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B* Occitanie : pauvreté, territoires éducatifs ruraux, mixité sociale (compte rendu du Midi libre sur le colloque du Snpden à Béziers)

25 novembre

- Échec scolaire chez les élèves issus de la grande pauvreté : comment l’ascenseur social s’est cassé en France au fil des années

Alors qu’elle est le pays d’Europe qui aide le plus les familles pauvres, elle est aussi celui où leurs enfants réussissent le moins bien. Les chefs d’établissements de la région se sont penchés sur le problème avec des experts pour identifier les causes et essayer de proposer des solutions.

[...] Territoires éducatifs ruraux dans l’académie
L’académie de Montpellier rappelle que plusieurs dispositifs sont déployés, depuis plusieurs années, pour lutter contre les inégalités territoriales : devoirs faits, cordées de la réussite, internats d’excellence.

"Les groupes de besoin créés au collège en 6e et 5e permettent aussi d’organiser collectivement, à plusieurs enseignants, la différenciation pédagogique", souligne Régis Bégorre, responsable du pôle égalité des chances.

Plus récemment, le rectorat a commencé à déployer des dispositifs dans les zones rurales, également de plus en plus touchées par la grande précarité, notamment dans les Cévennes, à Bédarieux en Lozère.

"On a déployé 5 territoires éducatifs ruraux dans l’Académie et quatre autres projets sont déjà déposés. C’est un peu le pendant de cités éducatives en quartiers prioritaires avec la même philosophie : créer un point de rencontre des différents acteurs des politiques publiques, élus, Education nationale, ARS, CAF… sur un territoire donné."

Pour Régis Bégorre, il est important "d’établir des passerelles entre les différents temps de l’enfant, y compris sur le périscolaire car le temps scolaire est estimé à 30 % de sa vie d’enfant et d’adolescent".

Dans l’académie, 32 330 élèves sont scolarisés en secteur prioritaire en 1er degré soit 14,5 % des effectifs, et 17 600 élèves dans le 2nd degré (collèges uniquement) soit 16,5 % des effectifs des collégiens.

Et les enfants des différentes catégories sociales se sont éloignés les uns des autres sur fond de mixité biaisée.

"Il n’y a jamais vraiment eu de collège unique"
"Nous n’avons jamais vraiment eu de collège unique, reconnaît Eric Pélisson, car par le biais des options – latin, grec, chinois, langues renforcées – on s’est toujours arrangé pour ne pas être ensemble. Il ne s’agit pas de culpabiliser les gens mais tout notre corps social a fonctionné comme ça. Jusqu’à l’hypocrisie de certains enseignants conseillant à un élève un CAP dans lequel ils n’auraient jamais envoyé leur propre enfant. Tout le système s’est mis à dysfonctionner, cassant le moteur de réussite personnelle et plaçant les parents sur la défensive. Aujourd’hui, on prend l’enseignant pour la classe sociale opposée. Il est urgent de remettre du lien social."

L’Occitanie plus touchée par la pauvreté
Avec un taux de pauvreté de 17,5 % contre 14,5 au niveau national, l’Occitanie est particulièrement touchée. Ce taux atteint même 20 % dans l’Hérault et 22 % dans les PO. Dans notre académie, un enfant sur 4 connaît la pauvreté.

Responsable du pôle égalité des chances et lutte contre la pauvreté à l’académie de Montpellier, Régis Bégorre insiste sur le combat mené contre ces inégalités : "On assiste chez nous, depuis deux ans, à une réduction des écarts sur la performance des élèves dans les évaluations nationales entre l’éducation prioritaire et les autres établissements."

Des écarts se niveau qui se réduisent très doucement
Tendance confirmée avec les tests de rentrée 2025, qui viennent valider une politique nationale de dédoublement des classes en maternelle et primaire en zones Rep et Rep + depuis trois ans. Mais l’écart reste considérable : dans le groupe d’élève les plus performants, l’écart entre les enfants de milieu favorisé et ceux de milieu défavorisés est passé de 16 à 11 % en 5 ans.

Eric Pélisson souligne qu’un programme pour remettre de la mixité dans les établissements de l’agglomération toulousaine fonctionne "et on constate dans les cours de récréation des échanges culturels, partages de jeux." Tout en reconnaissant que la pauvreté progresse encore dans notre région.

"Cette injustice met le pacte républicain en danger"
Agnès Perrin-Doucey, doyenne de la faculté d’éducation de Montpellier, souligne que dans la licence pour les professeurs des écoles "On travaille sur la nécessité d’aller à la rencontre de l’autre dans les associations de quartiers, découvrir les milieux d’où seront issus leurs élèves."

On reste loin du compte. Pour Jean-Paul Delahaye, s’attaquer pour de bon au problème relève "d’une question de choix politique pour éviter que ce côte à côte ne devienne un face-à-face." Pour lui, "Il est urgent de faire sauter les forces de blocage de réformes car cette injustice scolaire met le pacte républicain en danger."

Extrait de midilibre.fr du 23.11.25

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