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Allocation de rentrée scolaire : « On laisse penser que les pauvres méritent leur pauvreté » (Entretien de Politis avec Denis Colombi)

1er septembre 2025

Allocation de rentrée scolaire : « On laisse penser que les pauvres méritent leur pauvreté »
Comme chaque année, des politiques et des éditorialistes utilisent l’allocation de rentrée scolaire pour relancer le débat sur « l’assistanat ». Entretien avec le sociologue Denis Colombi, qui décortique ce mythe.

En cette fin de vacances, l’allocation de rentrée scolaire vient donner un coup de pouce aux familles. Mais avec cette aide vient son lot de désinformation. Sur les plateaux télés et les réseaux sociaux, nombreux soutiennent que les familles l’utiliseraient pour autre chose que les fournitures scolaires. Écrans plats, smartphones, jeux vidéo… Chaque année, la consommation des familles les plus précaires est scrutée. Pour Denis Colombi, sociologue et auteur d’Où va l’argent des pauvres (éditions Payot), la persistance de ce mythe illustre parfaitement un mépris et une défiance envers les pauvres.

À chaque rentrée, un discours revient autour du versement des allocations de rentrée scolaires : certaines familles l’utiliseraient pour s’acheter une télé plutôt que des fournitures. Pourquoi ce mythe persiste-t-il ?

Denis Colombi : D’une part, il y a l’idée que l’allocation de rentrée scolaire serait mal utilisée. Aucune enquête sociologique n’appuie cette théorie. Mais chaque année, ce mythe persiste parce qu’il y a des personnes comme des éditorialistes qui reprennent ce mythe et se basent sur des on-dit, sans aucun exemple précis, ce qui rend très facile de le réactiver.

Où va l’argent des pauvres, Denis Colombi (éditions Payot), 2020, 22 euros.

Depuis quelque temps, c’est devenu une ressource politique, essentiellement celle de l’extrême droite, et de plus en plus d’une partie de la droite. Elle consiste aussi à dire que les savoirs, les recherches, et la science même, ont peu d’importance. On trouve ce procédé chez Trump, mais aussi au Rassemblement national en France.

La deuxième raison, c’est que ce mythe s’appuie sur la perception générale qui consiste à dire que si les pauvres sont pauvres, c’est qu’ils font quelque chose de mal, qu’ils ont une tare.[...]

Extrait de politis.fr du 25.08.25

 

Sur le site OZP : Où va l’argent des pauvres. Fantasmes politiques, réalités sociologiques, par Denis Colombi, Payot, 2020, 349 p. (analyse dans la Vie des idées, mars 2020),

 

Note du Qdz : illustration de la tendance dénoncée par Denis Colombi, cet article du JDD du 30.08.25

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