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B* Selon la CGT Éduc’93, un établissement sur deux sans infirmière scolaire dans le 93 (Le Café)

27 novembre

Un établissement sur deux sans infirmière scolaire dans le 93

En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine, les établissements scolaires manquent cruellement de personnels médico-sociaux. Selon la CGT Éduc’93, moins d’un établissement sur deux dispose d’une infirmière, et un sur trois seulement d’une assistante sociale. Au total, 24 postes restent vacants dans un territoire déjà très fragile et qualifié par le syndicat de véritable « désert médical scolaire ».

Un service public fragilisé : « une rupture »

Pour la CGTéduc93, l’alerte est claire : « Il y a une rupture du service public dans l’académie. » Le syndicat dénonce particulièrement les redéploiements opérés l’an dernier, qui ont déplacé des infirmières d’un établissement à l’autre au lieu de procéder à de nouveaux recrutements. « Ces mutations ont dégradé leurs conditions de travail », insiste le syndicat.

Le manque de personnel compromet la prévention, l’accompagnement des élèves et la mise en place des dispositifs obligatoires : PAI, PAP, repérages des enseignants. « On prive les élèves de la prévention dont ils ont besoin », alerte Orlane Ghisalberti de la CGT93.

Le quotidien des équipes : « On se retrouve sans assistante sociale »

Ce déficit bouleverse la vie des établissements. Pour les situations les plus graves, les équipes doivent se tourner vers les services de la DSDEN : « Normalement, leur fiche de poste concerne les adultes et les personnels, pas les élèves », rappelle la CGT. Certaines urgences – violences, détresses familiales, demandes d’aides – restent sans prise en charge immédiate.

Aujourd’hui, sur environ 60 établissements suivis dans le département, la moitié n’a pas d’infirmière, et il manque 24 équivalents temps plein d’assistantes sociales. Les personnels médico-sociaux – assistantes sociales, infirmières, conseillères techniques – multiplient les journées d’action : « On se bat pour l’accès aux soins de nos élèves », expliquent-ils, dans un département où la médecine de ville est déjà largement sous-dotée.

Des infirmières « redéployées » sur deux établissements

Orlane Ghisalberti témoigne de l’absence des personnels. Elle présente le dispositif de redéploiement de l’année dernière : les infirmières ont dû faire une demande de mutation sur un deuxième établissement. C’est « une surcharge » pour les professionnelles sur deux établissements, avec davantage d’élèves, davantage de situations à suivre. Elle décrit le redéploiement appliqué à de nombreuses infirmières : « avant à temps plein dans un établissement, elles se sont retrouvées à mi-temps sur deux. Ça double le nombre d’élèves, de problèmes, de visites, de PAI, de PAP… »
Pour elle, la mesure est « injuste » et dangereuse : « Dans nos lycées professionnels, beaucoup d’élèves sont en grande précarité. Les priver d’une infirmière ou d’une assistante sociale, c’est les priver d’un accès aux soins. »

« On prive les élèves de prévention »

Face à ces manques, les personnels médico-sociaux alertent. Le syndicat demande l’arrêt des redéploiements qui’il compare à une « mutation forcée ». il réclame une revalorisation urgente des métiers et un plan massif de recrutement. « On se bat pour l’accès aux soins de nos élèves. Dans un département déjà de désert médical, c’est important » explique Orlane Ghisalberti. « Sans assistante sociale, on ne peut plus accompagner correctement les demandes de droits » ajoute-t-elle.

Le personnel éducatif et médico-social est souvent le premier recours pour des adolescents en détresse, confrontés à des violences, à des problèmes de santé : car derrière les chiffres, il y a des élèves.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 26.11.25

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