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Les amitiés au collège : mixité sociale et relations entre élèves
Auteur(s) Timothée Chabot (Auteur)
Editeur(s) PUF
Date de parution : 25/06/2025
Collection(s) Education et société
Les amitiés au collège
À quel point l’origine sociale des élèves affecte-t-elle leurs amitiés ? S’il existe une littérature abondante sur la ségrégation sociale en milieu scolaire, les cas de mixité ont été paradoxalement peu étudiés. Pourtant, rassembler des enfants issus des classes populaires, moyennes et supérieures dans les mêmes établissements ne peut suffire à lutter contre les inégalités à l’école ; encore faut-il que cette mixité se reflète dans les relations des élèves, et qu’ils se lient les uns aux autres plutôt que de s’opposer ou de s’ignorer.
À partir d’une enquête menée dans quatre collèges socialement mixtes, ce livre étudie l’effet de l’origine sociale des enfants sur leurs relations les uns avec les autres. Grâce à des entretiens et des observations menés dans les établissements, ainsi que des méthodes statistiques novatrices en analyse des réseaux sociaux, il décompose les mécanismes qui structurent les relations des élèves, révélant ainsi la présence de barrières socio-économiques, mais aussi scolaires, de genre ou ethnoraciales à la formation des amitiés. Ces barrières sont cependant loin d’être infranchissables, et les politiques de mixité à l’école ont bien le potentiel pour rapprocher les enfants de tous les milieux sociaux.
Extrait de puf.com du 25.06.25
Contrairement aux adultes, les ados se fichent des origines sociales de leurs amis
En étudiant les liens d’amitié dans des collèges où règne une forte mixité sociale, le chercheur Timothée Chabot plaide dans un livre pour une Ecole réellement mélangée.
Timothée Chabot rappelle que le genre est « de loin le premier principe de structuration des amitiés ». Ici, en 2024, au collège Claudine-Hermann, à Massy (Essonne).
Timothée Chabot rappelle que le genre est « de loin le premier principe de structuration des amitiés ». Ici, en 2024, au collège Claudine-Hermann, à Massy (Essonne). (Jumeau Alexis/ABACA/Jumeau Alexis/ABACA)
par Adrien Naselli
Ouvrez vos agendas ! Lecture d’été obligatoire pour Elisabeth Borne, actuelle ministre de l’Education nationale, et surtout son éphémère prédécesseure Amélie Oudéa-Castéra qui s’était illustrée par une absence criante de « conscience de classe » lorsqu’elle tenait de justifier l’inscription de ses enfants à Stanislas, établissement privé catho très sélectif.
Un peu comme une collégienne, finalement, lesquelles accordent peu d’importance au milieu dans lequel grandissent leurs copains et copines. C’est, en tout cas, l’une des conclusions du livre les Amitiés au collège. Mixité sociale et relations entre élèves (PUF) de Timothée Chabot, maître de conférences à l’université de Toulouse.
Alors qu’elles sont nombreuses dans le monde anglo-saxon, aux Pays-Bas ou en Suède, les études sur les relations entre les adolescents sont rares dans la recherche française, qui s’intéresse d’abord à l’Ecole comme institution reproductrice d’inégalités. Un manque comblé par Chabot qui a suivi près de 900 collégiens pendant trois ans pour détermine [...]
Extrait de liberation.fr du 13.07.25
Timothée Chabot, chercheur sur la mixité sociale : "Le collège est le dernier rempart avant l’entre-soi"
Amitiés adolescentes
Les enfants de cadres et ceux d’ouvriers se parlent-ils vraiment à la récré ? Timothée Chabot, chercheur en sociologie, a observé 861 collégiens pour percer les mystères de l’amitié adolescente. Dans les collèges, les barrières de classe s’effacent plus facilement qu’à l’âge adulte. Une lueur d’espoir avant que l’entre-soi ne reprenne ses droits.
Dans Les amitiés au collège, Mixité sociale et relations entre élèves (PUF), Timothée Chabot, maître de conférences à l’université de Toulouse s’est demandé à quel point l’origine sociale des élèves affectait leurs amitiés. S’il existe une littérature abondante sur la ségrégation sociale en milieu scolaire, les cas de mixité dans les établissements ont été paradoxalement peu étudiés.
Marianne : Qu’est-ce qui vous a amené à vous pencher sur la mixité sociale au sein des collèges ?
Timothée Chabot : Ce qui m’intéressait avant tout, ce sont les amitiés transclasses. On sait qu’elles sont plutôt rares chez les adultes, principalement parce que nous nous croisons très peu entre personnes de différents milieux sociaux. J’ai choisi de travailler sur le collège car c’est l’un des rares lieux où subsiste encore une vraie mixité sociale. Cela soulève une question fondamentale : une fois qu’on sort de la ségrégation spatiale, d’autres barrières se dressent-elles ou de véritables liens peuvent-ils se créer ? J’ai sélectionné quatre collèges socialement mixtes, deux publics et deux privés catholiques, situés à Paris et en région. Par « collège mixte », j’entends des établissements où les enfants issus de classes moyennes et supérieures sont représentés dans des proportions équivalentes. Pendant trois ans, de 2018 à 2021, je me suis immergé dans le quotidien de 861 élèves, de la sixième à la troisième.