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Le deuxième séminaire académique des coordonnateurs et des coordonnatrices de réseau sur la question de l’égalité des chances
Le deuxième séminaire des coordonnateurs et des coordonnatrices de réseau s’est tenu ce lundi 27 janvier 2025 au collège [REP] Jean de la Fontaine au Mée-sur-Seine en présence Mme Aurélie Huillery-Perrin, correspondante académique pour l’éducation prioritaire, de M. Philippe Picard, DAASEN de la Seine-et-Marne, de M. Thomas Heuzé, DAASEN de la Seine-Saint-Denis, et de M. Sébastien Szelong, IEN en chargé de l’éducation prioritaire en Seine-Saint-Denis. Le département du Val-de-Marne était représenté par Mme Virginie Salvan, conseillère technique éducation prioritaire et politique de la ville.
Nous remercions madame la Principale pour son accueil chaleureux dans son établissement.
Ce séminaire a réuni l’ensemble des coordonnateurs et coordonnatrices autour de la thématique de l’égalité des chances.
Une présentation de la "Grande pauvreté" pour éclairer les enjeux scolaires sous-jaçents
Après l’ouverture de Mme Huillery-Perrin, M. Thomas Heuzé a proposé une présentation sur la question des inégalités scolaires au prisme des questions de la grande pauvreté. Il a présenté une cartographie de la grande pauvreté dans notre académie, après en avoir explicité les concepts associés. Sa présentation comprenait également les répercussions scolaires de la grande pauvreté sur les performances scolaires des élèves, mais également sur leurs choix d’orientation. Il a ainsi mis en évidence la corrélation entre le milieu social des élèves et leurs résultats scolaires. Cette présentation a permis d’éveiller la vigilance sur cette question tout en fournissant des pistes pour ménager des leviers qui juguleront une partie de ces répercussions. Vous trouverez le diaporama de cette présentation ci-dessous.
Présentation Grande pauvreté et réussite scolaire
Des ateliers pour mieux s’approprier la question des inégalités
La fin de matinée et le début d’après midi ont été consacrés à des ateliers sur les dispositifs d’égalité des chances et à la découverte du jeu du Monopoly des inégalités, conçu par l’Observatoire des inégalités. Ces ateliers avaient pour buts respectifs de consolider la culture commune des coordonnateurs de réseau autour de la question de l’égalité des chances et de leur permettre de comprendre "de l’intérieur", par le biais du jeu, le concept sensible et délicat des inégalités.
L’atelier consacré aux dispositifs d’égalité des chances avaient pour but d’acculturer les coordonnateurs à l’ensemble des dispositifs existant actuellement et qui, pour la majorité, ne sont pas l’apanage exclusif des réseaux d’éducation prioritaire.
Le livret construit par les coordonnateurs ce jour-là sera bientôt disponible.
Fiche atelier dispositifs égalité des chances
L’atelier consacré au jeu du Monopoly visait, quant à lui, à faire vivre cette question des inégalités par l’appropriation ludique. En vivant des situations profondément inégalitaires, à travers le jeu, il est possible d’en percer les enjeux et, in fine, d’en comprendre plus facilement les implications. Cette partie de jeu de Monopoly visait également à sensibiliser les coordonnateurs à ce type d’approche pédagogique. Une formation locale dédiée vous est proposée par le CAREP.
Une conférence sur l’égalité des chances au prisme du contexte socio-culturel actuel
La journée s’est achevée sur une conférence de M. Aziz Jellab, Inspecteur général de l’éducation nationale et scoiologue. Il a développé la question de l’égalité des chances dans un contexte de mutation sociétale, à l’ère des réseaux sociaux et de l’avènement de l’intelligence artificielle. La question de l’émancipation est devenue encore plus prégnante et il semble que le rôle dévolu à l’école soit précisément celui de contribuer, de renforcer même, cette émancipation des élèves. Il est également revenu sur le contexte de la crise sanitaire qui a joué le rôle de "miroir grossissant" des inégalités et qui a permis de comprendre l’étendue des malentendus socio-culturels associés à l’institution scolaire. La crise a eu le mérite d’éveiller la sphère parentale sur les défis que doivent affronter au quotidien les enseignants, mais aussi d’éveiller le monde enseignant sur l’optimisation nécessaire de sa communication avec les familles. L’école exerce indéniablement une influence sur le destin des élèves et c’est ce poids considérable sur le devenir des élèves qui doit exiger de la part du monde enseignant le maintien d’une exigence. Si l’école doit se fixer comme but de "réenchanter les savoirs scolaires", elle doit surtout veiller à construire pour tous les élèves un esprit éclairé pour soutenir leur émancipation. Plusieurs pistes de travail peuvent permettre de construire des perspectives pour une "école plus juste" : l’attractivité professionnelle des enseignants les plus chevronnés sur des postes en éducation prioritaire, l’aménagement de temps de travail en dehors de la classe, cadré par des professionnels de l’éducation, pour assurer à tous les élèves les mêmes chances de progresser et de réussir, et enfin l’attention portée sur la mixité sociale et scolaire pour permettre un brassage profitable au plus grand nombre.
Cette journée, riche et dense, a permis de poser les bases d’une réflexion profonde sur les gestes professionnels à développer, renforcer, systématiser pour juguler, à l’échelle de l’école, les répercussions des inégalités sociales sur les performances scolaires et offrir ainsi à l’ensemble des élèves les mêmes chances de réussir.