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Violence à l’école : - fouille des sacs - des travaux d’intérêt général à Cannes (Le Café)

6 mars

Violence en milieu scolaire : encore de la communication politique

La ministre Elisabeth Borne a annoncé fin février que les sacs des collégiens et des lycéens seront fouillés à l’entrée des établissements par des gendarmes ou policiers, seuls habilités à le faire. Quoi de vraiment neuf ? Pour le ministère, cette mesure s’ancre dans un plan de lutte contre les violences dans les établissements scolaires comme leurs abords et côté terrain, elle soulève la question des besoins humains à l’heure des suppressions de postes et des DHG.

Fouilles inopinées des sacs à l’entrée des établissements scolaires

« Je souhaite qu’on puisse, avec le préfet, le procureur, le représentant de l’Éducation nationale, pouvoir organiser régulièrement des fouilles de sac à l’entrée des établissements » et ce à partir du printemps, a déclaré en février la ministre, interrogée sur BFMTV/RMC. En effet, les personnels éducatifs ne peuvent le faire sans le consentement de l’élève, mais les forces de l’ordre étaient déjà en lien avec les établissements quand nécessaire. Les élèves détenteurs d’une arme blanche feront l’objet d’un signalement auprès du Procureur de la République a précisé la ministre, disant travailler de concert avec le ministère de l’intérieur. Un décret est attendu dans les prochaines semaines pour rendre systématique cette mesure tout comme celle d’une convocation d’un conseil de discipline. Une sanction étant déjà de mise dans les faits à la discrétion des établissements.

Une mesure de comm’ ? contre-feux

Pour François Resnais, le secrétaire national en charge de la communication SNPDEN-Unsa, cette annonce s’inscrit « dans la continuité de bons échanges avec les forces de l’ordre, cela va dans une logique de sécurisation des EPLE, qu’on peut comprendre. En revanche, il ne s’agit pas de systématiser ces fouilles. (…) Avec les assistants d’éducation, les CPE, les enseignants, nous sommes dans une dimension proprement éducative. Nous connaissons bien nos élèves et n’allons pas opérer des fouilles quotidiennes. C’est dans le cas d’une suspicion particulière. » Il ajoute ne « pas [être] du tout certain qu’il y ait aujourd’hui plus d’armes blanches dans les sacs de nos élèves qu’il y a 10, 20 ou 50 ans ». Si des faits dramatiques de l’actualité rappellent la violence existante, comme la mort de la jeune fille Lola en région parisienne, ils ne sont pas liés à des faits de violences à l’intérieur des établissements. Le chef d’établissement rappelle que « les établissements sont dans la majorité paisibles ». C’est « une annonce hors sol, qui n’améliore en rien le climat scolaire sur le long terme » juge Sophie Vénétitiay, la secrétaire générale du Snes-Fsu.

Les faits de violences dans les établissements scolaires sont davantage verbaux que physiques. Pour lutter contre le harcèlement en milieu scolaire et améliorer le climat scolaire, des personnels à l’écoute et présents durant les pauses méridiennes et les récréations sont nécessaires. L’annonce de la ministre Borne si elle ne répond pas aux demandes et besoin de personnels éducatifs comme médico-sociaux, répond peut-être à l’agenda politique.

Djéhanne Gani

Extrait de cafepedagogique.net du 05.03.25

 

Des travaux d’intérêt général pour les élèves perturbateurs à Cannes

Il y a des délibérations qui ne passent pas inaperçues avec un appui médiatique. David Lisnard, maire de Cannes, a proposé une mesure pour « combattre l’impunité et l’indiscipline dans les collèges et les lycées » au conseil municipal de sa ville le 20 février 2025. « Violence, harcèlement, séparatisme, terreur, agressions » sont évoqués pour expliquer cette convention avec le rectorat.

David Lisnard, qui est aussi président de l’association des maires de France depuis 2021, évoque des cas très difficiles au lycée Bristol de Cannes. « On était intervenu pour contribuer à rétablir l’ordre. Il y a eu d’autres cas. Face à ces situations récurrentes, nous expérimentons une action de responsabilisation des gamins en question. Pendant l’exclusion, l’adolescent va réaliser des travaux d’intérêt général pour la collectivité ». Votée à l’unanimité, la convention d’un an est renouvelable 3 fois. « Une dizaine d’élèves sont attendus pour la première année, notamment pour la propreté urbaine », conclut le maire.

Il est à noter que le code de l’éducation prévoit déjà une mesure de responsabilisation. « La mesure de responsabilisation a pour objectif de faire participer les élèves, en dehors des heures d’enseignement, à des activités de solidarité, culturelles ou de formation à des fins éducatives. Au cours de cette mesure, les élèves peuvent découvrir les activités de la structure d’accueil, assister ou participer à l’exécution d’une tâche », précise la note de service de 2011. « Le contenu de la mesure de responsabilisation doit respecter la dignité de l’élève, ne pas l’exposer à un danger pour sa santé, et demeurer en adéquation avec son âge et ses capacités ».

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Extrait de cafepedagogique.net du 05.03.25

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