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Rentrée 2025 : « Nous maintenons notre consigne de blocage des évaluations nationales » lance le FSU-SNUipp
Le FSU-SNuipp a placé sa conférence de rentrée sous le mot d’ordre « L’avenir d’un pays s’écrit à l’école ». Le premier syndicat des enseignants du primaire, a dressé un tableau sombre de l’état de l’école en France. Avec ses co-secrétaires généraux, dont la nouvelle porte-parole Aurélie Gagnier, Sandrine Monnier et Nicolas Wallet – le syndicat dénonce une politique éducative d’austérité, une perte de sens du métier d’enseignant et une dégradation continue des conditions d’apprentissage des élèves. Face à ce constat, il alerte sur une école « en souffrance », et appelle à une mobilisation urgente et à un sursaut politique et budgétaire : « Nous n’avons pas dit notre dernier mot ».
Une école sous-dotée : 3é rentrée consécutive de fermetures de postes dans le 1er degré
À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, le SNUipp-FSU dénonce les choix budgétaires du gouvernement et le sous-investissement dans l’école.
Le syndicat pointe un sous-investissement chronique dans l’école primaire française. En comparaison internationale, la France accuse 8 % de retard sur la dépense moyenne par élève en UE, et 11 % par rapport à celle des pays de l’OCDE. La dépense intérieure pour l’éducation est même en légère baisse (-0,1 % par rapport à 2022, en tenant compte de l’ inflation), malgré les besoins croissants.
Conséquence directe : plus de 2000 classes sont fermées à la rentrée 2025, dont les trois quarts dans des écoles hors éducation prioritaire, et 470 postes sont supprimés. Le gouvernement annonce 700 créations de postes de remplaçants, mais le SNUipp dénonce une restructuration à moyens constants, qui ne répond pas aux besoins du terrain. « L’école primaire rend des postes depuis trois ans » rappelle Sandrine Monier.
Métier d’enseignant : désillusion et mal-être croissants
« Ce n’est un secret pour personne » glisse la nouvelle co-secrétaire et porte-parole du syndicat, « le métier de professeur des écoles n’est pas attractif ». Pour Aurélie Gagnier, il y a un « conflit de valeurs » lié au manque de temps, de moyens pour faire vivre l’école inclusive par exemple. Elle rappelle la campagne intersyndicale et la pétition pour un statut des AESH.
« l’Ecole est en souffrance » affirme-t-elle. Le décalage salarial est criant : un PE gagne 1323 euros de moins par mois en milieu de carrière qu’un cadre A de la fonction publique. L’« année blanche » en 2025 risque d’aggraver encore la situation alerte Aurélie Gagnier.
Les conditions de travail se détériorent également : à des classes chargées (21,3 élèves en moyenne contre 20 dans l’UE), s’ajoute le problème de la formation des enseignants. Pour le syndicat, la réforme « précipitée risque d’être un pis aller ». Il dénonce une formation initiale allégée avec un mi-temps devant élève, et le recours accru à des contractuels pour compenser les postes vacants.
« Les professeurs des écoles sont dépossédés de leur expertise », alerte Aurélie Gagnier. La réforme de la formation initiale, qui prévoit une entrée dans le métier au niveau licence, pose problème : les stagiaires assurent déjà un mi-temps devant élèves, avec une formation réduite. « On utilise les stagiaires pour pallier le manque de personnels », dénonce-t-elle.
Le mal-être professionnel est profond, aggravé par des risques psychosociaux élevés, notamment chez les femmes, très majoritaires dans le métier (85 % des PE, 83 % des AESH).
« Des nouveaux programmes pour « un élève idéal qui n’existe pas »
Le FSU- SNUipp critique sévèrement les nouveaux programmes scolaires, qu’il considère comme une attaque contre la professionnalité enseignante. « Ils ont été conçus pour un élève idéal qui n’existe pas », déclare le syndicat. Pour lui, les nouveaux programmes s’alignent sur les évaluations nationales standardisées, réduisent la liberté pédagogique et favorisent une logique de performance au détriment de la compréhension. Il dénonce une attaque supplémentaire à la professionnalité enseignante qui « dessert les élèves les plus éloignés de l’école ». Le FSU-SNUipp défend la logique de cycle permettant « aux enfants d’apprendre à leur rythme ». La porte-parole dénonce des exercices de fluence où « on va apprendre, vite, réciter […] et où la compréhension est secondaire et la construction des apprentissage pas solide ».
L’école maternelle devient, selon le syndicat, « l’antichambre du CP », où le jeu, la découverte et les apprentissages progressifs sont marginalisés. Les autres disciplines — sciences, arts, EPS, culture — sont reléguées, alors qu’elles sont essentielles à l’émancipation des élèves.
Le syndicat annonce le maintien de sa consigne de blocage des évaluations nationales, qu’il accuse de renforcer le tri social et les inégalités.
AESH : précarité persistante et absence de reconnaissance
Le SNUipp réitère son exigence de création d’un corps de fonctionnaires pour les AESH, avec un véritable statut, une carrière, une rémunération digne et des droits à la formation et à la mobilité. Il soutient la campagne intersyndicale en cours (pétition en ligne) pour sortir ces personnels de la précarité structurelle.
Violences faites aux enfants : le rôle central de l’école dans la prévention
Nicolas Wallet insiste sur l’urgence à renforcer la protection des enfants. Face à l’explosion des inégalités, aux troubles croissants de santé mentale (13 % des enfants en 2022, selon Santé publique France), et aux violences sexuelles et sexistes, l’école doit jouer un rôle central.
Le programme EVAR (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle) est présenté comme un outil incontournable pour faire reculer les violences. Il doit être généralisé, intégré à la formation des personnels, et maintenu dès le premier degré. « La disparition du ‘S’ dans le 1er degré est un recul inquiétant », regrette toutefois le syndicat.
Santé, climat, bâti scolaire : une école à protéger
Le syndicat insiste sur la nécessité d’adapter les établissements scolaires aux risques climatiques (canicules, chaleurs extrêmes). La santé des élèves comme des personnels doit devenir une priorité politique.
De manière plus large, la santé au travail reste un point noir : les signalements dans les registres de sécurité se multiplient, sans réponse adaptée. Le syndicat demande une politique volontariste, et pas uniquement des ajustements techniques.
Mobilisation : « Nous n’avons pas dit notre dernier mot »
Le SNUipp-FSU annonce une rencontre intersyndicale le 3 septembre . « Les ministres changent, mais la politique reste la même. Nous ne sommes pas dupes », affirme Aurélie Gagnier.
Face aux urgences éducatives, sociales et démocratiques, le syndicat appelle à un plan pluriannuel pour l’école primaire, avec un budget à la hauteur des ambitions de la Nation. « L’avenir d’un pays s’écrit dans son école » s’inquiète Aurélie Gagnier.
Djéhanne Gani
Extrait de cafepedagogique.net du 36.08.25
Extraits de posts du Café sur Bluesky
Le café pédagogique
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· 1 h
"L’éducation prioritaire doit redevenir l’éducation prioritaire" Aurélie Gagnier, nouvelle porte-parole et co-secrétaire générale
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Le café pédagogique
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· 37 min
Education prioritaire "Les professeur.es des écoles se voient dépossédés de leur expertise" Aurélie Gagnier dénonce "les multiples injonctions".
"Il faut renouer avec les politiques engagées en 2014 !