « Après nos courriers, le collège Roussel a disparu de notre secteur administratif. On a eu l’impression d’un choix fait pour nous priver du REP+ » explique un personnel.

La situation est d’autant plus étrange que, dans les faits, « nos élèves ne partent pas au collège Curie ». Beaucoup rejoignent le collège Albert-Roussel, sans dérogation, preuve selon l’équipe que la réalité du terrain contredit la carte scolaire. D’autres, en grand nombre, basculent dans le privé.

Les enseignants rappellent que le classement en REP+ changerait profondément leur quotidien : décharges horaires, formation renforcée, stabilité des équipes, travail en interdisciplinarité. Aujourd’hui, seuls six enseignants sur les dix-sept présents en 2019 sont restés. « Le turn-over est immense », déplore une professeure. « Beaucoup partent chercher un poste en REP+. »

L’accélérateur Jacques-Chirac : le point de rupture

La tension est montée d’un cran en octobre, lorsque l’ouverture annoncée de la nouvelle école Jacques-Chirac, déjà classée REP+ pour la rentrée 2025, a été révélée.

« Normalement, il faut une enquête sociale préalable », rappelle Xavier Leroux, représentant du SNUipp-FSU. « Là, tout a été validé immédiatement. C’est un traitement accéléré qui a choqué, alors que les écoles comme Charles-de-Gaulle attendent depuis des années. »

Il évoque un « deux poids, deux mesures » d’autant plus frappant que plusieurs écoles REP+ du secteur ont récemment fermé, libérant des possibilités de requalification.

Une carte jugée obsolète dans une ville où les besoins explosent

Depuis, la mobilisation s’élargit. Certaines écoles hors éducation prioritaire, comme l’école Marcel-Hénaux, demandent désormais leur entrée en REP. D’autres souhaitent un passage en REP+. Toutes dénoncent une carte devenue illisible, opaque, et surtout déconnectée des réalités sociales.

« Les IPS sont là, les difficultés sont là, tout le monde le voit », insiste une enseignante « on n’est pas tous sur la même marche, mais on a tous besoin d’ajuster les marches pour être à la même hauteur. »

Pour le SNUipp-FSU, l’attractivité du REP+ est indéniable à Tourcoing : réduction des effectifs, formation, primes, stabilité des équipes. « C’est un cercle vertueux. À Roubaix comme à Tourcoing, l’éducation prioritaire a vraiment amélioré le fonctionnement des écoles », rappelle Xavier Leroux.

En toile de fond, l’attente d’une révision nationale

Au-delà de Tourcoing, la mobilisation révèle un malaise national : la carte de l’éducation prioritaire n’a pas été révisée depuis 2015. Les enseignants réclament une mise à jour générale, permettant d’intégrer les écoles dont les indicateurs sociaux le nécessitent, sans pour autant sortir celles déjà classées. « Ce qu’on demande, c’est simple », résume un professeur : « que la carte reflète enfin la réalité. »

À Tourcoing, la contestation continue de prendre de l’ampleur. Les enseignants comptent bien maintenir la pression : « C’est pour les enfants qu’on se bat. Pour qu’ils aient les mêmes chances que les autres enfants de la ville. »

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 27.11.25

 

Soutien aux personnels du Collège J. Verne de Buxerolles et interpellation du ministre

Publié le 27 novembre 2025
Communiqués

Communiqué de presse : Classement du collège Jules Verne en REP+, accompagner n’est pas stigmatiser

Ce jeudi 27 novembre de 10 h à 16 h, la communauté éducative du collège Jules Verne se mobilise devant l’établissement pour demander son classement en Réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+). Une revendication légitime, appuyée sur l’expérience quotidienne des enseignant·es et des indicateurs objectifs, que je soutiens pleinement.

Loin de « stigmatiser » un établissement déjà classé en zone REP, le classement en REP+ permettrait de renforcer les moyens dédiés au collège Jules Verne : dédoublement des classes, encadrement amélioré, dispositifs pour développer l’autonomie et les perspectives d’avenir des élèves. Au-delà des indicateurs socio-économiques, qui démentent une quelconque « progression de la mixité sociale », les besoins exprimés par la communauté éducative, qui travaille quotidiennement avec les collégien·nes, doivent être entendus.

Refuser aux enseignant·es les moyens humains, financiers et structurels nécessaires pour mener à bien leur mission reviendrait à s’asseoir sur le principe d’égalité des chances de notre système éducatif.

J’ai donc décidé d’interpeller le ministre de l’Éducation nationale sur les revendications du collège Jules Verne par un courrier assorti d’une question écrite. Je suis également mobilisée quotidiennement au sein de mon groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale pour soutenir un renforcement des moyens de l’Éducation nationale et permettre l’inclusion des établissements qui en ont besoin dans le dispositif des zones d’éducation prioritaires.

Extrait de web86.info du 27.11.25

 

"Travailler ici, c’est passionnant, mais épuisant." Ces enseignants réclament le dispositif REP+ dans leur collège
Pour les enseignants et parents d’élèves, faire passer le collège Jules Verne en REP + est une nécessité, le 27 novembre 2025, à Buxerolles (Vienne).

Des enseignants et des parents se mobilisent pour demander le classement du collège Jules Verne de Buxerolles, près de Poitiers, en Réseau d’éducation prioritaire (REP+). L’établissement affiche le taux de boursiers le plus élevé du département et cumule les difficultés. [...]

Extrait de france3-regions.franceinfo.fr du 27.11.25

 

Val-d’Oise
« Tout le monde est en REP sauf nous » : les parents d’une école de Cergy réclament l’égalité des chances

Un quartier, trois écoles, mais seulement deux en Réseau d’éducation prioritaire (REP). Les parents d’élèves du Gros-Caillou, à Cergy (Val-d’Oise), ont lancé une pétition pour que leurs enfants bénéficient des mêmes moyens que les autres.

« Pourquoi tout le monde est en REP sauf nous ? » Les parents d’élèves des écoles du Gros-Caillou, à Cergy (Val-d’Oise) ont beau essayer de comprendre, rien ne semble expliquer le fait que leur établissement soit moins bien doté que celui de leurs voisins. Pour permettre à leurs enfants d’étudier dans les meilleures conditions, ils se mobilisent à travers une pétition et prévoient même une manifestation, mardi 2 décembre.

Extrait de leparisien.fr du 29.11.25

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