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Recruter des enseignants contractuels, une solution durable pour l’Education nationale ? (The Conversation)

30 octobre 2024

Recruter des enseignants contractuels : une solution durable pour l’Éducation nationale ?

Auteur
Célestine Lohier
Post-doctorante au Centre d’études de l’emploi et du travail, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

Depuis plusieurs années, le manque de professeurs fait la une de la presse à chaque rentrée. Les concours enseignants peinent en effet à attirer un nombre suffisant de candidats : en 2024, le taux de postes pourvus par les concours (internes et externes) était de 88,3 % dans le premier comme dans le second degré.

Si ce taux représente une amélioration de la situation par rapport aux deux années précédentes, il signifie tout de même qu’à l’issue des concours, près de 12 % des postes d’enseignants du primaire et autant du secondaire n’étaient pas pourvus.

Le pendant de ce manque de candidats est le recours croissant à des personnels contractuels, c’est-à-dire à des non-fonctionnaires. Si leur part reste encore relativement limitée dans les corps enseignants par rapport à d’autres corps de l’Éducation nationale, elle a toutefois doublé dans le second degré public entre 2008 et 2023, passant de 5,1 % à 10,4 %. Bien qu’encore très faible (2,7 %), le phénomène s’étend depuis 2014 au premier degré.

Des enseignants recrutés selon des modalités différentes
Le mode de recrutement de ces enseignants contractuels a fait couler beaucoup d’encre, notamment à l’été 2022, suite aux journées de job dating organisées par l’académie de Versailles. Il est vrai qu’il n’a pas la complexité des concours nationaux par lesquels sont recrutés les fonctionnaires. Ces derniers doivent passer par des épreuves écrites puis orales, évaluées par un jury composé de plusieurs professionnels de l’éducation, et enfin valider leur année de stage.

En comparaison, les enseignants contractuels sont recrutés au niveau académique par le biais d’un entretien individuel (quasi systématique mais pas obligatoire) avec un(e) inspecteur(trice) d’académie. Une enquête de terrain menée auprès de ces personnels en charge du recrutement et de la formation des enseignants contractuels dans le second degré révèle en outre que leurs exigences peuvent varier en fonction des besoins auxquels ils sont confrontés.

Cette variabilité est permise par les textes réglementaires encadrant le recours aux contractuels dans l’enseignement, qui ne donnent aucune indication sur le déroulement concret du processus de recrutement, ni sur les critères de sélection, en dehors d’un niveau de diplôme minimum. Ce dernier est fixé au niveau de diplôme exigé pour se présenter aux concours internes : Bac+3 pour le CAPES et le CAPET internes, Bac+2 pour les sections générales et professionnelles du CAPLP interne. Les recrutements en dessous de ces niveaux de diplôme ne sont autorisés qu’« à titre exceptionnel », en l’absence de candidat répondant à ce critère.

[...] En outre, si les conditions d’emploi de ces enseignants contractuels sont toujours moins favorables que celles dont bénéficient les fonctionnaires, elles sont plus ou moins précaires selon les académies. Dans un objectif d’attractivité, les académies connaissant les plus grandes difficultés de recrutement (comme celle de Créteil) offrent parfois des contrats un peu plus longs et généralement des rémunérations un peu plus importantes qu’ailleurs. [...]

[...] La diversité la plus importante s’observe peut-être finalement dans les profils des enseignants contractuels. Une partie du vivier d’enseignants contractuels est issue des masters MEEF, qui préparent aux concours de l’enseignement. Certains étudiants se tournent vers le statut de contractuel après un échec au concours, pour financer une année de préparation supplémentaire, ou parce qu’ils espèrent ainsi augmenter leurs chances de réussite en acquérant de l’expérience.

S’ils n’ont pas réussi le concours, ils ont malgré tout reçu une formation à l’enseignement et à la pédagogie dans le cadre du master et constituent donc une main-d’œuvre privilégiée par les inspecteurs. Ces contractuels sont assez jeunes et se destinent en général à (re)passer le concours. [...]

Extrait de theconversation.com du 09.09.24

 

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