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Eh oui, les jeunes sont heureux, mais…
Olivier Galland
L’INSEE le dit, les jeunes sont heureux et ils le sont plus que les adultes. Bonne nouvelle. Mais n’y a-t-il pas un fossé en train de s’élargir entre la jeunesse heureuse, certes majoritaire, et la jeunesse malheureuse ? Et le bonheur privé des jeunes ne se conjugue-t-il pas à un sentiment de « malheur public » qui affaiblit le sentiment d’appartenance à la société ?
Une récente publication de l’INSEE[1] vient confirmer ce que l’on sait depuis longtemps, mais que les médias trop souvent passent sous silence quand ils ne prétendent pas le contraire, la plus grande partie des jeunes se disent heureux. C’est le cas de 76% d’entre eux. De toutes les classes d’âge les jeunes sont d’ailleurs ceux qui se disent le plus souvent heureux. Dans la suite du cycle de vie, le sentiment de bonheur ne fait que décliner : 72% entre 30 et 44 ans, 62% entre 45 et 59 ans, très léger rebond entre 60 et 74 ans à 65%, chute à partir de 75 ans à 57%.
Ce résultat est d’autant plus remarquable que le sentiment de bonheur est fortement associé au niveau de vie[2] : seules 56% des personnes situées dans le premier quintile de niveau de vie se disent le plus souvent heureuses, contre 76% au-delà du 4e quintile ; or le niveau de vie des jeunes se situe bien sûr massivement dans le bas de la distribution. Donc, malgré un niveau de revenu en moyenne bien inférieur à celui des adultes, les jeunes se disent pourtant plus souvent heureux. [...]