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Une enquête et un dossier de France info sur l’inégalité de financement (DGG) entre les lycées publics et privés, et dans une moindre mesure les collèges (en ligne)

4 septembre 2024

Enquête franceinfo
Rentrée scolaire : des données internes à l’Education nationale révèlent les inégalités d’enseignement entre public et privé

Article rédigé par Brice Le Borgne
France Télévisions

Les lycées privés disposent de meilleures conditions d’enseignement que le public, révèlent des données confidentielles auxquelles franceinfo a eu accès. Cette inégalité, présente dans la majorité des académies, s’explique par des mécanismes de répartition complexes.
C’est un indicateur peu connu du grand public, mais qui est scruté de près par le monde éducatif, depuis les bureaux ministériels jusqu’aux salles des profs. Malgré ses allures froidement administratives, la dotation horaire globale (DHG) traduit très concrètement le nombre d’heures de cours financées par l’Etat qu’un établissement peut assurer chaque semaine. Et ce pour le public comme pour le privé sous contrat. Prenons l’exemple d’un lycée général de 900 élèves, qui recevrait une DHG de 1 000 heures hebdomadaires pour la rentrée à venir. Charge à l’établissement de répartir cette enveloppe entre tous les niveaux et disciplines, obligatoires et facultatives. Pour évaluer les conditions d’enseignement dans ce lycée, les spécialistes calculent un autre indicateur : le nombre d’heures par élève, appelé "H/E". Dans cet exemple fictif, ce chiffre sera de 1,11. Plus il augmente, plus il traduit de meilleures conditions d’enseignement.

Plus concrètement, le lycée public Victor Duruy à Paris dispose d’un H/E de 1,04 heure par élève. A quelques encâblures, le lycée privé Stanislas, à peu près de la même taille et de même composition sociale (élèves issus de familles aisées), a un H/E de 1,16. Ramené à un effectif comparable entre les deux lycées, cela signifie que l’établissement public disposerait d’une centaine d’heures de cours hebdomadaires en moins. Une différence "énorme", estime Nicolas Bray, secrétaire académique du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA).

"Cent heures, cela permet de mettre moins d’élèves par classe, d’offrir du latin ou du grec, ou de proposer une spécialité en plus."
Nicolas Bray, secrétaire académique du SNPDEN-UNSA
à franceinfo

Au niveau national, le H/E du second degré, public et privé confondus, s’élevait à 1,32 heure par élève à la rentrée 2023, d’après le ministère de l’Education (chapitre 9 sur les personnels). Cela signifie que pour 100 élèves, 132 heures d’enseignement sont mobilisées. Mais il varie de 1,19 pour les collèges à 2,18 pour les formations professionnelles. Des écarts qui s’expliquent par les différences de besoins de formations, propres à chaque filière ou niveau. Toutefois, d’autres variations interrogent davantage.

[...] "ll faudra une opération de transparence" sur ces données
Une autre raison permettant d’expliquer les inégalités public-privé au lycée provient de la taille des d’établissements. Dans le privé, "nous avons plus de lycées de petite taille que le public, confirme Yann Diraison. Et plus le lycée est petit, plus il est consommateur de moyens. Si vous voulez rester attractif, vous êtes obligés de proposer un minimum de spécialités. Comme il y a moins d’élèves à les prendre, elles vous coûtent plus cher." Un fin connaisseur des données du ministère, qui préfère rester anonyme, propose aussi d’interpréter cette inégalité comme une preuve de l’attractivité des établissements, notamment certains lycées publics prestigieux : ils attirent davantage d’élèves, ce qui fait diminuer leur H/E. D’ailleurs, au collège, où il y a plus d’élèves par classe dans le privé que dans le public, les inégalités de H/E sont moins en défaveur du public, comme le montre le graphique ci-dessous. [...]

Extrait de francetvinfo.fr du 03.09.24