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Selon une enquête du Snes, seulement un collège sur 5 applique totalement les groupes de besoins ou de niveau du Choc des savoirs

19 novembre

Ajout du 24.11.25

"Groupes de niveau" de Gabriel Attal : "Des résultats à condition d’adapter la pédagogie"
Tribune
Par Laurent Frajerman
Publié le 14/11/2025 à 13:00

Édouard Geffray, le nouveau ministre de l’Éducation, doit trancher sur le « choc des savoirs » au collège de Gabriel Attal, réforme en partie vidée de sa substance. Sauf que les groupes de niveaux qui en découle ont bel et bien été institués dans 40 % des établissements, analyse Laurent Frajerman, chercheur associé à l’université de Paris-Cité et professeur agrégé d’histoire. Et que les professeurs n’y seraient pas aussi hostiles qu’auparavant.

Le nouveau ministre de l’Éducation nationale a peu de marges de manœuvre mais il est obligé de se positionner sans attendre sur la réforme dite du choc des savoirs, initiée par Gabriel Attal. Rappelons qu’elle a suscité une forte mobilisation de la part des enseignants, mais aussi des chefs d’établissement et des chercheurs et qu’elle a rapidement été vidée de sa substance. Un récent rapport de l’Inspection générale préconise d’ailleurs « de revenir sur le caractère systématique » des groupes séparés en français et en mathématiques au collège.

On pourrait donc penser que Gabriel Attal a été mis échec et mat. Nous nous trouvons plutôt dans une situation de blocage. Trois raisons concourent au choix récent d’Élisabeth Borne, ancienne ministre de l’Éducation nationale, de maintenir les groupes : les forces en présence dans le champ éducatif sont relativement équilibrées, le débat sur l’hétérogénéité des classes reste explosif et sur le plan politique, l’ancien ministre et actuel secrétaire général du parti Renaissance doit sauver son héritage.

À LIRE AUSSI : "Groupes de niveau" : les élèves de Segpa victimes de la réforme du collège de Gabriel Attal

Extrait de marianne.fr du 14.11.25

 

« L’échec du Choc des savoirs » : 1 collège sur 5 applique la réforme des groupes de niveau

Que restera-t-il des réformes de Gabriel Attal ? « Nous vous demandons d’annoncer dès maintenant l’abandon des groupes de niveau en 6e et 5e pour la rentrée 2026 : les textes doivent être abrogés, les groupes de niveau doivent définitivement disparaître à la rentrée 2026 » écrit le SNES-FSU au ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, lundi 17 novembre. Une enquête menée par le syndicat révèle que seul 1 collège sur 5 applique la réforme des groupes de niveau. L’ensemble de la communauté éducative s’était mobilisé contre cette réforme du « tri des élèves ».

L’échec du Choc des savoirs : 19% des collèges appliquent totalement des groupes de niveaux

Selon les résultats d’une enquête du Snes publiée lundi 17 novembre, moins d’un collège sur 5 (19%) applique la mesure phare de la réforme du Choc des savoirs : la mise en place de groupe de niveaux.

Derrière la bataille lexicale, « niveau », « besoin », la bataille sémantique est une bataille idéologique car le tri des élèves n’était pas une option souhaitée par les personnels. « Nous ne trierons pas nos élèves » affirmaient-ils lors des mobilisations contre la réforme annoncée par le ministre Attal. Si les ministres suivants en ont assoupli le projet, l’esprit de cette réforme est rejeté massivement par la communauté éducative.

L’enquête du Snes-Fsu confirme pour la deuxième année consécutive le rejet de cette réforme, qui n’est pas appliquée majoritairement dans les collèges. Pour le Snes ce sont des résultats sans appel, avec 7 points de moins que l’année précédente et une hausse de 11 points pour les collèges qui fonctionnent en classe entière.

Dans son courrier au ministre, le syndicat écrit que « le « renforcement » prévu par votre prédécesseure Élisabeth Borne en 4ème et 3ème à cette rentrée à la place des groupes de niveau est inexistant dans 48 à 66 % des collèges selon leur organisation ». L’enquête du Snes relève aussi que le volet de soutien « jusqu’à deux heures » pour les élèves en difficulté est peu mis en œuvre avec une estimation entre 15 et 23%. Les annonces, sans moyens suffisants ni adhésion ne sont que peu appliquées.

Recours juridique, dégradation des conditions de travail

Le SNES-FSU avait lancé un nouveau recours contre les textes publiés au printemps 2025 après l’annulation de l’arrêté en décembre dernier. Le syndicat souligne aussi que « dans le cadre de regroupements entre plusieurs classes, 71 à 76 % des collègues déclarent une dégradation de leurs emplois du temps et 46 % à 53 % une dégradation de ceux de leurs élèves comme le montre notre enquête ».

En juin dernier, l’IGESR dressait un constat sévère sur les groupes de besoins, mesure phare de communication de la réforme du « Choc des savoirs ». Les inspecteurs généraux dénonçaient, eux aussi, une réforme mal préparée, précipitée, et inefficace pour le public qu’elle ciblait. L’IGESR décrivait « l’écart entre le discours et le réel » et demandait de revenir sur les groupes. « Force est de constater que la mesure n’a que peu permis de faire émerger des solutions pour les élèves les plus fragiles » peut-on lire dans le rapport. Bilan : des écarts qui se creusent toujours, doublés d’une politique assumée de séparatisme social et scolaire.

Alors quel avenir pour les groupes de niveaux, une réforme pas vraiment appliquée, rejetée par les personnels, et critiquée par l’IGESR qui recommandait « une démarche de long terme » ?

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 18.11.25

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Groupes de besoins (ou de niveaux) : moins de la moitié des collèges appliquent plus ou moins la réforme (SNES)

Seuls 19 % des collèges "appliquent à la lettre les textes réglementaires de la réforme du Choc des savoirs", soit un recul de 7 points par rapport à l’an dernier. Cinq semaines après la rentrée, le SNES a mené l’enquête ; le syndicat FSU des enseignements de 2nd degré a reçu des réponses émanant de près de 1 500 collèges.

Elles montrent que d’autres établissements (21 %, - 3 points) ont appliqué la réforme avec, par exemple, un groupe de niveau pour "les élèves les plus en difficulté" et deux autres groupes "hétérogènes", constitués comme le sont les groupes classes. Les autres collèges n’ont pas du tout appliqué la réforme, qu’ils aient constitué des groupes mais sans tenir compte de leurs besoins (ou de leur niveau) (36 %, +1) ou qu’ils fonctionnent en classe entière (20 %, + 11). Certains (4 %) ont cherché d’autres formes d’organisation, avec des dédoublements ou avec du co-enseignement et un.e professeur.e supplémentaire, mais ils sont peu nombreux ( 4 % - 3).

Le SNES rappelle qu’Elisabeth Borne avait annoncé pour les 4ème - 3ème, des renforcements "en vue notamment de la préparation du diplôme national du brevet" ; "ce renforcement n’existe pas dans 48 à 66 % des collèges interrogés" selon leur mode de fonctionnement.

L’organisation syndicale pointe également la dégradation des emplois du temps qui touche 71 à 76 % des établissements pour les professeur.es (46 à 53% pour les élèves), "selon le degré d’application de la réforme".

Elle adresse au ministre une lettre ouverte : "Enquêtes syndicales, témoignages de nos collègues, rapport de l’Inspection générale, travaux de chercheurs et de chercheuses, tout montre que les groupes de niveau sont un échec (...). Nous vous demandons d’annoncer dès maintenant l’abandon des groupes de niveau en 6eme et 5eme pour la rentrée 2026 : les textes doivent être abrogés, les groupes de niveau doivent définitivement disparaître à la rentrée 2026."

Extrait de touteduc.fr du 17.11.25

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