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Edouard Geffray à Lyon annonce la création de 59 nouveaux territoires éducatifs ruraux. La carte des 261 TER (Linkedin). L’Ecole des territoires (dossier presse). Vers une relance de l’école du socle ? (Le Café)

20 janvier

Edouard Geffray sur Ilkedin) Une École des territoires. Voilà ce que je suis venu observer et promouvoir aujourd’hui dans le Rhône.

➡️ Pour faire face à la chute de la démographie scolaire, nous généralisons les observatoires des dynamiques rurales et territoriales : la baisse des naissances concerne désormais la quasi-totalité du territoire, et aura des effets sur les 15 prochaines années. Il faut donc l’anticiper dans un cadre partenarial avec les élus locaux.

➡️ Pour redonner de l’attractivité à l’École rurale, nous créons 59 nouveaux territoires éducatifs ruraux (TER). Cette nouvelle vague concerne 731 écoles, 84 collèges et 30 lycées. A la clé, une coordination de tous les acteurs, une vision stratégique pour l’Ecole sur un territoire, 30 000€ de fonds de soutien par an et par TER.

La France compte désormais 261 TER : la carte ci-dessous montre leur implantation territoriale.

➡️ Pour apporter des réponses aux établissements hors éducation prioritaire qui présentent de très importantes fragilités sociales, nous mettons en place des mesures spécifiques à la rentrée prochaine.

Merci aux équipes du collège Paul Vallon pour leur accueil ce matin et leur engagement, ainsi qu’à la préfecture du Rhône et aux élus pour nos travaux sur les TER. Leur travail est essentiel, et leurs préoccupations sont au cœur de notre action : garantir l’égalité des chances partout en France.

Voir la carte des 261 TET

 

L’Ecole des territoires : Répondre aux nouveau enjeux

Dans un contexte de baisse démographique durable, l’École de la République doit adapter son action pour répondre aux nouveaux enjeux dans les territoires.

Édito
L’École de la République, présente à travers 55 000 implantations sur tout le territoire, nous unit. Mais cette diversité territoriale, qui permet de s’adapter à des réalités différentes, s’inscrit désormais dans un contexte inédit, marqué par une baisse des naissances substantielle et durable, dans la quasi-totalité des départements. L’École, parce qu’elle est au coeur de la République et de la vie des territoires, est en première ligne face à ce défi.

La baisse du nombre d’élèves n’est pas une crise de l’École. Mais elle implique une réponse concertée localement en vue d’adapter notre organisation scolaire, non dans la précipitation ni selon des logiques purement comptables, mais avec méthode, anticipation et sens de l’intérêt général. C’est le choix que nous faisons.

Partout sur le territoire, les conséquences tirées de cette évolution démographique ont déjà permis d’améliorer les conditions d’enseignement, avec des classes moins chargées et un meilleur encadrement des élèves. Cette dynamique doit se poursuivre en tenant compte des réalités locales, des besoins des élèves et des attentes légitimes des familles et des élus.

C’est dans cet esprit que le travail engagé au sein des observatoires des dynamiques rurales a démontré toute son utilité. En associant l’État, l’éducation nationale et les élus locaux, ces instances ont permis de construire, dans le dialogue, des décisions plus lisibles, mieux comprises et plus justes. Nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape en les transformant en observatoires des dynamiques rurales et territoriales, généralisés à l’ensemble du territoire national. Ils offrent désormais à tous les territoires, ruraux comme urbains, un cadre commun de diagnostic et de prospective, à un, trois et cinq ans au minimum, pour anticiper l’évolution de l’offre scolaire et préparer l’avenir avec responsabilité.

Mais penser l’École des territoires, c’est aussi soutenir résolument l’École rurale, là où les ambitions scolaires demeurent trop souvent contraintes, alors même que les élèves y obtiennent, en moyenne, des résultats supérieurs à la moyenne nationale. Les territoires éducatifs ruraux traduisent une conviction forte : l’égalité des chances passe par la capacité à organiser des réponses collectives à l’échelle d’un bassin de vie, associant les services de l’État, les collectivités territoriales et les partenaires de l’École, en offrant aux élèves des territoires ruraux les mêmes perspectives de réussite, d’orientation et d’émancipation que partout ailleurs.

Plus de 200 territoires ont été labellisés depuis 2021, touchant 340 000 élèves. Nous poursuivons et amplifions leur déploiement, avec une quatrième vague de labellisation : 59 nouveaux territoires rejoignent le dispositif, portant leur nombre à 261, dans toutes les académies. Parce qu’il agit sur tous les temps de vie de l’enfant, en mobilisant l’ensemble des acteurs éducatifs, sociaux, culturels et de santé, ce dispositif est une réponse concrète aux inégalités d’accès et à l’autocensure.

Enfin, une politique éducative territorialisée exige de la réactivité et de la justice. En plus de dix ans, les équilibres socio-économiques ont profondément évolué. C’est pourquoi nous faisons le choix de répondre, dès la rentrée 2026, aux situations les plus critiques d’établissements confrontés à de très fortes fragilités sociales, y compris lorsqu’ils ne relèvent pas formellement de l’éducation prioritaire. Là encore, il s’agit d’agir avec discernement, pragmatisme et responsabilité, dans l’attente d’une refonte plus globale.

Prendre en compte la réalité démographique, c’est faire le choix de l’action plutôt que de l’inaction.

C’est préparer l’avenir avec lucidité, renforcer la qualité du service public d’éducation et affirmer une conviction simple : où que l’on vive, l’École de la République doit offrir à chaque enfant les mêmes chances de réussite.

[En bas de cet édito : Télécharger le dossier de presse]

Extrait de education.gouv.fr Dossier de presse

 

[...] Des disparités territoriales très marquées

« Amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire » prévoit le ministre de l’Education nationale. A l’occasion d’un déplacement dans le Rhône, le ministre Édouard Geffray a présenté les orientations retenues pour répondre à la baisse démographique transformation.

« Nous sommes confrontés à des disparités territoriales très fortes », a souligné le ministre Édouard Geffray. Ces disparités concernent à la fois des territoires ruraux isolés et des zones urbaines cumulant les difficultés sociales. Pour y répondre, le ministère entend « inventer de nouvelles formes d’organisation scolaires », notamment à travers les territoires numériques éducatifs, afin « d’associer l’ensemble des acteurs éducatifs et de rendre l’offre scolaire plus attractive ».

59 nouveaux territoires éducatifs ruraux

Le ministre a également annoncé la création de 59 territoires éducatifs ruraux (TER) supplémentaires – sur le modèle des Cités éducatives dans les Quartiers Prioritaires de la Ville -, soit 845 établissements au total.

Depuis 2021, plus de 200 territoires ont été labellisés, touchant près 440 000 élèves. Le dispositif poursuit son déploiement avec une quatrième vague de labellisation : 59 nouveaux territoires éducatifs ruraux ont été installés, portant leur nombre total à 261 TER dans toutes les académies. Cette vague concerne 731 écoles, 84 collèges et 30 lycées.

Chaque territoire labellisé bénéficie d’une dotation annuelle de 30 000 euros, accompagnée d’un suivi précis, étape par étape, afin de garantir la conformité des actions menées aux objectifs du projet éducatif de territoire.

Anticiper pour « ne pas subir la démographie »

La baisse des effectifs scolaires est déjà visible et va s’accentuer. 121 600 élèves de moins ont été scolarisés à la rentrée 2025 par rapport à la rentrée 2024. Selon les projections, la diminution atteindra près de 800 000 élèves en moins à la rentrée 2029 par rapport à 2024. Entre 2019 et 2029, la perte cumulée atteindra un million d’élèves.

Extrait de cafepedagogique.net du 19.01.26

 

École-collège : la carte scolaire à l’épreuve de la démographie

Avec la baisse démographique, près d’un million d’élèves manqueront à l’appel d’ici 2029, c’est l’organisation des écoles et des collèges qui est remise en question. Copilotage avec les préfets, collèges de petite taille, continuité école-collège : derrière l’objectif affiché de limiter les fermetures, c’est le maillage éducatif, notamment rural, qui est interrogé.

Un choc démographique qui fragilise le maillage scolaire

En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances pour 651 000 décès, selon l’INSEE. Une dynamique démographique durablement orientée à la baisse. Entre 2019 et 2029, les écoles perdront près d’un million d’élèves, estime le ministre de l’Education nationale Édouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire. La baisse des effectifs gagne désormais le second degré. « La vague arrive désormais dans le second degré », alertait vendredi le ministre Geffray, posant la question de l’avenir des collèges ruraux et de leur articulation avec les écoles environnantes.

Préfets et Éducation nationale : une gouvernance partagée des territoires

Pour anticiper cette évolution, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé la généralisation des observatoires des dynamiques rurales et territoriales, coprésidés par le préfet et l’IA-DASEN. Le préfet de département intervient désormais en amont dans les décisions de carte scolaire du premier degré et émet un avis formel sur les projets présentés par le DASEN. Cette évolution marque un tournant : la carte scolaire n’est plus seulement un outil académique, mais un instrument de pilotage territorial, intégrant les enjeux d’aménagement, de transport et de services publics. Une implication accrue de l’État territorial qui traduit aussi une montée en puissance du ministère de l’Intérieur dans les politiques éducatives locales.

Collèges : la montée en puissance des petits établissements

La baisse des effectifs entraîne une multiplication des collèges de petite taille, comptant 300 élèves ou moins. Cette situation concerne désormais 24 académies, où plus de 83 % des collèges se situent sous ce seuil.

Ces établissements constituent un enjeu central d’aménagement du territoire. « Amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire », affirmait le ministre de l’Éducation nationale la semaine dernière.

Limiter les fermetures, repenser l’offre : l’option école-collège

Face au risque de fermetures, le ministère dit privilégier une approche globale, plutôt repenser l’organisation des parcours scolaires que supprimer des établissements. Il a évoqué l’articulation entre écoles et collèges, dans des territoires marqués par l’éloignement et la faible densité.

Cette réflexion englobe également les questions de transport scolaire, la mutualisation des équipements et l’accès aux options et services éducatifs, afin de garantir l’égalité d’accès à l’éducation sur l’ensemble du territoire.

Une histoire longue des regroupements scolaires en milieu rural

La problématique n’est pas nouvelle. Le rapport Azéma–Mauhourat (2018) de la mission « Ruralité, adapter l’organisation et le pilotage du système éducatif aux évolutions et défis des territoires ruraux » rappelle que la baisse des effectifs scolaires est une préoccupation ancienne. Dès la circulaire de rentrée de 1977, l’État favorisait les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI).

Depuis, les politiques de regroupement ont évolué : écoles dispersées, puis concentrées, avant d’être structurées plus récemment sous forme de pôles scolaires. Les collectivités territoriales ont dû composer avec des arbitrages complexes entre proximité, qualité du service éducatif et coûts. Le maillage scolaire rural est aujourd’hui très hétérogène, d’un département à l’autre, voire d’un territoire à l’autre, juge le rapport.

Les « écoles du socle », une piste relancée

Parmi les objectifs avancés par le ministre vendredi avec les Observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT) se trouve l’axe « Développer des écoles du socle », à l’instar de l’exemple en Charente. Le rapport Azéma–Mauhourat recommandait de développer des organisations expérimentales école-collège, dites « écoles du socle », dans les territoires ruraux éloignés. Ces dispositifs visent à mutualiser les moyens du premier et du second degré, sous différentes formes ; en intégrant de classes de cycle 3 au sein d’un collège, ou avec un établissement regroupant collège et écoles sur un même site, ou encore un réseau multi-sites associant un collège et les écoles environnantes.

Le rapport préconisait également des organisations administratives et pédagogiques dérogatoires, permettant de mutualiser les services, les missions des enseignants et des corps d’encadrement, afin de renforcer la continuité des apprentissages dans des territoires confrontés à une forte baisse démographique.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 20.01.26

 

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